Abderrahim Saïdi, la relève
Devant son miroir, le petit Abderrrahim Saïdi ne cessait de répéter la phrase suivante : "Quand je serai grand, je serai footballeur”. S'agit-il d'une prophétie ou d'un amour fou pour le ballon rond ? Peu importe … L'essentiel est que Saïdi a réussi à exaucer son rêve d'enfance.
Né en 1983 à Oulfa à Casablanca, Saïdi est l'un de ces jeunes qui ont pour mission de redorer le blason de l'école de football du Wydad. Ce club qui, depuis toujours, a parié sur la jeunesse pour faire renaître l'âge d'or du football marocain.
Saïdi avait fait l'affaire de sa vie en intégrant l'école du WAC, il y a dix ans, en 1996 plus précisément. Huit ans plus tard, le jeune homme était dans l'obligation de faire un choix qui n'est pas des moindres : poursuivre ses études ou se consacrer au foot ? Dur de prendre une décision de telle importance.
«Mes parents m'ont laissé la liberté de choix. J'étais le maître de moi-même, et il fallait que je réfléchisse sérieusement à l'affaire pour ne pas regretter mon choix par la suite». Il ajoute : «ce qui a compliqué les choses pour moi, c'est que j'étais au terminal lorsque De Castel m'a désigné pour jouer avec les seniors».
Abderrahim le savait très bien, jouer avec les seniors n'est à aucun moment une simple affaire: des entraînements tout au long de la journée et durant toute la semaine. Pis, la présence des joueurs est obligatoire. Que faire ? Abderrahim Saïdi laisse tomber les études pour rejoindre ses coéquipiers au Wydad.
Aujourd'hui, un des piliers de la formation du club casablancais le plus tiré, le jeune Saïdi se fait aussitôt remarquer pour son talent, sa vitesse, son sens de la combativité et surtout pour sa boulimie de travail.
Infatigable attaquant, ce jeune footballeur au tempérament timide s'exprime pleinement balle au pied. Il avoue que l'intégration au sein de l'équipe première du WAC n'était point facile.
En ce temps-là, un seul homme le soutenait, le conseillait. Il s'agit du coach du Wydad de l'époque, le Suisse De Castel. «Avant même que je rejoigne les seniors, De Castel s'intéressait beaucoup à moi…». Le souvenir lui arrache un sourire de jeune ambitieux, avant de terminer, «si je joue maintenant pour le WAC, c'est bien grâce à lui».
Toutefois, Saïdi n'oublie pas ses encadreurs au sein de l'école du WAC, en l'occurrence feu Haj Mehdi et Hassan Benabicha. «J'ai beaucoup appris avec ces gens», nous confie Saïdi.
Souvent, on colle au «sang neuf» cette incapacité de relever le défi, cette peur de l'échec. Saïdi, lui, n'a jamais fui devant ses responsabilités. L'œil partout, il préfère plutôt aller droit au but. «Je n'ai jamais peur… une fois sur le terrain, j'oublie tout ce qui se passe autour de moi et j'essaye de jouer le foot comme je l'ai appris, c'est-à-dire avec professionnalisme et fair-play».
Pas d'affolement, pas de panique. Saïdi a du talent. Il en est conscient. Sinon, comment pourrait-il jouer pour un si grand club comme le Wydad ? Et comment des coachs de renommée pourraient-ils lui faire confiance ? D'ailleurs, cette
confiance ne fait que le motiver davantage, l'inciter à donner le meilleur de lui-même. Chose déjà faite.
Match après match, Abderrahim ne fait que fasciner les fervents supporters du WAC. Pas seulement les partisans de son club, tous ceux qui aiment le foot ne peuvent qu'applaudir ce jeune prodige. De leur part, les spécialistes affirment que Saïdi aura prochainement son mot à dire. Pour couronner ce début de carrière si prometteur, Abderrahim Saïdi attend, comme tous les jeunes débutants, que l'occasion de jouer pour l'équipe nationale se présente.
«Chacun de nous à un rêve bien précis. Mon rêve, à moi, est de jouer pour notre équipe nationale et pourquoi pas tenter une expérience dans le domaine du professionnalisme».
Un rêve déjà frôlé, il faut juste continuer sur la même voie pour le mettre en place.
Biographie
Abderrahim Saïdi en 4 dates :
02/06/1983 : Naissance à Casablanca
1996 : intègre l'école du WAC
2004 : première participation avec les seniors du Wydad
2005 : Qualification du WAC aux quarts de final de Ligue arabe après sa victoire sur l'Itihad Saoudien.