Spécial Marche verte

L'écosystème cédraie au centre du débat

«L'écosystème cédraie, enjeu stratégique pour le développement régional», est le thème retenu cette année pour les troisièmes Assises de la recherche forestière, organisées hier 16 octobre à Khénifra, par le Haut commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la désertification.

16 Octobre 2008 À 17:45

Cette rencontre est inscrite dans le cadre des objectifs du Haut commissariat qui visent, notamment, à échanger les expériences et les expertises sur l'écosystème forestier du Maroc notamment l'écosystème cédraie. Le choix des responsables cette année de débattre de l'écosystème cédraie n'est pas fortuit. «Après les deux premières éditions des assises sur la recherche forestière où il a été respectivement question de l'arganier et du chêne liège, nous avons décidé de placer au centre des débats l'écosystème cédraie qui représente une vraie richesse dans notre pays», a souligné au Matin Abdeladim Lhafi, Haut commissaire aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la désertification. «Nous voulons, à travers cette rencontre, faciliter la concrétisation des résultats de la recherche sur le terrain», ajoute-t-il.

Ces assises de recherche forestière ont pour objectif de faire le point sur l'état des connaissances et des acquis scientifiques sur la cédraie en tant qu'écosystème spécifique à préserver, les résultats de l'étude sur les causes de dépérissement de la cédraie (sécheresse, pressions anthropiques…).
Par ailleurs, les participants ont discuté de la portée de la gestion participative impliquant les populations riveraines usagères et les divers acteurs de développement pour la réhabilitation de l'écosystème cédraie et la gestion durable des ressources forestières. En effet, cette approche participative du Haut commissariat a abouti à l'élaboration des contrats programmes avec 20 coopératives groupant 1.300 adhérents. L'initiative génère, selon les responsables au Haut commissariat, un revenu mensuel de 1.760 DH par coopérateur.

Au Maroc, la cédraie occupe 133000 hectares et constitue la principale source de production de bois d'œuvre, soit 80% de la production nationale et 30% des recettes annuelles totales. Par ailleurs, elle assure annuellement un équivalent de 6,5 millions homme-jour, soit un revenu de 353,4 millions de DH. 10% des communes forestières bénéficient d'un montant de recettes de l'ordre de 100 millions de DH en moyenne par an, soit 30% des recettes forestières annuelles. Levier de développement de l'économie rurale, le cèdre fournit aussi prés de 116,3 millions d'unités fourragères pour un cheptel de 800.000 têtes soit 8% du cheptel pâturant en forêt.

C'est d'ailleurs pour cette raison que la conservation et le développement de l'écosystème cédraie ont été érigés en une priorité pour le Haut commissariat depuis quelques années.
Ainsi, les responsables ont développé une stratégie dans le cadre du plan décennal 2005-2014 qui a permis la régénération de 8.000 ha de cèdre, le peuplement de 80.000 ha, et la mise en défens de 5.000 ha. De même, ladite stratégie a également permis l'amélioration des parcours sur une superficie de 2.600 ha et l'élaboration des plans d'aménagement des parcours collectifs sur 146.000 ha avec la perspective de création d'une réserve biosphère Cédraie dans le Moyen Atlas qui englobera les trois parcs nationaux d'Ifrane, du Haut Atlas Oriental et de Khénifra, sur une superficie d'environ 500.000 ha et qui permettra de déclarer l'écosystème «Cédraie de l'Atlas» en tant que patrimoine mondial. «Ce projet est en stade très avancé. Les décrets sont prêts et nous allons entreprendre prochainement les démarches auprès de l'Unesco pour que cette réserve soit déclarée un patrimoine universel», ajoute M. Lhafi.

Selon les organisateurs, ces assises donneront l'occasion de mesurer la pertinence de choix de développement forestier, et de capitaliser les résultats de recherche sur la cédraie pour une nouvelle impulsion du secteur forestier.n

Recherche

La recherche est considérée comme étant le moteur d'une dynamique qui permettra de concilier entre développement économique et équilibre écologique en vue d'un développement durable respectueux de l'équilibre de l'écosystème cédraie. Plusieurs études ont été menées au Royaume dans les écosystèmes cédraie. Ces recherches ont permis notamment de déterminer une clé écologique spécifiant les conditions optimales de développement de la cédraie et d'informatiser les outils d'aménagement de la forêt du cèdre.

Les chercheurs ont pu maîtriser la régénération naturelle. Ils sont même capables aujourd'hui d'identifier les particularités écologiques ainsi que la diversité floristique et faunistique, et de déterminer la variabilité génétique du cèdre de l'Atlas. Les troisièmes assises seront donc l'occasion pour présenter les résultats de ces recherches. Pour rappel, la première édition des assises de la recherche forestière a été organisée en 2006 sur le thème: «Arganeraie, un rempart contre la désertification ». Les deuxièmes assises de la recherche forestière, qui ont eu lieu en 2007, avaient été placées sur le thème «Réhabilitation des subéraies».
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