L'humain au centre de l'action future

«Je ne compte pas sur mon physique pour me lancer professionnellement»

Nous l'avons connue grâce à son rôle de Bond Girl dans «Casino Royale». Elle a déjà joué dans des films français comme «L'Enquête corse», «Trois amis pour la vie» ou encore aux côtés de Jean Dujardin dans «L'amour aux trousses»… mais c'est dans son pays natal qu'elle cartonne actuellement.

26 Novembre 2008 À 13:16

Caterina Murino a été membre du jury de cette huitième édition du FIFM. La vedette du tapis rouge marocain nous parle de sa carrière, de ses projets et de ses rêves.

LE MATIN : D'une concurrente pour Miss Italy, vous êtes aujourd'hui une star mondiale, est-ce un hasard ?

Caterina Murino :
C'est absolument un hasard. Mais il faut dire que j'ai bien évidemment travaillé en faisant du théâtre. Pour être actrice, j'ai dû souffrir chaque jour pour bien maîtriser mes rôles et ce qu'ils me demandent, je devais bien jouer les personnages que j'incarne. Chaque rôle demande un effort particulier.

Du podium au petit écran en passant par les planches du théâtre, vous êtes aujourd'hui une actrice de cinéma. Vous avez tout fait mais quel est le genre pour lequel votre coeur penche le plus ?

Le théâtre. Cela fait exactement huit ans que j'ai commencé ma carrière de théâtre, c'est un genre que j'aime beaucoup. Même maintenant, j'arrête parfois le cinéma pour revenir de temps à autre sur les planches. J'ai besoin de me nourrir de cet art à chaque fois.

Vous avez commencé votre carrière en France, puis dans le monde. Aujourd'hui, vous êtes de retour en Italie où vous êtes très sollicitée. Ce n'est pas logique comme parcours. Qu'est-ce que vous en pensez ?

Oui, on peut dire que c'est drôle et douloureux en même temps. Ce qui est bizarre, c'est que j'ai fait énormément de casting en Italie mais j'ai reçu seulement des rôles pour la télévision. J'étais à ma troisième année de télé chez moi puis j'ai réussi à décrocher un rôle dans le cinéma, dans un film français. C'est un cinéma populaire qui m'a donné la chance de vivre en France et de me faire connaître dans ce pays. Ensuite, au bout de quelques films, je suis devenue célèbre en Italie aussi.

Comment faites-vous pour gérer votre carrière ?

Je pense que c'est très difficile de calculer …avec mes quatre agents dans le monde, on ne se demande jamais ce qu'on va faire de ma carrière. Je suis quelqu'un qui a beaucoup de chance. Etre choisi parmi plein de belles femmes du monde pour jouer dans « Casino Royale » est surtout un coup de chance. En général, j'accepte mes projets selon mon affinité avec les scénarios présentés. Des projets arrivent, d'autres repartent, je ne suis pas en train d'envisager une carrière internationale ou une en France ou en Italie…

Croyez-vous que vous auriez pu être aussi célèbre sans le rôle de Bond Girl dans « Casino Royale » ?

En France, les gens m'arrêtent surtout pour « l'enquête corse » et « les bronzés » mais si je suis connue dans le reste du monde, c'est bien sûr grâce à mon rôle dans «Casino Royale». Ce film est un grand cadeau du ciel. Pour atteindre une célébrité mondiale, il faut beaucoup de travail et beaucoup de temps. Moi, grâce à « Casino Royale », j'ai pu me faire connaître rapidement. Le film est un petit bijou qui m'a apporté un énorme trésor.

A quel point le physique compte-t-il dans la carrière cinématographique d'une femme ?

C'est extrêmement important mais on a toujours des préjugés par rapport à cela. On dit souvent « elle est très belle mais est-ce qu'elle est bonne à jouer ?» Il y a encore ce cliché de Bond Girl qui laisse croire que je ne suis pas capable de jouer. Quelque fois, c'est important et d'autres, on est indifférent au physique. Ce qui est sûr, c'est que je ne suis pas une personne qui va compter sur son physique pour se lancer professionnellement. Déjà, que je ne resterai pas comme ça pendant toute ma vie, heureusement et malheureusement. Et donc, je suis une actrice qui joue des rôles de femmes réelles sans être esthétiquement parfaites parce que les femmes réelles ne sont pas comme ça.

Quel est le rôle que vous rêvez d'incarner ?

Au cinéma, je n'ai pas un rôle précis mais au théâtre, j'aimerais bien incarner Salomé d'Oscar Wild. Je connais le texte et j'aimerais bien me glisser dans la peau de cette dame.

Il y a un rôle humanitaire important que vous jouez dans la vraie vie en Afrique et dont on ne parle pas beaucoup, voulez-vous nous en dire plus ?

En fait, je suis porte-parole de l'AMREF, une association mondiale de santé qui travaille surtout en Afrique subsaharienne. En effet, je mène beaucoup d'actions humanitaires surtout au Kenya. Nous réalisons de très belles choses là-bas. Mon travail est d'être la porte parole de l'association dans le monde et de trouver des financements pour les projets.
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