«La chirurgie esthétique prend de l'ampleur au Maroc»
Interview: Dr Fahd Benslimane, chirurgien plastique
LE MATIN
22 Novembre 2007
À 21:29
Le chirurgien parle de son étude sur la distribution des courbes de la jambe
Le Matin : Vous avez présenté récemment à Paris, une étude concernant la distribution des courbes et des volumes au niveau de la jambe. Qu'en est-il ?
Dr Fahd Benslimane : La présentation de cette étude s'est faite dans le cadre du 3e congrès européen de médecine anti-âge et de chirurgie et dermatologie esthétiques (EMAA 2007) qui s'est déroulé en octobre à Paris. C'est une étude qui s'est étalée sur plus de neuf ans.
Pendant toute cette période, j'ai observé des centaines de jambes aussi bien de mannequins, de sportifs que de personnes communes. Ainsi, j'ai pu déterminer comment la courbe de la jambe naît et la façon dont elle se raccorde au genou, comment elle s'incline vers le bas et son degré de convexité, son point de chute inférieur, ainsi que son raccord avec la cheville, sans oublier les différences qui existent entre les faces interne et externe de la jambe. Mon étude établit donc ce qui représente de jolies jambes. Sans tomber pour autant dans le cliché, belles jambes veut dire jambes fines.
Pour arriver à ce résultat, j'ai puisé dans les techniques de liposculpture et de greffe de graisse, ce qui m'a permis de mettre au point ma propre technique de sculpture des jambes.
Comment expliquez-vous l'engouement des Marocains pour la chirurgie esthétique ?
Je pense que cela est dû essentiellement à la médiatisation de la chirurgie esthétique. Cela remonte à la fin des années 1980. C'est à partir de ces années là, qu'on a commencé à regarder des émissions sur la chirurgie plastique. C'est très récent. Donc les médias ont joué un rôle très important dans la vulgarisation de ce genre de chirurgie.
Justement, peut-on dire que les gens qui font des opérations de chirurgie esthétique s'identifient aux stars arabes et internationales, véhiculées par les médias ?
Absolument pas. Vous savez, les gens qui optent pour la chirurgie esthétique, ont généralement des problèmes avec leur propre corps. Ils sont gênés, mal dans leur peau….C'est cette sensation qui les pousse à aller voir des chirurgiens plastiques. Je ne pense pas qu'une femme de plus de 60 ans qui vient faire une opération veut s'identifier à une star arabe ou internationale. C'est aussi simple que cela.
Quel est le profil des personnes qui viennent vous consulter ?
Il y a de tout. Des jeunes femmes actives, des femmes au foyer, des femmes âgées de plus de 60 ans. Il y a aussi des hommes qui viennent avec leurs conjointes pour se renseigner sur telle ou telle chose. Comme je vous l'ai expliqué, la chirurgie esthétique est en train de prendre de l'ampleur dans notre société. Ce n'est plus un tabou.
Quelles sont les opérations les plus demandées ?
En effet, tout dépend des périodes. Avant l'été, les gens et plus particulièrement les femmes s'intéressent à leur corps. A la rentrée, et après avoir passé trois mois d'été, les femmes se penchent sur leur visage.
Le Maroc est-il en train de devenir une destination pour les gens qui veulent faire des opérations esthétiques ?
Je ne le pense pas. C'est vrai qu'il y a bon nombre de sites d'Internet qui font la promotion de la chirurgie esthétique au Maroc avec des prix «imbattables». Pensez-vous qu'avec 25.000 DH, on peut se rendre au Maroc, faire une prothèse mammaire et passer une semaine dans notre pays ? Je ne suis pas en train de défendre la chirurgie plastique chère, mais je défends la chirurgie plastique de qualité, qui ne peut pas se faire avec les prix affichés sur ces sites.