Fête du Trône 2006

Une institution incontournable

Ses tournées au Sud ainsi qu'à l'extérieur du pays ont fait bonne impression

S.M. le Roi recevant le président et le secrétaire général du Corcas

17 Juin 2007 À 12:44

La visite royale en mars 2006 à Laâyoune a été historique à plus d'un titre. Outre les projets de développement économique lancés dans la région, c'est l'installation du Conseil royal consultatif des affaires sahariennes (Corcas) qui a marqué les esprits. Le discours royal de samedi 25 mars 2006 a posé les jalons d'une nouvelle gestion du dossier du Sahara marocain.

Il a consacré le principe de démocratie participative, dans la mesure où les citoyens sahraouis ont pu avoir un canal d'expression de leurs idées et propositions sur le principe d'autonomie des provinces du sud dans le cadre de la souveraineté marocaine. «Par cet acte, nous posons un jalon essentiel pour ancrer la culture de la concertation et permettre ainsi à nos concitoyens d'apporter, par des propositions concrètes et pratiques, leur contribution pour tout ce qui concerne les questions ayant trait à notre intégrité territoriale et au développement économique, social et culturel des provinces du Sud», a annoncé le Souverain.

Le Corcas est un organe consultatif sur les problèmes du Sahara marocain. Il est composé pour une bonne partie de notables sahraouis. Mais également d'élus et acteurs de la société civile et des forces vives de la nation, prêts à s'investir, notamment parmi les femmes et les jeunes. Ce sont au total 140 personnes dont 14 femmes qui le composent. La présidence du conseil a été confiée à Khali Henna Ould Errachid, ancien ministre des Affaires sahariennes et membre de la tribu influente des Rguibat.

Le Corcas propose des initiatives permettant le retour et l'intégration au sein de la mère patrie, le développement économique et social et la promotion du patrimoine culturel. L'organe se réunit au moins deux fois par an. Durant leur mandat d'une durée de 4 ans, les membres disposeront d'un pouvoir délibératif. La composition du conseil tient compte de certains critères comme la représentativité des membres, leur notoriété et leur influence, l'équilibre tribal, l'implication des opérateurs économiques...

Le défi majeur des 140 membres aura été de proposer au Souverain, un projet d'autonomie, émanant de tous les Sahraouis et du reste du peuple marocain, pour le soumettre à l'ONU. Dès son installation, le Corcas a entamé une tournée dans les provinces du sud pour expliquer les objectifs et la mission que S.M. le Roi lui a fixés. Plusieurs rencontres avec les populations ont permis de discuter de problèmes d'ordre politique, social, économique, ainsi que des droits de l'Homme.

A l'étranger, l'institution a fait bonne impression. Sa première activité diplomatique a été la rencontre avec le président chinois, lors de sa visite au Maroc.
Après une visite en France et à Madrid, le Corcas a reçu à Rabat une délégation du Haut commissariat des droits de l'Homme de l'ONU. Ensuite, il a visité la Belgique et les institutions européennes (Conseil de l'Europe, commissionetParlement européens et reçu à Rabat l'ambassadeur des Etats-Unis).

Durant leurs déplacements, les émissaires du Conseil ont eu des échanges forts intéressants avec les responsables politiques et les parlementaires, les dirigeants de partis politiques.
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Historique de l'institution

Créé en 1981 par feu S.M. Hassan II, le conseil avait pour mission d'émettre des avis et opinions, de nature à contribuer à la résorption de divers problèmes politiques, économiques et sociaux.
L'objectif étant d'associer la population locale à tout ce qui engage son avenir.

Toutefois, le dynamisme dont le conseil faisait preuve, particulièrement dans la mobilisation autour de la question de l'unité territoriale marocaine, a cependant connu, avec le temps, un certain étiolement. Mais compte tenu de l'importance de cette institution consultative, S.M. le Roi Mohammed VI a tenu, dès son accession au Trône, à la réactiver.

Dans son discours à l'occasion du 24e anniversaire de la Marche Verte (1999), le Souverain avait, en effet, donné ses Hautes instructions pour la réactivation de cette institution, en traçant les grandes lignes des normes et procédures pour l'élection de ses membres dans «l'honnêteté et la transparence».
Dans le Discours du Trône de juillet 2000, le Souverain avait annoncé la constitution d'une commission Royale chargée d'assurer le suivi des affaires des provinces du Sud et l'installation d'un conseil consultatif chargé des affaires sahariennes.

Il a, ainsi, réaffirmé l'importance d'un conseil dont il entend «faire une institution agissante œuvrant pour le développement des provinces du Sud et pour la défense de leur marocanité».
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