Spécial Marche verte

Ces «bouffées de chaleur» qui nous empoisonnent la vie

Les avantages du traitement hormonal sont supérieurs à ses effets secondaires

03 Juillet 2007 À 15:35

Irrégularité des cycles menstruels, irritabilité, prise de poids, bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, troubles du sommeil, fatigue… sont autant de symptômes qui annoncent l'arrivée de la ménopause, qui survient chez les femmes, à un âge variant entre 45 ans et 55 ans. «La ménopause est une étape naturelle chez la femme, qui marque la fin de la fertilité. Elle se caractérise par l'arrêt définitif des règles et des sécrétions hormonales de l'ovaire (oestrogènes et progestérone).

La ménopause est cependant précédée par une période d'irrégularité des règles et que l'on surnomme la périménopause et au cours de laquelle des modifications vont être ressenties, de façon plus ou moins importante selon les femmes», explique le Pr. Ghazli, gynécologue obstétricien et professeur à la faculté de médecine de Casablanca.
Ainsi, durant une période allant de 4 à 5 ans, le cycle menstruel se modifie, provoquant un désordre hormonal qui aura des conséquences sur l'organisme et entraînera différents troubles.

En effet, la majorité des femmes souffrent de bouffées de chaleur qui peuvent être insupportables, surtout pendant la période chaude. Ces bouffées se manifestent par une brusque sensation de chaleur, en particulier au niveau du torse et du visage, accompagnée d'une rougeur de la peau et de sueurs. La fatigue physique et l'insomnie sont également d'autres facteurs.

Des troubles du caractère peuvent également accompagner la ménopause. La femme peut se replier sur elle-même, s'isoler ou devenir agressive.

Cette instabilité caractérielle peut être liée à des troubles de la tension artérielle, des maux de tête, des troubles
de la libido, des douleurs articulaires...

Au niveau morphologique, la femme va également voir sa silhouette changer, sa taille s'épaissir, sa poitrine diminuer. Sa peau deviendra sèche… «La ménopause est un tournant majeur dans la vie d'une femme. C'est un phénomène physiologique et socioculturel qui a ses spécificités et qui est entouré de préjugés et de tabous. Pourtant, on oublie souvent qu'actuellement il s'agit d'un problème de santé publique. La grande majorité des femmes vivent une ménopause parlante et donc doivent faire face à ces changements. D'où la nécessité de procéder au diagnostic afin de pouvoir les soulager. Généralement, ces troubles durent en moyenne 4 ans, jusqu'à ce que la femme n'ait plus ses règles.

Si les manifestations ne posent pas trop de problèmes, il n'est pas nécessaire de recourir au traitement. Mais si au contraire les troubles handicapent réellement la qualité de vie de la personne, il faut donner un traitement hormonal substitutif (THS)», explique le Pr. Ghazli.

Comme son nom l'indique, le traitement consiste à remplacer les hormones naturelles qui sont secrétées normalement au cours de l'activité ovarienne. On va apporter à des doses
faibles des hormones naturelles soit par voie orale, soit par voie transcutanée, soit par l'association des deux.

«On peut même, si certaines souhaitent continuer à avoir leurs menstruations, donner des schémas thérapeutiques avec règles. Mais c'est rarement le cas. En fait, cette substitution est très efficace sur les symptômes apparents. On voit une amélioration dès le premier mois. Mais ce qui est le plus important est que ce traitement va prévenir les complications liées à la ménopause», ajoute le Pr. Ghazli.

En effet, maladies cardiovasculaires, ostéoporose, cystite, incontinence, cancer… sont autant de pathologies qui peuvent survenir chez la femme ménopausée, étant donné qu'elle perd la protection naturelle qu'offrent les hormones. D'où la nécessité d'administrer à la femme ménopausée le THS.

Celui-ci, en plus d'améliorer la qualité de vie de la femme, contribue à lutter contre le vieillissement cutané, à limiter certains troubles de la continence urinaire et surtout, il prévient l'ostéoporose et les maladies cardiovasculaires. «Sans parler du fait qu'il
protége du cancer.

La ménopause correspond à la période d'éclosion de la plupart des cancers. Pendant longtemps, des études ont mis en garde les femmes contre le THS, mais cela a ensuite été rectifié par d'autres études, notamment françaises, qui ont conclu que les avantages du traitement sont supérieurs aux risques. En fait, le THS ne fait que dépister plus vite le cancer», poursuit le Pr. Ghazli.

Toutefois, notre médecin insiste sur le fait qu'il ne faut pas donner de traitement sans assurer une surveillance, ou faire de bilan. De même que traiter une femme âgée ménopausée n'est pas utile : «Le traitement n'aura aucune efficacité, puisque les symptômes disparaissent au bout de 5 ou 6 ans.

Ce n'est donc pas un traitement à vie. Mais il est vrai qu'après cette période, il faut passer à d'autres traitements, hormonaux ou non, qui sont à visée osseuse», conclut-il.
Le plus important cependant est de conserver une bonne hygiène de vie, adopter une nutrition équilibrée et variée riche en fruits et légumes, pratiquer du sport et laisser les mauvaises habitudes, telles que le tabac, de côté.
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Journée de formation

Le 30 juin dernier, l'association des médecins Fida Mers Sultan a organisé à Casablanca une journée d'étude sur le thème «La ménopause, l'arthrose et les tendinopathies des membres supérieurs».
Lors de cette rencontre, de nombreux médecins ont sensibilisé sur la nécessité de prendre en charge la femme ménopausée afin de prévenir toutes les complications qui peuvent survenir. «Il s'agit de la deuxième journée scientifique de formation médicale que nous organisons.

Notre objectif est de créer un lien entre les médecins de la préfecture Mers Sultan El Fida et les médecins de la région, et d'assurer une formation médicale continue pour tous les médecins de la préfecture», explique Ihssane Hiari, président de l'association.

Le choix du thème a été fait suite à une demande qui émanait de plusieurs praticiens confrontés au problème. «Traiter les thèmes de l'arthrose et dles tendinopathies des membres supérieurs s'explique du fait qu'il s'agit de complications qui sont accentués par la ménopause», conclut-il.
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