Spécial Marche verte

Le Comité émet ses observations

Le verdict est tombé ! Suite à la présentation par le Maroc à Genève le 24 janvier dernier des 3e et 4e rapports périodiques sur la mise en œuvre de la convention sur l'élimination de toutes les formes de discriminations à l'égard des femmes (CEDAW), le Comité de la CEDAW a enfin rendu publiques ses observations.

04 Février 2008 À 16:19

Le Maroc a été félicité pour les réformes juridiques qui ont été entreprises ces dernières années visant à éliminer les discriminations à l'égard des femmes. Toutefois le Comité a insisté sur les nombreux défis qui restent encore à relever. Aussi, il encourage le Maroc à intégrer le principe de l'égalité entre les femmes et les hommes dans la Constitution, de promulguer et d'appliquer une loi globale sur l'égalité des sexes qui soit contraignante à la fois pour le secteur public et le secteur privé.

Concernant le Code de la famille, le Comité déplore que les dispositions de ce dit Code ne soient pas encore bien vulgarisées et bien appliquées dans toutes les régions marocaines. Ainsi, il recommande au Maroc d'intensifier les campagnes de sensibilisation et de formation. Le Comité se dit également préoccupé par le fait que les pratiques discriminatoires traditionnelles et les attitudes stéréotypées au sujet des rôles et des responsabilités des femmes et des hommes dans la famille et la société persistent. De ce fait, il pousse le Maroc à traiter au plus vite ces problèmes en s'attaquant notamment aux modèles culturels cachés et les normes qui perpétuent la discrimination directe et indirecte.

La violence à l'égard des femmes a également attiré l'attention des experts onusiens qui ont reproché l'inexistence d'une législation spécifique et que celle envers les travailleuses domestiques ne soit pas prise en compte. Aussi, le Comité dans ses recommandations incite le Maroc à promulguer, dès que possible, une législation sur la violence contre les femmes et les filles, notamment la violence familiale, de veiller à ce que tous les actes agressifs contre les femmes, y compris le viol conjugal, constituent une infraction pénale, que les victimes aient accès à des moyens immédiats de protection et de réparation. Le taux élevé d'analphabétisme des femmes et des filles, en particulier dans les zones rurales, et le niveau élevé des taux d'abandon scolaire des filles ont également été mis en exergue. Aussi, le Comité invite le Maroc à mettre en œuvre des mesures visant à assurer l'accès des filles et des femmes à l'enseignement, et de renforcer ses efforts pour améliorer le niveau d'alphabétisation des filles et des femmes à travers l'adoption de programmes complets.

Selon les experts, il est important de sensibiliser la population à l'importance de l'éducation en tant que droits de l'homme et comme une base pour l'émancipation des femmes. «Le Maroc a fait énormément d'efforts pour instaurer le principe d'égalité hommes/femmes, et j'imagine que cela n'a pas dû être facile. Toutefois, il reste encore beaucoup de défis à relever. A travers les rapports présentés, nous avons constaté que les mentalités patriarcales n'ont pas changé, que la violence conjugale, et en particulier le viol conjugal, continuent.

Il est donc important que le Maroc essaie d'y remédier, et nous espérons que nos recommandations seront prises en compte», souligne Silvia Pimentel, experte brésilienne au Comité de la CEDAW. Actuellement, le Maroc a entrepris de nombreux chantiers pour lutter contre toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Des projets de loi contre la violence, la pédophilie, sur la protection des femmes de ménage, sur la criminalisation des employeurs d'enfants… sont en cours. Reste à définir un calendrier pour les rendre effectifs !
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Qu'est-ce que la CEDAW ?

Réglementer la non-discrimination à l'égard des femmes sur la base du principe de l'égalité des sexes, tel est l'objectif principal de la CEDAW, adoptée en 1979 par l'ONU. La convention souligne que la discrimination contre les femmes «viole les principes de l'égalité des droits et du respect de la dignité humaine».

Elle réaffirme donc le principe de l'égalité en demandant aux Etats membres de prendre «toutes les mesures appropriées, y compris des mesures législatives, pour assurer le plein épanouissement et le progrès des femmes en vue de leur garantir l'exercice et la jouissance des droits de l'homme et des libertés fondamentales sur la base de l'égalité avec les hommes» (art. 3). A ce jour, 185 Etats ont ratifié la Convention. Cependant la mise en œuvre effective de l'égalité des droits dans les Etats-parties à la CEDAW est encore loin d'être universellement acquise.
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