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Pollution atmosphérique : des signaux de détresse à Casablanca

15 Mars 2005 À 17:57

Centre-ville encombré, asphyxié par les gaz d'échappements, Casablanca étouffe, malade de ses bagnoles. Responsable à 80% de la pollution de l'air des villes avec les camions, la voiture se retrouve montrée du doigt et en fait tousser plus d'un.

Il faut bien le reconnaître. Chaque jour, la métropole nous lance des signaux de détresse, des mises en garde. Pouvons nous encore aujourd'hui vivre en harmonie avec notre environnement ? Il n'en tient qu'à nous pour agir et faire changer les choses !

Chaque jour, nous inspirons environ 20 m3 d'air. Celui-ci se compose originellement d'un ensemble de gaz et de particules dont la présence et les concentrations sont telles que la vie est possible.

Le contrôle de la pollution atmosphérique dans les grandes agglomérations est devenu un enjeu majeur des politiques environnementales. Alors que la prise de conscience de l'acuité du problème s'accroît dans le grand public et dépasse les milieux spécialisés, les responsables politiques, le corps médical et l'industrie, plusieurs alertes sont venues renforcer l'inquiétude que suscite l'évolution de la qualité de l'air dans les villes et tout particulièrement à Casablanca.

L'amélioration des systèmes de mesure avec l'expérience non moins intéressante du Laboratoire public d'essais et d'études (LPEE) a mis en lumière la part sans cesse croissante du trafic automobile dans l'augmentation de la pollution atmosphérique et l'apparition régulière d'épisodes de forte pollution qui exposent les citadins, et notamment les plus fragiles d'entre eux, à des quantités importantes de polluants.

Parallèlement, des enquêtes sanitaires, permettent de mieux évaluer les risques que présente la pollution urbaine pour la santé. Certaines de ces études établissent par exemple un lien étroit entre l'augmentation de la pollution atmosphérique et le nombre de consultations médicales, d'admissions dans les hôpitaux l'apparition ou l'aggravation de certaines pathologies, voire l'accroissement de la mortalité.

Comment la collectivité peut-elle diminuer ces risques, une question derrière laquelle le bien-être de chacun est en cause.

La pollution de l'air est la résultante de multiples facteurs : croissance de la consommation d'énergie, développement des industries extractives, métallurgiques et chimiques, de la circulation routière, etc. Ainsi, la production et l'utilisation d'énergie en sont les principaux moteurs.

La pollution atmosphérique sévit surtout en milieu urbanisé et dans les zones d'activités, non seulement par suite de la concentration des industries et des foyers domestiques, mais aussi à cause de la circulation des véhicules à moteur. L'étalement des grandes agglomérations a pour corollaire des besoins en transports toujours plus nombreux.

La pollution émane donc de sources variées qui rejettent des polluants dits primaires. Puis, au contact les uns des autres, par synergie et réactions chimiques avec d'autres composants de l'atmosphère, ces «précurseurs» engendrent des polluants dits secondaires, même à forte dilution, qui sont très toxiques.

Les phénomènes relatifs à la pollution atmosphérique se déclinent selon trois échelles d'espace et de temps : le niveau local ou pollution de proximité dont l'échelle de temps est de l'ordre des heures; le niveau régional ou pollution à longue distance dont l'échelle de temps est de l'ordre des jours ; le niveau global ou pollution planétaire dont l'échelle de temps est de l'ordre des années.
A chacune de ces échelles correspondent des problèmes ou des modes de fonctionnement différents.

Depuis bien longtemps, on s'intéresse à la pollution de l'air dans les grandes villes et zones fortement peuplées parce que c'est là que se situent la plupart des sources de pollution dues aux activités humaines et que la majeure partie de la population réside en respirant l'air pollué. La plupart des polluants atmosphériques classiques ont des effets sur la santé humaine, les écosystèmes et les monuments.

Les particules polluantes produites par combustion, principalement des oxydes d'azote et des hydrocarbures volatils, n'agissent pas directement.
Ces toxiques ont pour effet de déclencher ou d'aggraver des maladies préexistantes, cardiaques ou pulmonaires, qui à elles seules n'entraîneraient pas la mort de façon prématurée. Mais les fumées des transports ne sont pas seulement mortelles. Cette pollution se traduirait en outre par une diminution de l'activité quotidienne à la suite de problèmes respiratoires.

Les conséquences de la circulation automobile sur la santé seraient plus graves encore que celles des autres polluants habituellement présents dans l'air.
Cette pollution a aussi un impact économique par les coûts qu'elle engendre : coût pour la santé, perte de rendement, dégradation des bâtiments, … La lutte pour un environnement plus propre n'est plus un simple souci d'écologie, mais bien une réalité économique.

A l'heure actuelle, avant de prendre une décision politique afin de réduire un polluant, on utilise des modèles permettant d'estimer les différents coûts dans le souci du meilleur compromis entre ces coûts environnementaux et les coûts qu'engendre cette réduction (investissements, perte de compétitivité).

Si le facteur économique prend de l'importance, le véritable moteur des progrès en matière d'environnement reste l'opinion publique. Dans les pays développés, plus personne (ou presque) n'oserait maintenant prôner un développement économique qui ne tiendrait pas compte de l'environnement et la notion de développement durable (c'est-à-dire un développement qui n'hypothèque pas les générations futures) a fait son apparition au niveau international.

Malheureusement, ce développement implique une certaine discipline pour les pays industrialisés (souvent antagoniste avec le libéralisme) et reste un luxe pour les pays pauvres qui ne comprennent pas pourquoi ils devraient suivre des règles environnementales, alors que les pays occidentaux se sont développés sans ces contraintes.

A l'heure où on ne parle plus que de mondialisation de l'économie, la lutte pour la protection de l'environnement doit se faire, au niveau international, non plus seulement parce que la pollution n'a pas de frontières, mais surtout afin d'éviter des disparités au niveau économique qui seraient sources de tensions politiques et sociales.
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