Les coutumes diffèrent et la fête bat son plein, au grand bonheur de tous >La diversité des traditions festives est liée à la multitude des régions et villes marocaines. En effet, dans notre pays, chaque ville garde ses propres habitudes et tradi
LE MATIN
31 Mars 2007
À 19:18
Les R'batis, quant à eux, préparent pour le petit déjeuner des crêpes à la marocaine, «msemmen», «baghrir» et un pain spécial Aïd, saupoudré de sésame. A midi ce sera un tajine de viande aux prunes. A Tanger, mis à part leurs principaux plats de poulet au citron, les femmes tangéroises préparent de la caliente, un plat à base de farine, de pois chiches, d'eau, d'huile, de sel et d'œufs. Une fois mélangés, les ingrédients sont versés sur un plateau et cuits au four.
La fête d'Al Mawlid Annabaoui revêt plusieurs autres formes, notamment dans des festivités musicales et culturelles. C'est une occasion pour les Marocains musulmans de se remémorer la vie du Prophète, sa naissance, ses miracles, sa foi et ses actes illustrant la grandeur de l'Islam. En effet, pour célébrer cette occasion religieuse, plusieurs villes organisent des soirées de chant et de poésie et des activités culturelles et pédagogiques. Les festivités se poursuivent pendant trois jours d'affilée, si ce n'est une semaine, dans les villes où se trouvent des zaouias.
A Salé, par exemple, le Moussem des cierges ou Moussem de Sidi Abdallah Ben Hassoun est une tradition ancestrale. Elle est organisée annuellement depuis quatre siècles par les chorfas Hassouniyine. Ce Moussem revêt un aspect religieux, artistique, culturel et de bienfaisance. La ville de Salé vit à son rythme durant toute une semaine. La procession des cierges, qui se fait la veille de l'Aïd al Mawlid, sillonne les artères de la ville après la prière d'Al Asr en direction du mausolée de Sidi Abdallah Ben Hassoun. Elle réunit sur son parcours une population des deux rives du Bouregreg. Au programme de cette manifestation figurent également des soirées de musique, une veillée religieuse au cours de laquelle seront récités des versets coraniques et des éloges du Prophète.
Quant à Mèknes, El Mouloud est toujours l'occasion pour des milliers d'adeptes des « Aïssaoua » de préférence, fervents de la "hadra", de faire le pèlerinage au mausolée de Cheïkh El Kamel, El Hadi Ben Aïssa, le saint de la délivrance. Les Marocains résidant à l'étranger célèbrent aussi cette fête à leur manière. En effet, la 2e édition du Festival d'Al Mawlid aura lieu aujourd'hui à Paris. Les festivités se poursuivront à travers des concerts de chants traditionnels et soufis, d'Europe et du Maghreb. Hormis les festivités et les mets délicieux, les héros de cette fête restent incontestablement les petits enfants qui arborent tous les plus costumes. Bonne fête à tous.
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Al Mawlid à travers l'histoire
La célébration de l'Aïd Al Mawlid Annabaoui est un évènement qui a pris de plus en plus d'ampleur au cours de l'Histoire. Au Maroc, cette fête remonte au règne de Mansour Addahbi. En effet, le sultan saâdien avait effectué un voyage en Turquie et il avait été frappé et impressionné par l'ampleur de cette fête au sein de l'empire ottoman, notamment par la procession de cierges. De retour au pays, il avait introduit l'ensemble des pratiques, de festivités et de célébrations relatives à cette fête-là.
Ces transformations ont coïncidé avec plusieurs changements dans la société marocaine. Au cours de cette période, il y avait une affirmation de plus en plus grande des sentiments nationalistes et l'émergence d'une culture musulmane très imprégnée de l'esprit des zaouias, du soufisme et de la culture des chorfas. C'est à cette époque que se sont configuré les principales caractéristiques de la culture religieuse et spirituelle du Maroc. Développée à travers le soufisme et les confréries, cette culture va aussi se propager à travers tout le Maroc. La conjonction entre le sentiment national marocain et l'identité religieuse et spirituelle s'est présentée clairement lors d'un évènement qui en exprime et illustre la signification et la symbolique. Ce fut la bataille de Oued El Makhazine, à la fin du 16e siècle, avec la victoire d'Al Mansour Addahbi. Ce combat de défense du territoire national contre l'invasion portugaise va jouer un rôle moteur dans l'institution de cette fête de l'Aïd Al Mawlid.