3.900 femmes et 4.620 jeunes bénéficieront du programme lancé par le centre Chorouk
des droits de la femme
LE MATIN
14 Novembre 2007
À 17:33
Un projet de lutte contre la violence à l'égard des femmes dans la région de Fès-Boulmane est lancé aujourd'hui par le Centre Chourouk pour le développement social à Fès. Financé par l'Union européenne dans le cadre du programme des microprojets "ce projet, peut être considéré comme une initiative européenne visant la promotion de la démocratie et les droits de l'Homme mais aussi les droits de la femme. Il vise également la diffusion de la culture de l'égalité entre les sexes, en ciblant particulièrement les populations des douars et des quartiers défavorisés dans la région de Fès-Boulmane", explique Lahcen Afkir président du centre.
En effet, ledit projet prévoit le développement des connaissances de 3 900 femmes et 4 620 jeunes à travers l'organisation de séances d'alphabétisation juridique et de campagnes de sensibilisation destinées à cette catégorie. "Ces séances ont pour objectif de faire comprendre aux femmes leurs droits d'une manière simplifiée. D'ailleurs, 2 000 femmes ont déjà bénéficié de ces actions", ajoute le même responsable.
Le projet vise également la mise en place d'espaces de discussion sous forme d'ateliers d'expression et la formation de l'équipe du projet en matière de droits des femmes, d'éducation à la citoyenneté et de culture d'égalité entre les sexes. Il a également pour objectif le renforcement des capacités de l'équipe en matière d'animation et de sensibilisation et l'organisation d'ateliers de sensibilisation et d'éducation des jeunes à la citoyenneté et à l'égalité entre les sexes au sein des lycées et des collèges. Rappelons que ce projet s'inscrit dans un programme lancé par le Centre Chourouk depuis février 2001, date de la création de cette structure. Cette initiative intervient dans le cadre de la promotion des droits des populations défavorisées, en particulier les femmes, et vise comme objectif le renforcement des capacités des associations de la région de Fès-Boulmane.
" Le Centre Chourouk travaille depuis 7 ans avec les femmes et les jeunes sur les différents moyens possibles pour améliorer leurs conditions de vie. Nous visons essentiellement quatre quartiers défavorisés, à savoir Sehb El Ouerd, Sehrige Gnaoua, Ain Nokbi et Jnanat. Nous avons pu alphabétisé jusqu'aujourd'hui 1 000 femmes. Nous avons également réussi à développer un réseau d'associations par le biais de la promotion du nouveau code de la famille et grâce aussi à la mise en réseau et le renforcement des capacités des associations de la région ", affirme le président de l'association. Il est important de souligner dans ce sens la contribution financière de l'Ambassade de Grande-Bretagne à Rabat et Oxfam-Québec qui ont été les principaux partenaires dans ces projets. Par ailleurs, le Centre Chourouk a également lancé, parallèlement aux initiatives déjà citées, un projet pilote avec le soutien de l'Ambassade des Pays-Bas. Ledit projet vise à évaluer les "barrières masculines" qui empêchent les femmes de jouir de leurs droits. ---------------------------------------
Non à la violence !
L'accentuation des efforts institutionnels visant à faire de la violence contre les femmes une affaire publique se ressent de plus en plus comme un besoin pressant face à l'ampleur de ce phénomène qui touche une large proportion des femmes de par le monde. Le Maroc, qui célèbrera le 25 novembre, à l'instar des autres pays du monde, la journée mondiale de lutte contre la violence à l'égard des femmes, a entrepris en collaboration avec les associations de la société civile plusieurs initiatives visant à lutter contre ce phénomène.
Il s'agit en particulier de l'adoption du nouveau code de la famille, la mise en place d'une Stratégie nationale pour l'Egalité et l'Equité, et la création en 2004 du réseau national des centres d'écoute des femmes victimes de la violence (ANARUZ).
En dépit de ces initiatives courageuses, on recense toujours des cas choquants de maltraitance de femmes. A ce propos, un rapport d'ANARUZ sur les violences basées sur le genre au Maroc relève que près de 91,7 % des femmes violentées affirment l'avoir été par leur mari ou autres personnes avec lesquelles elles entretiennent des relations intimes.