Le procureur général : Zoubairi est mort par une suffocation due à des troubles du cœur
MAP
17 Septembre 2005
À 18:13
Le procureur général du Roi près la cour d'appel de Marrakech, Abdelilah Mestari, a réaffirmé que les rapports médicaux ont conclu que le décès de Hassan Zoubairi Ben Yahia, était "dû à une suffocation aiguë provoquée par des troubles de fonctionnement du coeur, des artères et des poumons", et qu'"aucune trace de violence n'a été constatée sur la dépouille" du défunt.
S'exprimant lors d'un point de presse tenu vendredi à Marrakech, destiné à lever toute confusion qui aurait pu résulter d'une mauvaise interprétation du communiqué du procureur du Roi publié à ce sujet le 13 septembre, M. Mestari a ajouté que le rapport d'autopsie établi et signé par trois médecins spécialisés indique que le défunt vivait avec un seul rein. "La famille du défunt n'était pas au courant de cette réalité puisque Hassan Zoubairi ne portait sur lui aucune trace d'intervention chirurgicale au niveau des reins", a-t-il précisé, indiquant que "plusieurs personnes sont nées et vivent avec un seul rein sans le savoir".
Concernant des informations de presse faisant état du fait que "la famille du défunt avait constaté des traces de violence sur la dépouille au moment de sa sortie de la morgue", le procureur général a affirmé que ces informations étaient infondées, sachant que "la dépouille a été remise à la famille pour l'enterrer". Le procureur a rappelé que tout au long de l'enquête menée avec le défunt, celui-ci n'a pas été soumis à la procédure de la garde à vue et n'a fait l'objet d'aucune violence. Et à M. Mestari d'ajouter que suite à la requête déposée par la famille du défunt réclamant l'ouverture d'une enquête pour connaître la cause du décès, le parquet général a demandé au juge d'instruction près la cour d'appel de Marrakech de diligenter une enquête contre X pour élucider les circonstances de ce décès.
Evoquant l'affaire des détournements qu'ont connus certains stocks du palais royal de Marrakech, M. Mestari a affirmé que toutes les personnes interpellées dans le cadre des investigations menées à ce sujet par le service préfectoral de la police judiciaire de Marrakech n'ont jamais été soumises, tout au long de l'enquête préliminaire entamée dès le 22 août dernier, à la procédure de garde à vue, et que tous ces accusés jouissaient de leurs droits juridiques et étaient interrogés en présence de leurs avocats.
"Le nombre de personnes accusées dans cette affaire s'établit actuellement à 19, dont 18 en état d'arrestation", a-t-il poursuivi, soulignant qu'aucune plainte "pour usage de violence" n'a été déposée par les familles des personnes interrogées. Dans le cadre de cette même enquête, M. Hassan Zoubairi Ben Yahia, né en 1966, commerçant en produits alimentaires, avait été convoqué pour s'expliquer sur sa position au sujet de déclarations faites par une personne avec qui il traitait, rappelle-t-on.
L'intéressé s'était présenté au service préfectoral de la police judiciaire de Marrakech et suite à la confrontation organisée entre les deux personnes en date du 3 septembre aux environs de 16h30, M. Zoubairi a été victime de convulsions aiguës qui ont nécessité son transfert au service des urgences de l'hôpital Ibn Zohr de Marrakech où, après examen, le médecin de garde, a constaté son décès. Le parquet a ordonné le transfert de la dépouille à la morgue de Marrakech pour autopsie, une tâche confiée à trois médecins de différentes spécialités comprenant la médecine légale, la neurochirurgie et la cardiologie.
Un professeur agrégé en toxicologie et analyses médicales a également été affecté à cette fin. En date du 8 septembre, le frère du défunt, M. Brahim Zoubairi Ben Yahia a présenté une demande pour l'obtention d'une autorisation d'inhumer la dépouille de son frère, Hassan Zoubairi, assortie d'une copie de la constatation du décès. L'autorisation précitée lui a été délivrée contre sa signature.
Le 12 septembre, le parquet a reçu le rapport médical réalisé par le médecin spécialiste en toxicologie et en analyses médicales. La même date, le frère du défunt, Brahim Zoubairi Ben Yahia, a été convoqué pour se voir remettre deux copies des deux rapports précités. Deux autres copies des mêmes rapports médicaux ont été adressées à l'avocat de la famille.