Mohamed Zarhoury (Jdidi), le bourlingueur
LE MATIN
25 Octobre 2005
À 14:38
Mohamed Zarhoury, plus connu sous le nom de Jdidi, est l'un des plus grands arrières qu'a connus le football marocain.
Né en 1942, à El Jadida où son père tenait un commerce, le jeune Mohamed allait faire ses premiers pas de footballeur sur la plage de la ville aux côtés de ses copains du quartier.
Mais à huit ans, sa famille ayant déménagé à Casablanca il élira domicile à Derb Spagnol où, pour assouvir sa passion pour le football, il passait le plus clair de son temps à taper dans un ballon sur le terrain de l'Hermitage.
«Voyant que mes notes à l'école périclitaient, mon père décida de m'envoyer chez un parent en nouvelle médina pour, pensait-il, m'éloigner du football», se rappelle Jdidi.
Mais au lieu de cela, le futur arrière du Raja, de l'équipe nationale puis de Granada, allait trouver à Sidi Fatah un autre fief où le football était une seconde religion.
«Entre midi et deux heures, nous disputions des rencontres acharnées avant de retourner, en sueurs, en classe», se souvient Jdidi.
C'est d'ailleurs là qu'il fit la connaissance d'Abadallah Zhar, lequel sera à l'origine de son départ pour le Wydad.
«Au WAC je suis passé par les catégories minimes cadets et juniors avant de disputer ma première rencontre chez les seniors à Rabat contre le FUS, aux côtés du regretté Mustapha Bettache notamment», se rappelle Jdidi.
Au Wydad, Jdidi eut comme encadreur le regretté Kabbour et comme coéquipiers chez les jeunes Abdallah Zhar, Mohamed Belarbi, Skalli, Belhaj et Souiri.
Mais le Père Jégo, ayant eu un différend avec le Wydad, exhorta Jdidi à rejoindre le Raja. «Tu es de Derb Soltane, donc il est préférable que tu joues au Raja», m'avait-il dit.
En 1957, Jdidi est donc au Raja avec la célèbre formation des Hamid, Bhaïja, Moussa, Oujdi, Acila, Macquet et autres Milazzo, Khalfi et Roudani.
Jdidi ne tardera pas à attirer l'attention du sélectionneur de l'époque, Ahmed Antifit.
En 1960, il est sélectionné en équipe nationale avec laquelle il disputera 20 rencontres notamment contre la Yougoslavie (2 – 3) et l'Allemagne de l'Est (2 – 1) ainsi que l'historique rencontre face à l'Espagne (0 – 1 à Casablanca et 3 – 2 en Espagne).
C'est d'ailleurs après ce fabuleux match que Jdidi fut recruté par l'équipe espagnole de Granada où il demeurera deux ans (1962 – 1964) avant de rejoindre l'équipe de Ceuta. Il fit un court passage à Badajos (1966 – 1967) avant de revenir à Granada où il terminera précocement sa carrière professionnelle suite à une blessure au genou.
Entre temps Jdidi avait disputé son dernier match avec l'équipe nationale contre la France, rencontre remportée par le Maroc sur le score de 2-1. De retour au pays, Jdidi jouera une saison avec le Raja en 1969 avant de passer de l'autre côte de la barrière. Ainsi Jdidi entraînera Granada de 1972 à 1982.
En 1984, il prit les destinées techniques du Raja de Casablanca avant d'entraîner El Jadida (1985 – 86) puis Taroudant (1986 – 1987).
Taroudant où Jdidi est installé depuis près de 20 ans.
Marié et père de 4 enfants, ce grand joueur qui a servi durant de longues années aussi bien le Raja que l'équipe nationale vit grâce à l'unique aide de sa famille qui lui octroie chaque mois un revenu, afin qu'il subvienne aux besoins de sa famille.
La Fédération Royale Marocaine de football et le Raja ne peuvent-ils pas venir en aide à ce grand serviteur du football national ?