Aucun risque de délestage en 2008
Pas de crise d'énergie en 2008. La situation est bel et bien maîtrisée. C'est ce qui est à déduire des propos du confiant Younes Maamar, directeur général de l'ONE, venu expliquer aux invités de la Chambre française de commerce et d'industrie du Maroc (CFCIM) la stratégie de l'ONE à moyen terme et sa contribution économique au développement du Maroc.
LE MATIN
19 Novembre 2007
À 17:51
Les soucis des entrepreneurs sont légitimes. «Une entreprise ne peut pas évoluer sans énergie, mais bien au-delà, sans que ses approvisionnements en ressources énergétiques ne soient garanties, du moins à court terme. Il en va de la compétitivité de l'entreprise, voire même du pays», a avancé Younes Maamar, pour lequel l'énergie n'est qu'un moyen et pas une fin en soi, et ne peut de ce fait et en aucun cas constituer un frein au développement. Aujourd'hui, «l'ONE est le 4e partenaire de l'Espagne», «électriquement, le Marocain est européen».
De plus, «l'ONE a fortement contribué à réduire la probabilité de blackout en Europe»… Autant de jolies conclusions qu'a lancé le DG de l'ONE, pour montrer que son office, compétent comme il l'est, ne pourrait laisser couler son
propre bateau.
Plusieurs plans sont justement en déploiement par l'ONE pour assurer le développement à la fois du pays et des autres acteurs consommateurs
d'énergies. Ils servent à contenir certains facteurs qui pourraient être à l'origine d'une probable crise de la production électrique, dont la hausse de la demande d'un taux annuel moyen de 8%, la faiblesse des investissements pour l'augmentation de la production d'énergie électrique et les surcoûts d'importation de charbon… Pour combler les besoins prochains, ONE réagit de manière immédiate.
Un plan d'équipement d'urgence est déjà en cours. Il prévoit la rationalisation des coûts et la recherche du Kwh le moins cher. Un objectif qui serait, selon Mc Kinsey, qui a établi un benchmarking à la demande de l'ONE, un vecteur de performance financière.
Pour cet effet, l'ONE a mis en place, entre autres, une salle de marché, «ONE Trading», pour optimiser les négociations des ressources.
Techniquement, «toutes les centrales de l'ONE vont être mises à contribution à court terme pour contrer la crise
électrique en 2008 et produire quelques 900 MW à l'horizon 2009», a déclaré Younes Maamar.
La diversification des sources d'approvisionnement est également un des 3 principaux objectifs de ce plan d'urgence. Le charbon et le bois constituent toujours une source énergétique privilégiée.
Mais à côté, le plan d'urgence dicte le renforcement des capacités hydroélectriques et la consolidation du rôle du gaz naturel.
Un intérêt particulier est également accordé par ce plan au développement de l'utilisation des énergies renouvelables, pour lesquelles le Maroc dispose de potentialités importantes.
Après la réalisation de projets pilotes dans ce domaine, le plan d'urgence poursuit des mesures d'augmentation de la contribution de ces énergies dans le bilan énergétique national à 10%, pour pouvoir atteindre le taux de 20% à l'horizon 2012.
ENERGIPRO, est en parallèle un autre programme qui encourage les entreprises à développer leur propres sources d'énergie, afin de soulager l'ONE d'une partie de la production, «tel que l'ont fait ENDESA, OCP, NAREVA, Ynna Holding, Ciments
du Maroc…», a rappelé Younes Maamar, poursuivant qu'il s'agit «d'un exercice facile, du temps que le Maroc est le leader africain et arabe en matière d'énergie éolienne».
Pour décortiquer la demande, le DG de l'ONE a rappelé que le gap continuel de la demande basse tension est le plus fort et l'éclairage représente l'essentiel de la facture ménagère.
«Ceci pour dire que le pic de consommation n'est pas dans l'industrie», a tenu à signaler Younes Maamar, qui pousse de plus en plus à la mise en place du GMT + 1 ou à s'aligner sur l'horaire européen. «L'instauration de l'horaire constitue une des
solutions pour trouver un équilibre entre l'offre et la demande».
Enfin, sur la contribution de l'ONE, seule, ou au sein d'un consortium, pour le développement de l'énergie nucléaire civile, Younes Maamar a rappelé que le nucléaire est un projet à longue échéance. En 1984, une étude de faisabilité appliquée au Maroc, a démontré qu'une centrale nucléaire n'était pas économiquement intéressante.
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Les projets en cours
La réduction de la dépendance énergétique nécessitera l'accélération de la réalisation des projets en cours, dont notamment les parcs éoliens d'Essaouira (60 MW), de Tanger (140 MW) et de Tarfaya (200 MW) ainsi que la Centrale Thermo-solaire de Ain Beni Mathar (450 MW).
A ce niveau, le Maroc gagnerait à bénéficier des opportunités offertes par le Mécanisme de Développement Propre (MDP). Dans le même sens, l'accélération de l'adoption du projet de loi relatif à la libéralisation et la modernisation du secteur de l'électricité, en cours de finalisation, devient nécessaire.
En matière de renforcement de l'intégration régionale en particulier, le doublement en juin 2006 de la capacité de l'interconnexion électrique Maroc-Espagne (1400 MW) a permis de faire face à la forte demande en électricité.
De même, le projet de renforcement de la liaison électrique Maroc-Algérie permettra non seulement d'améliorer les échanges électriques entre les deux pays voisins mais constituerait également une phase indéniable dans l'émergence d'un marché maghrébin d'électricité.
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