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Les périodes de sécheresse de plus en plus fréquentes et dévastatrices

16 Juillet 2006 À 15:34

Une planification rigoureuse et à long terme du développement des ressources en eau est nécessaire pour optimiser l'allocation de l'eau et gérer les périodes de sécheresse, souligne l'Organisation mondiale pour la protection de l'environnement (WWF). Dans son rapport intitulé "sécheresse en Méditerranée", le WWF affirme que cette planification est de mise également pour rentabiliser les investissements nécessaires à la gestion durable et à la maintenance des barrages, soulignant l'urgence de procéder à une adaptation structurelle de la politique de l'eau au Maroc.

Les périodes de sécheresse les plus remarquables ayant affecté la majeure partie du territoire national, depuis le début du XXe siècle, sont celles des années 1904-1905, 1917-1920, 1930-1935, 1944-1945, 1980-1985, 1991-1995 et 1998-2002.

L'agriculture marocaine, qui est une forte composante de l'économie nationale, est le secteur le plus vulnérable à la sécheresse comme en témoigne son taux de croissance qui a fluctué entre -43% et +78.2% durant les vingt dernières années tandis que l'évolution du Produit Intérieur Brut Agricole (PIBA) montre un accroissement de sa vulnérabilité à partir de 1980, poursuit le WWF.

La production des céréales est ainsi très fluctuante, avec des extrêmes de l'ordre de 100 millions de quintaux pour une année pluvieuse et seulement 20 millions de quintaux pour une année sèche, indique l'ONG, rappelant que selon les prévisions du ministère de l'aAgriculture, du Développement rural et de la Pêche maritime, la récolte céréalière pour l'année 2006, qui a été relativement humide, est estimée à 86 millions de quintaux.

Ces fluctuations aggravent le déficit de la balance commer-ciale : le volume des importations est passé de 8 millions de quintaux au début des années 70 à 35 millions de quintaux durant les années 2000, fait observer le WWF, expliquant que les importations annuelles des céréales sont passées pour les périodes considérées de 500 millions de dirhams à 5.000 millions de dirhams, soit 10 fois plus.

Cette situation se répercute en premier lieu sur l'emploi puisque l'agriculture procure 80% de l'emploi rural et plus de 40% de l'emploi au niveau national, et sur le revenu des agriculteurs qui devient instable et les expose à un risque élevé de pauvreté.

Selon le WWF, la sécheresse accentue également la vulnérabilité des différents écosystèmes (aquatiques pastoraux, forestiers, etc.) en raison non seulement de la pénurie d'eau, mais aussi du fait que la politique nationale de la gestion de l'eau, a souvent relégué au second plan les besoins en eau des différents systèmes écologiques dont le fonctionnement et la survie en dépendent.

Depuis 1967 à nos jours, d'importants efforts ont été consentis en aménagements hydro-agricoles aussi bien dans les neuf grands périmètres irrigués (gérés par les Offices régionaux de Mise en Valeur Agricole) qu'en périmètres de petite et moyenne irrigation, fait remarquer le WWF, précisant que la superficie totale aménagée par l'Etat atteint 1,4 millions d'hectares actuellement.

Le WWF souligne, d'autre pat, que les ressources en eau montrent en effet une tendance à la baisse. Elles sont passées de 1.200 m3 par habitant par an en 1990 à 950 m3/hab/an en 2000, et ne seraient que de 775 m3/hab/an à l'horizon 2020, précise-t-il estimant qu'à l'horizon 2020, les besoins sectoriels s'établiront à 13.275 millions de m3 pour l'irrigation et 2.154 millions de m3 pour l'eau potable et industrielle, soit respectivement 86% et 14% des besoins totaux.

Et de souligner que le Maroc est donc déjà, en l'absence de changements climatiques, en situation de "stress hydrique" (<1.000 m3/hab/an) et approcherait la situation de pénurie (<500 m3/hab/an) dans les années 2020.
Avec les changements climatiques prévus, le potentiel, qui était estimé à 29 milliards de m3 en 2020, ne serait plus que de 25,5 milliards de m3, et le capital en eau ne serait plus que de 682 m3/hab/an, selon le WWF.

D'autre part, souligne-t-il, les périodes de sécheresse de plus en plus fréquentes et dévastatrices vont nuire à la Méditerranée dans son ensemble, ajoutant que les pays européens de la région ont déjà connu une baisse d'au moins 20 % des pluies alors que la demande en eau a doublé dans les 50 dernières années.

Les pays qui connaissent la plus forte augmentation de la demande en eau sont la France, la Turquie et la Syrie, poursuit l'ONG qui rappelle que les prévisions annoncent davantage de baisses des précipitations ainsi qu'une augmentation de 25 % de la consommation d'ici 2025 sur les côtes Est et Sud de la Méditerranée.
Selon l'organisation, la sécheresse a déjà fait des ravages. En 2003, elle a coûté près de 11 milliards d'euros aux pays de la région. En Espagne, l'été dernier, conséquence de la sécheresse, le secteur agricole a perdu plus de 2 milliards d'euros.
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