Fête du Trône 2006

L'étau se resserre sur les présumés terroristes

Le mois d'avril s'annonce décisif pour les suspects

29 Mars 2007 À 16:22

Trois semaines après l'attentat à la bombe perpétrée le 11 mars dans un cybercafé au quartier Sidi Moumen de Casablanca, l'étau se resserre sur les présumés terroristes, après l'arrestation à Dakhla de Hicham Al Moumni, considéré comme l'un des éléments dangereux dans la préparation des actes meurtriers. Deux autres des six suspects encore recherchés après cet attentat qui avait fait un mort et quatre blessés, ont également été appréhendés à Casablanca et à Agadir.

La police est toujours à la recherche des trois autres encore en fuite.
Par ailleurs, vingt-quatre prévenus de Casablanca et de Salé, arrêtés récemment par la police à Casablanca, Salé, Kénitra et Agadir, ont été déférés devant le juge d'instruction de l'annexe à Salé de la Cour d'appel de Rabat.

Le parquet général près cette Cour précise que les auteurs de cet acte n'avaient pas l'intention d'attaquer le cybercafé où ils s'étaient rendus dans le cadre des contacts que les membres de la cellule avaient coutume d'entreprendre les uns avec les autres via Internet. Il s'agit d'une organisation terroriste en cours de formation et financée par des Marocains. Les membres de l'organisation ont pu, par des moyens personnels, confectionner des explosifs et des produits toxiques à partir de matières acquises dans les marchés locaux.

Les prévenus, parmi lesquels figure Youssef Khoudri, complice de Abdelfattah Raydi qui s'est fait exploser par la charge qu'il portait sous ses vêtements au cybercafé, sont poursuivis par le parquet général, pour «constitution de bande criminelle dans le but de préparer et de commettre des actes terroristes visant à troubler l'ordre public par la peur, la terreur et la violence», «actes de sabotage prémédité», «détention et fabrication d'explosifs et de produits toxiques dangereux dans le but de les utiliser dans des actes terroristes», «participation à des actes terroristes» et «fourniture de fonds destinés à financer des actes terroristes». Le ministère de l'Intérieur avait auparavant affirmé que les suspects visaient des «cibles économiques».

Les prévenus, qui ont été maintenus en détention, doivent être auditionnés de nouveau le 4 avril par le juge d'instruction. Ils sont passibles de peines allant jusqu'à 30 ans de prison s'ils sont reconnus coupables, ont indiqué leurs avocats. Sur un autre registre, le procès en appel de plusieurs accusés pour terrorisme, dont deux condamnés en 1re instance à la peine de mort, Youssef Addad et Adelmalek Bouizarakne, a été reporté au 11 avril prochain par la Chambre criminelle de l'annexe à Salé de la Cour d'appel de Rabat.

Le principal accusé Addad et Bouizakarne avaient été condamnés à la peine capitale en décembre dernier pour «atteinte à la vie et à la sécurité des personnes», «possession illégale d'explosifs dans l'intention de les utiliser dans le cadre d'un projet collectif visant à troubler l'ordre public», «apologie de terrorisme», «constitution de bande criminelle dans le but de préparer et de commettre des actes terroristes» et «falsification de la monnaie, vol et racket».

Addad, membre du groupe intégriste «assirat al moustakim» (droit chemin, dirigé par Youssef Fikri, condamné à mort pour meurtre) était recherché depuis 2002. Il purgeait une peine de prison pour trafic de drogue, sous une fausse identité. La police a découvert que ce dernier est impliqué dans des infractions liées au terrorisme.

La Chambre criminelle du 1er degré de l'annexe à Salé de la Cour d'appel de Rabat avait également condamné durant ce procès, pour les mêmes motifs, Mohamed Aït Bensaid à 30 ans de réclusion criminelle et quatre autres accusés, Tarek Farssi, Ibrahim Hamdi, Hassan Mendaoui et Mohammed Achdad à 15 ans de prison chacun.

Les inculpés Mohamed Jarmouni et Mourad Menaouar avaient écopé de 10 ans de prison ferme chacun. Abbbdelaziz Jebour et Youssef Choukri furent condamnés à 6 ans de prison chacun. Mustapha Lachhab, Abdelkarim Lachhab, Taoufiq Berbach et Rachid Kehila avaient été condamnés à 5 ans de prison chacun.
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La prison pour A. Kouidri

Le Français d'origine marocaine, Abdallah Kouidri et son co-accusé, Saïd Baha, ont été condamnés, mercredi en appel, à deux ans de prison ferme par la Chambre criminelle du 2e degré de l'annexe de la Cour d'appel à Salé pour des infractions pénales liées au terrorisme.

Les deux accusés avaient été condamnés en décembre dernier à trois ans de prison en première instance pour «constitution de bande criminelle en vue de préparer et de commettre des actes terroristes dans le cadre d'un projet collectif visant à porter atteinte à l'ordre public, exercice d'activités au sein d'une association non reconnue et réunions publiques sans autorisation».

Kouidri, 26 ans, résidant à Montpellier, avait été arrêté le 8 janvier 2006 à Bouâarfa pour son implication dans des actes terroristes. Il avait rejoint le Maroc le 21 décembre 2005 en provenance de la France.
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