La protection de l'environnement dans le processus de planification nationale : retour sur les fondements d'une stratégie de développement
Au Maroc, la situation de l'environnement est plus que préoccupante malgré les efforts déployés, aussi bien par l'Etat que par les collectivités locales,
>les associations, la société civile et le Secteur privé. En effet, notre environnement est soumis
Durant les différents plans de développement économique et social , adoptés par le Maroc depuis les années soixante, les pouvoirs publics ont témoigné une certaine volonté pour apporter des solutions aux problèmes d'ordre environnemental que posent simultanément cette pression démographique et cette évolution socio-économique.
C'est la raison pour laquelle , notre intérêt s'attachera à développer, dans cette étude synthétique, la place qu'occupe la protection de l'environnement dans le processus de la planification nationale au Maroc, partant du principe que «pour parvenir à un développement durable, la protection de l'environnement doit faire partie intégrante du processus de développement et ne peut être considérée isolément».
Cette étude qui n'a pas la prétention d'être exhaustive, et encore moins scientifique, vise surtout la sensibilsation du lectorat à la préservation de l'environnement, dans l'espoir d'en prendre davantage conscience et de participer effectivement à sa protection au quotidien en collaboration avec l'Etat à travers ses départements ministériels concernés et leurs différents partenaires dont notamment :
- les établissements publics qui participent aux opérations et programmes d'action tout en apportant leurs contributions techniques et financières à la protection de l'environnement,
- les collectivités locales qui peuvent participer financièrement et techniquement à la réalisation des projets se rapportant à la protection environnementale en leur qualité d'opérateurs ou partenaires d'une part et contribuer à l'identification des besoins et des attentes de la population d'autre part .
- les associations et la société civile qui contribuent aux programmes de la protection de l'environnement en mettant en œuvre les actions de développement durable participatif.
- Le secteur privé qui intègre le développement durable au sein des entreprises d'un point de vue pratique et théorique,
- Les Universités et les instituts de recherches qui participent à la formation, à la recherche appliquée et à la maîtrise de la technologie en matière de la protection de l'environnement,
- Les coopérations multilatérales, bilatérales et décentralisées qui interviennent en appui technique et financier dans les domaines de la protection de l'environnement…
Il ressort de la lecture des documents officiels des différents plans de développement économique et social adoptés par le Maroc, durant les trois premières décennies de son indépendance que, hormis les efforts déployés par le ministère de l'Agriculture, l'Environnement a été quasîment négligé par les autres secteurs.
Cette quasi négligence est due d'une part, aux difficultés financières et aux conditions climatiques défavorables notamment durant les années quatre vingt, et d'autre part, aux programmes parcellaires et dispersés arrêtés par les multiples secteurs concernés par la protection de l'environnement durant cette période de l'histoire de la planification socio-économique du pays.
En somme, ce n'est qu'après sa participation au Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 que le Maroc a commencé à œuvrer réellement, pour concilier les concepts de préservation de l'environnement et de développement durable. En effet, c'est au lendemain de ce Sommet que le Maroc a pris des engagements à un niveau plus élevé vis-à-vis de la coopération en matière de développement et d'environnement. Son gouvernement s'est alors investi à mettre sérieusement en œuvre plusieurs stratégies dans le cadre de la planification nationale.
Parmi ces stratégies, figurent en priorité :la stratégie de développement forestier ( 1993), la stratégie de développement des terres de pâturage ( 1994), le plan d'aménagement des bassins versants (1995), la mise en valeur des terres «bours» et sur la protection de l'environnement ( loi 33/94) et la stratégie nationale de l'environnement et du développement durable (1995). Menée en collaboration avec le PNUD et l'UNESCO, l'étude de cette dernière stratégie s'est étalée de Juin 1994 à Mai 1995. Elle vise l'intégration des préoccupations de l'environnement avec celles du développement socio-économique du pays.
Toutes ces politiques et tous ces plans et programmes entendent contribuer, plus ou moins, directement à l'amélioration du cadre de vie des populations marocaines, à la réduction de la pression sur les ressources et à la protection de l'environnement, en vue d'aboutir à un développement économique et social satisfaisant et tant recherché.
Parallélement à ces stratégies, nous retrouvons également dans le cadre du processus de la planification nationale, des initiatives en matière de développement social tels que le programme BAJ de lutte contre la pauvreté, le programme national PAN de lutte contre la désertification et l'atténuation des effets de la sécheresse, le Schéma National d'Aménagement du Territoire ( SNAT) et le Programme d'Action National pour l'Environnement ( PANE).
Ces importants programmes ont pour objet principal la mise en œuvre d'un processus de participation de l'ensemble des acteurs de développement, pour l'intégration de la dimension environnementale aux plans de développement socio-économique du Royaume.
Chacun de ces programmes comprend des priorités environnemtales et propose des actions qui s'inspirent de l'ensemble des cinq catégories de références. La première référence a trait aux directives de feu Hassan II à travers le message adressé par le souverain le 17 Octobre 1997 à l'occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la pauvreté, qui souligne l'urgence de la planification d'un développement durable repectueux de notre patrimoine écologique et historique.
Quant à la deuxième référence, elle apparaît dans le discours de S.M. le Roi Mohammed VI adressé aux élus et aux responsables des régions et provinces le 12 Octobre 1999.
Les trois autres références se rapportant au processus de planification, sont la déclaration du gouvernement d'Alternance, les orientations émises par le débat national de l'aménagement du territoire et la note d'orientation du Plan de développement économique et social 2000-2004. Toutes ces références accordent un intérêt particulier à la protection de l'environnement et à la promotion d'une culture environnementale.
Le quinquennat 2000-2004 donne en effet un certain espoir en ce sens qu'il traite la question de l'environnement de manière prioritaire et insiste sur l'adoption d'un développement économique répondant aux besoins de protection de l'environnement et du maintien des équilibres naturels.
L'analyse des documents de ce quinquennat met l'accent sur un Plan d'action qui prévoit la réalisation d'un ensemble de projets liés à l'environnement pour une enveloppe initiale budgétaire de 680 millions de dirhams dont 159 millions financés par le budget de l'Etat. Ce dernier chiffre a été réservé au département de l'Environnement tout spécifiquement.
D'où l'importance du rôle de partenariat que doit jouer le minsitère à charge de l'Environnement avec les autres départements ministériels concernés par la protection de l'environnement , les collectivités locales, la société civile, les ONG et la coopération internationale.
Les résultats des précédents plans de développement économique et social en matière de protection de l'environnement étant insatisfaisants pour des raisons multiples, nous espérons que le quinquennat 2000-2004, à travers la mise en œuvre de «la stratégie nationale pour la protection de l'environnement et le développement durable» sera le prélude de la sauvegarde de notre environnement, dans la durée, pour le bien être du citoyen marocain.