Spécial Elections 2007

Les Achik, un destin hors du commun

Si tous les Marocains, comme partout ailleurs, ont un incorrigible penchant pour le football, il n'en demeure pas moins que, certains ont carrément bifurqué pour se trouver «embarqués» dans une aventure dont ils ignoraient l'issue.

17 Juillet 2008 À 16:44

Tout a commencé pour deux jeunes venant du Hay Mohammadi qui, comme les jeunes de leur âge jouaient avec un ballon de chiffon, dans les ruelles du Hay. Ils n'étaient pas assez doués pour recevoir l'aval de jouer au club fanion du Hay Mohammadi, le TAS.

Pour caresser ce rêve, il fallait d'abord prouver que l'on mérite d'attirer l'attention des techniciens du TAS et à leur tête l'inoubliable Larbi Zaouli.
«Ba Arbi», avait tellement de flair pour détecter les étoiles montantes que lorsqu'il donnait son aval pour enrôler tel ou tel joueur, c'est que vraiment, il le méritait.
Bon nombre de ces jeunes étaient passés à côté de grandes carrières.

Car ils n'avaient pas convaincu le parrain du Hay, Larbi Zaouli. Seulement, ce ne fut pas le cas pour ce jeune qui, avait de la brillance dans le regard. Il avait tout ce dont un futur joueur de football avait besoin pour embrasser une carrière de footballeur. Il était petit de taille (Les meilleurs joueurs de l'histoire du football international étaient petit de taille), bien planté sur ses jambes et ne craignait pas les jeunes de son âge. Bagarreur, il ne se laissait jamais faire. Ces qualités de footballeur dur sur l'homme l'ont automatiquement destiné à être un défenseur.
Alors que l'histoire de footballeur d'avenir semble en marche pour le jeune Abdelhak (il se voyait déjà parmi les espoirs du TAS), ce dernier fit une rencontre qui transforma sa vie de bout en bout.

Il rencontra le père du noble art au Hay Mohammadi, l'inoubliable Zerouggui. Le courant passa très vite entre le vétéran et sa jeune recrue. L'adulte réussit alors à convaincre le jeune sportif d'embrasser une carrière de boxeur, car il avait un éventail de qualités qui lui permettait d'envisager une belle carrière de pugiliste de haut niveau. Il n'en fallait pas plus pour convaincre le jeune et bouillant Abdelhak.
Ce dernier s'entraîna avec acharnement et découvrit, avec stupeur, que la boxe exerçait sur lui une véritable fascination. On peut dire que les Achik et tous les boxeurs de leur temps étaient nés sous une bonne étoile.

D'abord parce qu'ils avaient du talent, un encadrement technique de grande valeur ; mais surtout un président qui vouait au noble art une véritable adoration.
Laquelle adoration lui est venue de sa pratique de la boxe à Derb Soltane. Il s'agit du défunt Haj Belyout Bouchentouf, ex-président de la Fédération royale marocaine de boxe et personnalité éminente de la boxe internationale. Il ne lésina pas sur les moyens pour faire du pugilat marocain, un des plus respectés du Continent et du monde arabe.

Puis vinrent les Jeux Méditerranéens qui vont sacrer Abdelhak Achik et toute une génération de jeunes boxeurs marocains doués. Ils vont frapper fort, très fort.
Des JM de 1983 de Casablanca, ils vont s'ouvrir, toutes grandes, les portes de qualification pour les Jeux Olympiques de Corée (Séoul 88). Sacrés sur le plan arabe, puis sur le plan africain, les JO allaient ouvrir les bras aux boxeurs marocains qui, emmenés par Abdelhak Achik, vont faire des carnages dans les rangs adverses africains, européens voire américains. Achik portés par tout un peuple va arracher le bronze, en dépit d'un arbitrage d'une scandaleuse partialité.

Puis sonna le destin du cadet des Achik, Mohamed. Ce dernier quoique lui aussi soit footballeur, ne va pas mettre du temps à suivre les traces de abdelhak.
Cette dernière toute tracée par l'aîné Abdelhak, va faciliter l'envol de Mohamed qui avait quand même des arguments «frappants» Lors des JO de Barcelone (1992), le Marocain va frapper assez fort pour arriver aux portes des demi-finales et remporter le bronze. Il va livrer un combat héroïque qui ne manquera pas d'intensité.

Comme Abdelhak, il reviendra au Maroc avec une médaille olympique.
Ce qui n'est pas donné à n'importe qui. Et depuis, nous attendons avec impatience le retour de ces moments inoubliables.
Peut-être que les JO de Chine vont redorer un blason sérieusement terni.
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Art et sport au Hay

Ce n'est pas seulement l'art qui reste prépondérant dans l'un des plus vieux quartier de la Métropole en l'occurrence le Hay Mohammadi. Le Hay n'est pas uniquement Nass El Ghiwane, ni Lemchahab, ou encore Mesnaoui, ni Aajil ou Foulane… c'est également le sport qui y prend une place importante. Le Hay c'est le TAS, c'est Larbi Zaouli, c'est Bouassa, Biouchaïb, Noumir, El Meskini, Kahlifa. C'est également les Achik et leurs poings d'acier. Ceux qui ont inscrit le nom de ce quartier en lettres d'or sur les tablettes du sport international. Puissent leurs exploits fassent des émules.
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