La consommation énergétique dans le secteur briquetier représente un sérieux problème pour les opérateurs. Et pour cause, elle représente le premier poste de dépense, soit 46% du prix de revient, ce qui est énorme.
LE MATIN
10 Juin 2008
À 16:21
Pour essayer de pallier cela, un audit énergétique a été réalisé dans neufs briqueteries ((Mex, Britatlas, Somabric, Idrissia, Slaoui,Tétouan, Mehdi, Lapaloma, Alanadalous) avec l'aide technique et financère de l'Union européenne dans le cadre de son Programme d'appui aux entreprises (PAE).
Les rapports de ces études ont été présentés par le Centre Technique des matériaux de Construction (CETEMCO) lors d'un séminaire organisé dans la chambre de commerce et d'industrie de Meknès. «Cette campagne avait pour objectif de sensibiliser le secteur briquetier à améliorer l'efficacité énergétique en maîtrisant sa consommation, vu que sa situation est devenue vulnérable suite à la hausse vertigineuse du coût du baril de pétrole», précise le dit centre. A cette occasion, Said Bouanani, directeur général du CETEMCO, a présenté un bilan des principaux points abordés dans les rapports d'audits. Selon ces résultats, 46 projets d'économie d'énergie ont été identifiés dont une moyenne de 5 à 6 par briqueterie, ce qui permettra de générer un gain de près de 16 millions de Dh par an, soit 14% de la facture énergétique annuelle de ces briqueteries. De même, la mise en place de ces projets nécessiterait un investissement totalisant environ 20 millions de Dh récupérables grâce aux économies générées sur une période de 16 mois.
Les projets identifiés se déclinent comme suit : gestion de l'énergie grâce à l'utilisation d'un système informatisé, l'automatisation des installations, mise en place d'un plan de formation et sensibilisation du personnel par rapport à la consommation d'énergie, utilisation de combustible de substitution moins cher et qui s'adapte bien à ce type d'industrie…
A souligner que l'énergie thermique, qui est largement utilisée dans ce secteur, pèse lourd dans la structure des prix de revient des briqueteries marocaines. De plus, le combustible le plus commun au Maroc est le fuel lourd n°2 non purifié qui est malheureusement le plus coûteux en terme énergétique, précise une étude. Les autres combustibles fossiles disponibles sont le charbon importé et le coke de pétrole. Notons que le grignon d'olive est un combustible de choix pour les fours Hoffmann. Quant au gaz naturel, qui est le combustible habituel dans l'industrie européenne, il n'est pas utilisé au Maroc. ----------------------------------------------
Consommation élevée
Selon les résultats d'une étude financée par des fonds de l'Union européenne, dans le cadre du Programme Meda, les consommations énergétiques réelles des lignes industrielles varient de 1.4 à 2,7 MJ/kg, ce qui est moindre qu'en Turquie (qui dispose de nombreux fours Hoffmann) et en Belgique (qui fabrique surtout des briques apparentes cuites à très haute température).
La consommation élevée d'énergie thermique dans les briqueteries marocaines trouve son origine dans l'absence de produits organiques dans le mélange de production et dans l'absence de contrôle rigoureux des consommations énergétiques, soulignent les analystes. L'énergie électrique utilisée pour faire tourner les machines et les ventilateurs, représente 10% à 13% du prix de revient. De plus, les tarifs sont toujours croissants sans parler des microcoupures au quotidien pénalisant la production et les menaces de délestage en période de forte demande sur le réseau ONE. Pour sa part, le gasoil (engins de carrières et camions pour distribution) représente entre 5 et 9% du prix de revient.