Le Parti de la Renaissance et de la Vertu appelle à la tolérance
Entre la direction du Parti Justice et développement (PJD) et les anciens du Mouvement Populaire Démocratique Constitutionnel (MPDC) du Dr Abdelkrim El Khatib, le divorce est bel et bien consommé. Pas moins de 600 cadres, médecins, avocats, universitaires
LE MATIN
26 Décembre 2005
À 15:44
Ce dernier a été exclu, une année auparavant, des rangs du PJD. Selon un communiqué du parti de Saâdeddine Othmani, la décision, entre autres, d'exclure M. Khalidi, a été prise parce qu'il n'aurait pas réglé sa situation financière vis-à-vis du parti.
Le nouveau parti regroupe dans ses rangs d'anciens militants du PJD, du Parti de l'Istiqlal, du Rassemblement National des Indépendants (RNI) et du Parti de la Choura et de l'Istiqlal. Selon Mohamed Khalidi, «la formation du PRV intervient après une profonde réflexion basée sur la conviction de réviser les concepts du référentiel islamique, de valoriser le dialogue, la tolérance, la reconnaissance de l'autre et clarifier et corriger l'image de l'Islam en Occident».
«Nous sommes pour l'ouverture, la tolérance et le dialogue avec tout le monde, notamment les chrétiens et les juifs, loin de toute approche intégriste. Nous voulons attirer des gens nouveaux, des cadres, qui cherchent à promouvoir un islamisme modéré et de tolérance», insiste M. Khalidi.
Le premier congrès du PRV se tiendra une fois que le parti aura reçu dans les semaines à venir la reconnaissance définitive et officielle des autorités pour exercer.
En vertu du projet de son statut, le nouveau parti vise à organiser, à encadrer et à représenter les citoyens, ainsi qu'à diffuser la culture politique dans le cadre du référentiel islamique, conformément à la Constitution.
Il ambitionne également de dynamiser le champ politique sur la base du dialogue, de l'ouverture, de la tolérance, des valeurs de la modération et de la véritable citoyenneté, de même qu'il s'assigne comme autres objectifs de consolider la démocratie, le respect des droits de l'Homme, de réaliser le développement global et la justice sociale, de renforcer l'Etat de droit et de préserver l'identité de la nation marocaine dans ses différentes composantes et ses fondements.
Dans une déclaration à la Map, Mohamed Khalidi décrit sa formation comme «un parti national démocratique à référentiel islamique avec des enjeux de modernisation et de démocratisation».
D'après le secrétaire général, la création de cette formation «ne constitue pas une séparation, au sens étroit du terme, mais intervient après une profonde réflexion basée sur la conviction de réviser les concepts du référentiel islamique, ainsi que pour faire valoir le dialogue, la tolérance, la reconnaissance de l'Autre, clarifier et corriger l'image de l'Islam en Occident».
Le PRV vise aussi à donner un élan au processus de transition démocratique jusqu'à son aboutissement, dans un cadre de justice sociale et de développement global, pour garantir une vie décente au citoyen marocain.
Sur la participation du parti aux élections de 2007, M. Khalidi a fait savoir que l'actuel souci de sa formation est l'adhésion effective à l'action politique à travers l'opération d'encadrement, d'organisation et de changement de la perception de la société marocaine quant à l'action partisane.
A noter que le processus de transition démocratique a abouti en septembre 2002 à la tenue d'élections législatives transparentes visant à remplacer le gouvernement d'alternance d'Abderrahmane Youssoufi.
Sur les 325 sièges de la Chambre basse du Parlement, la principale formation du gouvernement sortant, l'Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) arrive en tête avec 50 sièges, suivie de l'Istiqlal avec 48 sièges.
L'autre parti de la coalition gouvernementale au pouvoir, le Rassemblement National des Indépendants (RNI), de centre-droit, avec 41 sièges, n'arrive qu'en 4e position, derrière le Parti de la Justice et du Développement (PJD), islamiste, qui recueille 42 sièges. Le Premier ministre,
Driss Jettou, sans étiquette politique, forme un gouvernement dans la continuité du précédent gouvernement d'alternance, avec l'USFP et l'Istiqlal, dominant une large coalition gouvernementale, à laquelle les islamistes du PJD ne participent pas.
Selon le projet du document d'orientation idéologique du PRV, la constitution du parti, qui se base sur les valeurs de cohabitation et de tolérance et sur la mise en place d'une stratégie de développement, se propose d'apporter un plus qualitatif au paysage politique marocain.
Aux termes de ce document, la démocratie est une revendication essentielle pour l'édification de l'Etat de droit et l'intégrité territoriale figure parmi les priorités du parti qui plaide pour une solution à la cause nationale dans les brefs délais.
Rappelons au passage que Mohamed Khalidi n'est autre que le président de l'Association «Al Yakada Wal Fadila» (vigilance et vertu).
Depuis les attentats du 16 mai 2003 qui ont frappé Casablanca, il n'a pas cessé d'afficher son désaccord avec le mode de fonctionnement du PJD, et, pour cause, le nouveau leader politique rappelle que «nous qui sommes issus, pour la plupart, du Mouvement Populaire Démocratique Constitutionnel, dont le leader était le Dr. Abdelkrim El Khatib, nous défendions déjà dans ce parti créé en 1967 le projet islamique».