Le poids des factures alimentaire et énergétique
Subissant de plein fouet les effets pervers de l'envolée frénétique des prix des matières premières sur le marché mondial, les importations se situent désormais dans une phase conjoncturelle ascendante depuis le début de l'année 2007.
LE MATIN
05 Août 2008
À 18:35
Les acquisitions de produits alimentaires continuent sur leur lancée (+50,5% en variation annuelle) pour la deuxième année consécutive, grevant fortement la balance commerciale. Les importations de céréales (blé, orge et maïs) ont doublé en un an. Cette situation est le résultat du renchérissement des cours du blé et du maïs sur le marché mondial d'une part et, dans une moindre mesure, des quantités importées d'autre part, en liaison avec la baisse de l'offre locale. Le volume importé de ces denrées reste, en effet, chaque année, tributaire des résultats de la campagne agricole. Au cours du premier semestre de cette année, le Maroc a importé quelque 1,9 million de tonnes de blé pour 6,5 MMDH, une facture qui a plus que doublé par rapport au niveau enregistré une année auparavant (2,64 MMDH), selon l'Office des changes. Cette progression s'explique essentiellement par la flambée des cours sur les marchés internationaux, dans la mesure où le tonnage importé n'a progressé que de 49,4%.
Le prix moyen de la tonne importée de blé a atteint, à fin juin dernier, 3.393 DH contre 2.062 DH une année auparavant, relève-t-on dans les indicateurs mensuels des échanges extérieurs du Maroc, publiés par l'Office. Les importations du blé sont réparties entre le blé tendre (1,63 million de tonnes, pour 5,35 MMDH) et le blé dur (278.300 tonnes pour 1,14 MMDH), précise l'Office, ajoutant que la France est le premier fournisseur du Maroc en blé avec 708.000 tonnes, suivie du Canada (278.400 tonnes), de l'Argentine (226.100 tonnes), des Etats-Unis (121.200 tonnes), de la Suède (107.800 tonnes) et du Brésil (106.000 tonnes).
L'Office précise, par ailleurs, que les acquisitions du maïs ont atteint, au terme des six premiers mois de l'année en cours, quelque 1,97 MMDH, s'inscrivant ainsi en hausse de 27% par rapport à la période correspondante de 2007.
Le tonnage, pour sa part, a reculé de 1,1% pour se stabiliser à 824.100 tonnes au lieu de 833.600 tonnes. Suite à cette évolution, les acquisitions de produits alimentaires en général ont progressé de 43,7% passant de 11 MMDH à fin juin 2007 à 15,86 MMDH une année après. Leur part dans le total des importations nationales s'est située à 10,2% contre 9,1%. Idem pour les achats des produits énergétiques qui continuent de doper les importations. De plus en plus, on constate que le profil conjoncturel des produits énergétiques se caractérise par une pente autrement plus ascendante depuis le début de l'année 2007. Selon l'Office des changes, pour les six premiers mois, les importations de pétrole brut ont atteint quelque 16,25 MMDH, enregistrant ainsi une hausse de 43,1% par rapport à la période correspondante de 2007, pour un volume en baisse de 6,2%, indique la même source.
Le Maroc a importé, durant la période janvier-juin 2008, quelque 2,85 millions de tonnes de pétrole brut, contre un peu plus de 3 millions de tonnes une année auparavant, précise l'Office qui vient de publier les indicateurs mensuels des échanges extérieurs du Maroc. L'accroissement de la facture pétrolière s'explique essentiellement par le renchérissement des cours du pétrole sur le marché international. Le prix moyen de la tonne importée s'est apprécié de 52,6%, passant de 3.726 DH/T à 5.686 DH/T, entre les deux périodes. En outre, les acquisitions du "gas-oils et fuel-oils" et du "gaz de pétrole et autres hydrocarbures" ont progressé respectivement de 86,4% et 36%, souligne l'Office des changes, qui précise que suite à cette évolution, les importations des produits énergétiques en général ont augmenté de 48,4% pour atteindre 32,67 MMDH, à fin juin dernier, contre 22 MMDH une année auparavant. Les produits énergétiques se hissent au 3e rang parmi les groupes de produits à l'import, avec 21,1% du total des importations nationales contre 18,2% à fin juin 2007.
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Tassement des exportations
Sur l'ensemble de l'année 2008, les exportations souffriraient du tassement de la demande de nos principaux partenaires commerciaux, mais bénéficieraient de l'effet de l'appréciation de l'euro par rapport au dollar sur les marchés de change pour les mois à venir, ce qui jouerait en faveur de la compétitivité-prix de nos exportations à destination de la zone euro d'une part, et allégerait nos importations de produits bruts d'autre part. Ainsi, la tendance baissière qu'avaient affichée les expéditions des produits alimentaires depuis la mi-2007 s'est traduite par un repli de 6,3% à fin mai 2008, modelée par le mouvement de repli des agrumes, des fruits et légumes frais et en conserve.
Cette baisse s'explique par le phénomène d'alternance végétative que connaissent les arbres fruitiers, le déficit hydrique, le problème de calibrage de certaines variétés, associés à la concurrence de plus en plus grande de l'Egypte et de la Turquie. Les ventes extérieures des produits de la mer (crustacés, mollusques et coquillages et poissons en conserve particulièrement) n'ont pu que relativement contrebalancer l'évolution négative des autres produits, bénéficiant principalement de la consolidation des prix à l'export.