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De Ksar El Kébir à Essaouira

Hamid Kasri, un mâallem gnaoui pas comme les autres

24 Juin 2007 À 11:51

«Le spectacle de demain sera différent, puisqu'on va interpréter des morceaux pour la première fois. Il ne faut pas qu'on déçoive le public», explique le mâallem Hamid Kasri aux membres de son groupe. On est au conservatoire de musique de la ville d'Essaouira en ce jeudi après-midi.

C'est ici que la plupart des groupes participants répètent avant la date fatidique. Hamid Kasri, l'un des invités phares de la 10e édition du Festival Gnaoua et musiques du monde, lui, se prépare d'arrache-pied pour son spectacle de vendredi. «Vous savez, c'est la 7e fois que je participe au festival Gnaoua et Musiques du monde d'Essaouira. Je suis donc un habitué de cette manifestation. Pourtant, j'ai l'impression que c'est la première fois que je vais être sur scène.

Ce concert est très important pour moi, dans la mesure où je serai accompagné par d'autres musiciens marocains et étrangers, tels que Karim Ziad, Jean-Phillipe Rykiel », nous confie le mâallem Hamid.
Un des artistes gnaoua les plus célèbres au Maroc et à l'étranger, Hamid Kasri est né en 1961 à Ksar El Kébir. A sept ans, il manifeste un intérêt particulier pour la musique gnaouie.

Une passion qui lui a été transmise par le mari de sa grand-mère, un esclave du Soudan. Il commence à apprendre les règles du métier grâce à de grands maîtres, notamment Alouane et Abdelouahed Stitou. «La musique gnaouie représente tout pour moi. Ce n'est pas une passion, mais plutôt une vie. C'est pourquoi j'ai essayé tout au long de ma carrière de creuser dans ce registre, afin d'avoir une idée claire et précise sur ce genre musical». Beaucoup de voyages, de rencontres avec des musiciens gnaoua et occidentaux… bon nombre d'expériences qui ont permis à Hamid de maîtriser parfaitement son domaine.

Vendredi 22 juin à 23h30. La place Moulay Hassan est prise d'assaut. Des milliers de spectateurs attendent avec impatience le concert du mâallem Hamid. «Je ne pouvais pas rater cette soirée. Hamid Kasri et l'un des meilleurs musiciens gnaoua au Maroc», affirme une jeune R'batie. Loin de la foule, Hamid et Karim Ziad donnent les dernières directions aux membres du groupe. «Travailler avec Hamid est une véritable chance. C'est un grand musicien. Vous savez, si je suis là, c'est juste pour travailler avec Kasri», nous confie le pianiste français Jean-Philippe Rykiel.

«C'est ce public exemplaire qui m'encourage à faire de mon mieux. Chanter devant cette nombreuse assistance est un honneur pour moi», affirme Hamid. Et c'est une grande ovation qui accueille la star une fois sur scène. Le public manifeste spontanément l'amour qu'il porte à cet artiste. Très ému, Hamid interprète des chansons célèbres inspirées du répertoire gnaoui. Dès les premiers instants, une grande complicité se tisse entre Kasri et le public. Ce dernier reprend en effet en chœur les refrains de tous les morceaux interprétés par la star de la soirée.

«Je me suis produit un peu partout dans le monde et grâce à Dieu, le public a toujours apprécié mon travail. Mais aujourd'hui, c'est le summum».

Une voix puissante, un style original, un mélange entre musiques gnaoua du Nord et du Sud et de rythmes occidentaux, bref tous les ingrédients étaient réunis pour réussir le concert de Hamid Kasri. D'ailleurs, une fois le spectacle terminé, les artistes ont eu droit à de nombreux rappels du public.

«Je suis très content parce que grâce à ce festival, la musique gnaouie a retrouvé ses lettres de noblesse. Preuve en est la réussite et la notoriété internationale de plus en plus affirmée de cet événement».
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