190 millions de DH pour sécuriser le port
LE MATIN
15 Juin 2006
À 16:09
Une forte délégation ministérielle, conduite par le ministre de l'Intérieur, Chakib Benmoussa, accompagné de Karim Ghellab, ministre de l'Equipement et du Transport, Hamidou Laânigri, général, directeur général de la DGSN, Mohamed Kabbaj, wali du Grand Casablanca, et bien d'autres personnalités civiles et militaires, a fait le déplacement au port de Casablanca pour procéder à la mise en service du système à badge au port de la métropole.
Il faut dire que l'enjeu est de taille puisque il s'agit, ni plus ni moins, de la sécurisation du plus grand port du Maroc qui était lors de l'année 2005 le théâtre de plusieurs vols (170 au total). «La sécurité du port est une priorité pour toutes les parties prenantes à cette opération et particulièrement les autorités locales, les services de la Police et de la Gendarmerie Royale, la Marine Royale, la Douane, les établissements publics, car la multiplication des incidents à l'enceinte portuaire nous coûterait beaucoup plus cher et surtout donne une mauvaise image de Maroc », précise Mohammed Abdeljalil, directeur général de l'ODEP. Et pour mettre fin à ces incidents, rien ne vaut de revoir le système d'accès au port.
« Nous avons défini de nouvelles procédures de sécurité au port de Casablanca en concertation et coordination entre les différents services au port et à l'extérieur. Nous avons également équipé le port de matériel de sécurité performant en mesure d'améliorer la sécurité des personnes et des marchandises qui transitent par le port (système de vidéosurveillance, scanners pour le contrôle des containers…), ainsi que le déploiement de 400 personnes à la sécurité », indique M. Ghellab.
Pour les services qui assurent la sécurité au port, les nouveaux équipements de sécurité et de sûreté sont un outil de travail extraordinaire. « La vidéosurveillance est une très bonne arme pour lutter contre les émigrés clandestins et les vols», explique un employé.
Système d'accès par badge
A partir de lundi 19 juin, l'accès au port sera réservé aux seuls détenteurs d'un badge. Ce système permet de contrôler la circulation des personnes à l'intérieur de l'enceinte portuaire selon un processus préétabli. Les autorisations d'accès sont réparties en zones restreintes. Ainsi, toute personne qui entre dans le port ne pourra circuler que dans la zone pour laquelle le badge lui a été délivré. Il existe deux grandes familles de badges : ceux qui sont permanents et des provisoires.
Les premiers sont délivrés aux personnes qui exercent des activités permanentes au port (administration, organismes publics, opérateurs privés portuaires …). Les seconds sont octroyés aux personnes qui doivent accéder au port pour une raison particulière et pour une durée déterminée (visiteurs, marins, passagers, touristes et camionneurs…). Le badge doit être porté en permanence et doit être présenté à tout contrôle inopiné par l'une des autorités du port. Pour que les visiteurs puissent obtenir un badge, ils doivent se présenter aux guichets situés au niveau des portes N°3 et 4, munis de leur pièce d'identité et d'un document justifiant de la demande d'accès au port.
La pièce d'identité leur sera restituée à leur sortie, lorsqu'ils auront restitué le badge. Dans le cas particulier des marins étrangers et des touristes, les badges sont remis au capitaine du navire par la police des frontières à l'accostage puis récupérés auprès de lui lors de l'appareillage. Jusqu'à aujourd'hui, 26 428 badges et 700 macarons pour camionneurs ont déjà été délivrés.
Selon M. Ghellab, l'amélioration de la sécurité au port a nécessité un investissement de l'ordre de 190 millions de DH dont 140 millions destinés à l'achat de scanners pour containers et camions TIR. Le reste (50 millions de DH) a été affecté à trois volets qui sont : l'infrastructure, les équipements et ressources humaines nécessaires.
L'objectif : se conformer au code ISPS permettant, principalement, d'accroître la qualité des services rendus et de réduire le nombre d'accidents par l'organisation de l'accès au port et doter le port d'un système de vidéosurveillance type professionnel, intégré, homogène, digitalisé, performant, facile à exploiter permettant ainsi d'assurer une vidéosurveillance de toute l'enceinte portuaire 24h/24. Le plan prévoit de renforcer les compétences humaines et techniques du port.
En effet, 150 agents du groupe urbain de Sécurité (GUS) seront déployés au port de façon permanente. Les effectifs de la police seront également renforcés par le recrutement de 123 agents supplémentaires alors que l'ODEP, par sous-traitance avec des sociétés spécialisées, met à la disposition du service de surveillance du port 105 maîtres-chiens renforcer la sécurité surtout le périmètre du port intra-muros.
78 maîtres-chiens supplémentaires sont affectés par l'ONCF pour sécuriser le périmètre du port extra-muros. Par ailleurs, des conventions entre l'ODEP, la douane et la DGSN sont signées pour renforcer la sécurité en amont et en aval de l'enceinte portuaire, y compris les bassins du port. Enfin, 60 agents de sécurité ont été engagés pour délivrer les badges et contrôler les accès aux zones restreintes.
Depuis la mise en place de plan, les statistiques relatives aux clandestins et aux vols ont connu une régression de 62% durant le premier semestre 2006. De même, il a été enregistré 19 réclamations des navires entre janvier et mai 2006, contre 87 durant la même période de l'année 2005, soit 78% de moins.
Le port en chiffres
La performance du port se traduit par le flux quotidien de 35 navires, 30 000 hommes et le transit annuel de 24,5 millions de tonnes de marchandises, ce qui représente 38% du volume national.
Nettoyage et assainissement
1 000 containers et 110 tonnes de produits chimiques en souffrance qui ont été évacués sur 1 720 containers et 200 tonnes de produits, libérant ainsi 16,5 % de la capacité de stockage du port.
Enfin, pour assurer le transit en toute sécurité des marchandises à haut risque, un arrêté conjoint a été élaboré, réglementant le traitement et le transit des marchandises à haut risque.
De plus, pour améliorer la qualité des services rendus et, principalement la gestion des stocks avant enlèvement, un système de localisation des containers par GPS a été mis en place au Terminal Est. Ce système, dit SAGETEC, permet de situer et de maîtriser le flux à l'instant T de tous les containers au terminal.