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Le 1er sport olympique entre universalisme et régionalisme

L'athlétisme, qui a longtemps vécu dans la certitude de son universalisme, doit se raviser: loin de l'universalité promise, le régionalisme à outrance bat en brèche la doctrine.

12 Août 2008 À 17:33

Au point de se demander si le qualificatif d'universel, qui colle au 1er sport olympique comme une seconde peau, n'est pas inappropriés, voire erroné. La question mérite d'être abordée par les deux versants. D'un côté, la réalité du présent, de l'autre le poids des médailles de plus d'un siècle de compétitions.
Concrètement, en ce début de XXIe siècle, les Etats-Unis et les Caraïbes, en premier lieu la Jamaïque, ont consolidé leur emprise sur le sprint, le demi-fond est la chasse gardée des coureurs des hauts plateaux africains. La vieille Europe, elle, s'est retranchée dans la forteresse des lancers et des sauts. Et où l'Asie, qui représente plus de la moitié de la population mondiale, avec ses géants de la Chine (1,3 milliard d'habitants) et de l'Inde (1 milliard), est quasiment absente.
Les traditionalistes (ou les béats) avancent que l'universalité de l'athlétisme est frappée au coin des médailles que se sont partagés aux Jeux 82 pays. Mieux, ce sont des athlètes de 78 nations qui sont montés sur les podiums des Championnats du monde depuis la première édition en 1983 à Helsinki. Effectivement, aucune autre fédération internationale ne peut avancer un tel palmarès. Il faut pourtant relativiser. L'athlétisme propose un patchwork de 45 disciplines entre dames et messieurs, bien plus que la boxe par exemple, ce qui multiplie les médailles presqu'à l'infini.

Programme mondial
Consciente du problème, la Fédération internationale (IAAF) a lancé il y a quelques années un programme mondial, cheval de bataille du président Lamine Diack, à destination des enfants. Le but: que son sport redevienne le premier dans les écoles. Même si les motivations de santé publique et de lutte contre l'obésité sont généreusement mises en avant. Aux Jeux, l'athlétisme n'a pas encore de rivaux, ne serait-ce que par les droits télévisés et les ventes de billets qu'il génère, jusqu'à représenter quelque 60 % des rentrées financières de la grand messe célébrée tous les quatre ans. L'athlétisme dispose d'atouts uniques pour conquérir cette universalité, ou du moins s'en rapprocher. Il est déjà le plus immédiat, dans le sens de proche de la nature humaine. Et il offre un éventail de disciplines à nul autre pareil, avec des épreuves qui correspondent aux diverses morphologies, mentalités et cultures de par le monde. Mais, évidemment, le problème reste culturel et économique.
Comment faire pour que les jeunes le préfèrent aux sports collectifs plus rémunérateurs? Le football (au détriment de la course), le volley-ball et le basket-ball (saut en hauteur) s'abreuvent abondamment dans les réservoirs naturels de l'athlétisme.
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Entraîneurs étrangers

La Chine, qui est en train d'imposer sa suprématie sur le sport olympique, a fait appel à une véritable légion étrangère d'entraîneurs du monde entier pour affiner sa préparation aux Jeux.
Tout comme de nombreux pays étrangers ont «adopté» des coachs chinois dans des disciplines où ces derniers ont coutume de briller. Dans ce grand mercato des compétences, Pékin a ainsi fait appel à plus de 40 spécialistes confirmés, notamment pour développer ses atouts en basket, hockey sur gazon, aviron, escrime, canoë-kayak, cyclisme, natation synchronisée, gymnastique ou taekwondo. Et les Chinois ont su aussi exporter leurs talents, comme c'est le cas pour l'entraîneuse de volley Jenny Lang Ping, qui avait mené la Chine à la médaille d'or à Los Angeles 1984, et qui est aujourd'hui coach des Américaines. L'ancien gymnaste Qiao Liang est un autre exemple.

Il travaille aujourd'hui pour l'équipe américaine de gym, après avoir fait la carrière, depuis ses 16 ans de la star de la gymnastique américaine Shawn Johnson. «Fier de moi» Johnson a reconnu devoir à Qiao, ainsi qu'à son co-entraîneur chinois Zhang Liwen, d'avoir su lui révéler toutes ses capacités, l'amenant à tenter et réussir les figures parmi les plus complexes de son sport. «C'est grâce à eux que je suis arrivée là où je suis. Ils m'ont tellement appris», avoue-t-elle. Le retour au pays ne semble pas leur poser de problème. Lang Ping, surnommée «le marteau» quand elle jouait, dont le mariage a été retransmis en direct par la télévision chinoise et qui a eu droit à un timbre à son effigie, ne craint pas les réactions de ses compatriotes.
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