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La non-scolarisation coûte près de 1% du PIB

La non-scolarisation au Maroc a un coût. Celui-ci est estimé à 1 % du PIB, soit 2.806.500.000 de dirhams. Ce résultat provient d'une étude intitulée «La non-scolarisation au Maroc : une analyse en terme de coût d'opportunité», réalisée par le secrétariat

04 Mai 2006 À 15:38

En effet, jusqu'à présent on ne disposait pas de moyens pour mesurer l'impact de la déperdition scolaire et de la non-scolarisation sur l'individu lui-même et sur la société tout entière. «Nous cherchons des mécanismes d'action pour soutenir l'exécution de la stratégie du gouvernement dans le domaine de la lutte contre l'analphabétisme et l'éducation non formelle», estime Anis Birrou, secrétaire d'Etat chargé de l'Alphabétisation et de l'Education non formelle.

Le phénomène est préoccupant au Maroc où le nombre d'enfants âgés de 9 à 15 ans n'ayant jamais fréquenté l'école ou l'ayant abandonnée à un âge précoce s'élève à un million et demi.

C'est un chiffre alarmant puisqu'il s'agit d'un enfant sur trois qui est en dehors de l'école. L'indicateur de scolarisation a enregistré depuis 1999 une évolution notable. Mais cette évolution reste faible par rapport aux objectifs tracés par la charte d'éducation et de formation. Et c'est le taux d'abandon qui est de l'ordre de 5 % et 6 % des effectifs inscrits qui est responsable de cette lenteur. Pour remédier à cette problématique, il a fallu connaître les raisons du phénomène.
La non-scolarisation frappe certains enfants plutôt que d'autres. Les filles sont les plus touchées.

58,4 % des enfants non scolarisés ou déscolarisés entre 12 et 15 ans font partie du sexe féminin. Le monde rural s'avère encore une fois marginalisé. 80 % de ces enfants habitent, en effet, le milieu rural. La pauvreté constitue le facteur déterminant dans les décisions de rupture scolaire. 40 % des enfants en dehors du système scolaire travaillent. Mais ce n'est pas que la pauvreté qui cause la déperdition scolaire. On constate que dans les milieux où l'analphabétisme sévit, on enregistre un faible niveau de scolarisation.

Par ailleurs, selon l'étude, le principe de la gratuité de l'enseignement mentionnée dans la charte de l'éducation et de la formation n'est pas tout à fait vrai. Il ne couvre pas la totalité des coûts supportés par les familles. On estime à 500 dirhams les frais annuels de scolarité. Cela représente 25 % du Smig en moyenne.

C'est le coût de la rentrée scolaire qui est très lourd pour les familles à revenus limités. Ce qui devrait pousser les responsables à réfléchir à la prise en charge des enfants issus des familles les plus démunies pour éviter de tomber dans le piège de la déscolarisation. Il ne faut pas compter que 500 dirhams comme frais de scolarité.

Il est indispensable d'y ajouter 3.600 dirhams comme coût d'opportunité annuel du travail de l'enfant. Aussi, le coût unitaire annuel de l'éducation est-il évalué par l'étude à 4.313 dirhams. Et le coût unitaire annuel pour la société (coûts privés budgétaire et communautaire) est de 8.413 dirhams.
Les déficits de l'éducation contribuent à enraciner davantage bon nombre de problématiques comme le chômage et la pauvreté.

L'école est un moyen de promotion de la mobilité sociale. On passe d'une classe sociale à une autre plus supérieure grâce à l'enseignement. Celui-ci réduit aussi les écarts entre les hommes et les femmes. Chaque année d'étude supplémentaire passée dans le primaire peut procurer 12,7 % d'augmentation de salaire. Au niveau secondaire, ce chiffre est moins important. Il est de 10,4 %. Ce gain est plus élevé d'environ un point de pourcentage pour la fille que ce soit au niveau primaire ou collégial.

Vu les conséquences de la non-scolarisation et de la déscolarisation, l'étude propose de repenser le cadre constitutionnel, juridique et réglementaire de l'éducation non formelle. Et ce, en améliorant les modes de coordination et d'intervention des pouvoirs publics.

La participation et l'implication de la société civile doivent être rationalisées en définissant les critères d'éligibilité des associations et en procédant de façon régulière à des audits et à des évaluations d'impact des politiques publiques. En outre, le secrétariat d'Etat chargé de l'Education non formelle doit être autonome par rapport au ministère de l'Education nationale.

Un système d'incitations en faveur des enfants scolarisés issus des familles dépourvues de ressources nécessaires doit être également mis en œuvre. Chaque année, on doit distribuer des fournitures scolaires aux enfants des familles déshéritées.

Il faut prévenir la déperdition scolaire. Un programme de prévention est déjà mis en œuvre par le secrétariat d'Etat chargé de l'Alphabétisation et de l'Education non formelle au profit de 150.000 enfants. On leur offre un soutien scolaire et moral.

Il ne faut plus toujours prétendre manquer de moyens car l'investissement dans l'éducation est on ne peut plus nécessaire. Seul cet investissement peut contribuer au développement de la société.
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