Corrado Levi raconte son intimité avec la cité ocre
«Marrakech Derb, vingt clins d'œil à vingt artistes italiens» est l'intitulé de l'exposition qui se déroule, actuellement, à l'Institut culturel italien de Rabat. >Son initiateur, Corrado Levi, a profité de l'occasion pour présenter, le jour du vernissa
LE MATIN
04 Avril 2006
À 15:47
Cette cité qui lui a inspiré un travail pictural des plus merveilleux, exécuté sur des tableaux en bois racontant la magie et la splendeur de Marrakech à travers le regard professionnel de grands artistes italiens ayant sillonné les ruelles de l'ancienne Médina.
Ainsi, les vingt-deux planches exposées de Corrado Levi reproduisent la petite rue de la Médina où l'auteur habite, observée toujours du même point de vue, mais pensée et exécutée à chaque fois à travers l'esprit d'un artiste contemporain italien.
Un double parcours qui explore à la fois l'art italien et les immenses richesses de la ville impériale, avec une pointe de légèreté caractérisant l'interprétation que l'artiste veut donner aux signes de l'art contemporain fixés sur ses tableaux en cèdre, incisés par des mains expertes d'artisans marrakchis de grande sensibilité. Il n'était pas question pour Corrado d'imiter les styles et les façons d'opérer, mais de donner une interprétation, avec un brin d'humour, de l'une des caractéristiques les plus attrayantes de chaque artiste.
Corrado Levi, jouant de ce fait le rôle de guide, nous trace tout un parcours des plus captivants, sur ce bois noble au parfum intense, à la manière de peintres italiens de renom. Ainsi, nous découvrons, tout au long de cette exposition, une locomotive qui lance des bouffées métaphysiques à la manière de De Chirico, les avions de Alighieri Boetti apparaissant entre les rues de Marrakech. L'ironie de Aldo Mondino est représentée par une rue en pente ou encore l'imagination onirique de Osvaldo Licini, la vision profonde de Giorgio Morandi, les nocturnes de Salvo, la lumière de Yari, l'ambiguité de Luigi Ontani.
L'âme de Marrakech est totalement visitée jusqu'à ses recoins les plus profonds par Corrado Levi, l'élève de Carlo Mollino et de FrancoAlbini, mais aussi grand architecte et professeur de Composition à la Faculté d'architecture de Milan. Ses nombreux séjours dans la cité ocre ont été d'un apport considérable pour mieux la connaître et l'apprécier.
Donc, Corrado nous offre tout un périple dans l'art italien du 20e siècle en hommage à ces artistes et à tout ce qu'ils ont laissé comme œuvres picturales. Ce n'est, donc, pas un hasard que son livre «Marrakech Théorie» soit traduit en français aux éditions La Porte, et où l'auteur met en relief la ville ocre dans ses multiples facettes, interprétées selon la sensibilité humaine et artistique de Corrado Levi, en y consacrant toute une partie aux artistes d'Essaouira, ainsi qu'à d'autres artistes italiens.