Salon international de l'agriculture de Meknès

Emergence appliqué à la région Fès-Boulemane

L'aboutissement de ce programme dépend de la volonté et de l'implication des régions

28 Novembre 2006 À 16:16

Le programme Emergence qui se propose de doter le Maroc d'un tissu industriel compétitif, en mesure d'affranchir enfin le pays de sa dépendance de l'agriculture, est en train de se décliner aux régions.
Et c'est Fès-Boulemane qui ouvre le bal, en étant la première région à bénéficier du Programme du développement régional industriel (PDRI).

Une convention a été signée à ce sujet au début de la semaine entre le ministère de l'Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau de l'économie, la wilaya et la région de Fès- Boulemane pour «promouvoir l'activité industrielle au niveau de la région, élaborer un plan d'action hiérarchisé et définir les besoins en investissements publics et privés et en ressources humaines», selon le ministère.

Cette première convention ne manquera pas d'inciter les autres régions à adhérer au programme Emergence, élaboré par le département de l'Industrie et qui a fait l'objet d'une tournée du ministre Salaheddine Mezouar à travers les régions du pays pour expliquer ses contours et ses objectifs.

«L'aboutissement de cette démarche dépend, dans une large mesure, des régions», nous a expliqué le directeur des Etudes et de la Planification au ministère de l'Iindustrie, Mohssine Semmar, qui a ajouté que la région de Fès a été la plus volontariste et la plus dynamique à ce sujet.

Il est à rappeler que ce programme a été présenté aux différents acteurs de cette région au mois de juin dernier.
A ce sujet, il semble que Tanger et Agadir ne tarderont pas à suivre cette démarche, en attendant les autres régions.

En tout cas, pour la région de Fès-Boulemane, cette «feuille de route», comme l'a baptisée le ministre, lors de la cérémonie de signature de la convention, est lancée et ses grandes lignes sont définies.
Ainsi, le travail préparatoire a débouché, selon M. Semmar, sur la réalisation d'un diagnostic pour relever les points forts et les points faibles de la région au niveau industriel.

Ce qui a permis, précise-t-il, d'identifier les secteurs les plus porteurs, dont le renforcement constitue l'un des axes majeurs de la stratégie du PDRI-Fès. Il s'agit de l'agroalimentaire, du textile et du cuir, en plus de l'offshoring.

De même, ajoute-t-il, de nouveaux secteurs d'activité à fort potentiel et à grande valeur ajoutée, mais qui ont besoin d'un soutien, ont été identifiés. Il s'agit notamment des secteurs de l'électronique, de l'automobile et de la chimie.

Suite à ce travail de diagnostic, les promoteurs de ce plan ont défini les grandes lignes de cette stratégie avec, en premier lieu, la réhabilitation du tissu industriel déjà existant et ensuite la mise en place de nouveaux parcs industriels différenciés et thématisés.
Ce qui donnera lieu, explique M. Semmar, à des zones industrielles dédiées respectivement au secteur du cuir, en s'inspirant du modèle italien, aux NTIC, avec Fès Technologie Valley et à l'offshoring.

Pour réaliser ce plan, ajoute M. Semmar, des conventions spécifiques seront signées avec les différents acteurs locaux concernés qui devront prendre en charge le financement des projets.
Toutefois, au cas où leurs apports ne sont pas suffisants pour boucler le montage financier d'un projet, le ministère peut apporter un financement d'appoint, conclut-il. N

Nouvelle stratégie

La nouvelle stratégie industrielle, dite programme "Emergence", élaborée par le département de l'Industrie, se propose de doter le Maroc d'un tissu industriel fort. En termes de chiffres, elle devra se traduire par la réalisation d'un PIB additionnel de 91 milliards de dirhams et la création d'environ 440.000 emplois.

Cette nouvelle stratégie de 10 ans permettrait également la réduction de 50 % du déficit commercial et un apport annuel de 1,6 % en terme de taux de croissance, selon des données du ministère de l'Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau de l'économie.
Pour ce faire, le programme "Emergence" compte mettre à profit les opportunités majeures de la délocalisation, impulser l'émergence et le développement de nouveaux métiers et secteurs, stimuler la croissance et le repositionnement de secteurs structurants à fort potentiel et anticiper les évolutions futures.

Elle s'appuie sur deux piliers essentiels : la modernisation compétitive du tissu industriel existant et le ciblage volontariste, mais non exclusif, des moteurs de croissance, et ce, en évitant le "saupoudrage" dans un contexte de ressources humaines et financières limitées, en se focalisant sur les moteurs de croissance orientés vers l'export, qui représenteront 70% de la croissance industrielle en 2015, et en optant dans un premier temps pour 8 moteurs de croissance, qui sont l'offshoring, l'automobile, l'aéronautique, l'électronique, l'agroalimentaire, les produits de la mer, le textile et l'artisanat.

REPÈRES
L'industrie, secteur clé :
Elle représente 18 % du PIB et 8 % des emplois.
Constitue une source importante d'exportation avec 52 % du total des exportations nationales.
Son taux de croissance de 4,4 % sur 10 ans est toutefois inférieur à celui de l'ensemble du PIB sur la même période
(5,3 %). Cet écart s'est accentué durant les cinq dernières années.
Elle est dominée par deux filières phares, l'agroalimentaire et le textile (50 % du PIB industriel).
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