Spécial Marche verte

Une campagne sur le sida au profit des routiers

Les camionneurs représentent une cible à risque pour la contraction des IST
>L'Association de lutte contre le sida (ALCS) et Total Maroc marchent désormais main dans la main. Les deux entités ont procédé à la signature, jeudi soir, d'une conventi

15 Juin 2007 À 15:35

Intitulée «Programme de prévention des infections sexuellement transmissibles et du VIH/Sida auprès des routiers au Maroc», l'action a été initiée par les deux partenaires, moyennant une contribution financière à hauteur de 1,5 million de dirhams de la part de Total Maroc.

Placé sous la responsabilité directe du professeur Hakima Himmich, présidente de l'ALCS, ce programme couvrira une période de 25 mois. L'objectif de l'action est de parvenir à cerner et à limiter les facteurs de risques de contamination et de propagation aussi bien du virus du sida que la totalité des IST (infections sexuellement transmissibles).

La raison pour laquelle une telle campagne de prévention est destinée aux routiers (chauffeurs et mécaniciens) découle du fait que c'est une population à risque en termes de contraction d'IST diverses.

En effet, une étude réalisée sur un échantillon de routiers au Maroc a mis en évidence la fréquentation assidue des professionnelles du sexe, ainsi qu'une ignorance totale des IST/Sida et une absence d'utilisation du préservatif. La chose n'est pas spécifique aux seuls routiers marocains, mais elle a été prouvée ailleurs, dans certaines régions de l'Inde et de l'Afrique, où la diffusion du VIH a suivi les axes fréquentés par les routiers.

Quant au programme de cette campagne, celui-ci s'articule autour de quatre axes. Il s'agit d'étudier les caractéristiques de la population concernée, d'informer et de sensibiliser les routiers en matière d'IST/Sida, de leur rendre les moyens de prévention plus accessibles, en plus de la facilitation de l'accès au dépistage et aux soins des IST à la population cible.

Dans sa première phase, la campagne concernera quelque 200 personnes, à travers la prise de contact avec les principales sociétés de transport de marchandises, avec le syndicat des camionneurs et les représentants des associations corporatistes.

Les deux partenaires ambitionnent ainsi d'établir une cartographie des lieux de rencontre, de concentration ou de séjour des routiers, ensuite d'identifier le profil social, le comportement, les pratiques sexuelles et la perception du risque face à l'infection à VIH/Sida.
Dans la deuxième phase du projet, il est question de passer à l'action, et ce, sur quatre lieux différents. Tout d'abord, l'action se déroulera sur les axes les plus fréquentés et dans lesquels les sections de l'ALCS sont présentes, à savoir Tiznit, Agadir, Casablanca et Tanger.

Ensuite, ce sont les lieux de travail, les aires de repos ou encore les grandes stations d'essence qui seront ciblés par le programme, ainsi que les lieux d'attente ou de départ des camionneurs dans les grandes villes. Enfin, l'action se déroulera au niveau de l'Institut spécialisé de technologie appliquée en transport, sis à Aït Melloul.

Parmi les actions envisagées, les responsables de l'ALCS évoquent des consultations IST et tests de diagnostic du VIH sur place, au profit des professionnelles du sexe et des routiers. Ces tests, au cas où ils s'avèrent positifs, donneront suite à des examens en laboratoire, afin de confirmer l'infection, ou encore chercher une éventuelle complication auprès des professionnelles de sexe.

Aussi, il est prévu de mettre à disposition des personnes infectées des traitements médicamenteux. Par ailleurs, ce partenariat entre dans le cadre des actions que conduit Total dans ses pays d'implantation aux côtés de l'Institut Pasteur, au terme d'une convention de mécénat signée en octobre 2005 destinée à renforcer les moyens scientifiques et humains mis au service de la lutte contre les maladies infectieuses.
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A bas la stigmatisation !

Dès la création de l'ALCS, les personnes vivant avec le VIH ont participé et participent toujours à l'action de l'association en tant que volontaires, salariés parfois même en tant que membres du bureau.

Le faut que les personnes ne soient pas obligées de révéler leur statut sérologique, et que la stigmatisation soit encore forte au Maroc a empêché l'émergence d'un véritable leadeship des personnes vivant avec le VIH.

C'est pour pallier cette situation que le conseil national de l'ALCS a décidé en janvier 2007 de prendre des mesures incitatives pour une meilleure intégration des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) dans les instances dirigeantes de l'association, et ce, en application du principe GIPA pour une participation accrue des PVVI, dans la prise de décision politique au sein de l'ALCS et dans la lutte contre le sida au Maroc en général.
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