Spécial Elections 2007

Festival offensif du Raja

José Romao était tout sourire au terme de cette rencontre, son visage rayonnait. Dans les vestiaires, les joueurs se congratulaient et se chambraient.

30 Octobre 2008 À 17:30

Le capitaine Abdellatif Jrindou, très entouré, cachait difficilement sa satisfaction : «Je pense que nous avons fait l'essentiel et que nous pouvions bien plus, affirme-t-il. Nous avons entamé cette rencontre dans les meilleures conditions et je pense que tous les joueurs savaient que la responsabilité était lourde et qu'il fallait donner le meilleur de soi pour une victoire. Nous avons marqué quatre buts. Je pense que c'est une marge suffisante pour le match retour, mais nous devons faire preuve de prudence, un match n'est jamais gagné avant le coup de sifflet final».

Il est vrai que ces derniers temps, le Raja rayonne et fait plaisir à ces milliers de supporters qui sont encore venus en grand nombre pour cette rencontre. Ils ont donné de la voix pendant les 90 minutes de jeu et sont repartis satisfaits de cet exploit qui assure à leur club une place au prochain tour. La dernière victoire en championnat face à l'IZK à Khémisset a été un détonateur après le carton de la JSM. Les joueurs et surtout José Romao ont poussé un ouf de soulagement après un début laborieux dans la compétition. Le 4-4-2 qui s'est transformé, au fil des minutes, en 4-3-3, mis en place par le technicien portugais a donné ses fruits et a imprimé un certain rythme à la partie.

Les Syriens n'ont pratiquement pas eu d'espace dans les compartiments de jeu. Dans l'entrejeu, les Marocains faisaient circuler le ballon sur toute la largeur du terrain en essuie-glace, ce qui éreinta leurs adversaires. Une tactique suivie par des contres fulgurants qui ont déstabilisé la défense syrienne. Et il est clair sans l'excès de précipitation, le Raja aurait enregistré un score plus large bien avant la pause. D'ailleurs, Tayaa a donné le ton après tout juste deux minutes de jeu, une «bicyclette» ratée et un tir dévié par un défenseur. Les visiteurs, cantonnés en défense, n'arrivaient pas à inquiéter une défense prudente orchestrée par Abdellatif Jrindou qui s'est permis quelques excursions dans le périmètre adverse et qui a même failli tromper le gardien Nacer Ahmadi d'une reprise de la tête.

Au quart d'heure de jeu, les Rajaouis ont pris un avantage numérique après l'expulsion du défenseur central Khalid Baba, suite à deux cartons. Mais la machine rajaouie avait de plus en plus de peine à mettre le ballon dans la cage d'un gardien de but très vigilant et qui arrêta toutes les balles aériennes. Il a fallu attendre la 21e minute de jeu pour voir enfin Tayaa ouvrir la marque, suite à un joli tir. On pensait que cette réalisation allait redonner des ailes aux attaquants marocains, mais on a eu droit à quelques maladresses et à des passes à l'adversaire, ce qui irrita quelque peu les supporters. José Romao avait fait rentrer Omar Nejjari, ce qui donna plus de rigueur dans l'entrejeu. Le vétéran se démena dans ce compartiment avec Fettah, Mettouali et Mesloub. Mais au moment de la dernière passe, la machine calait. Les centres étaient facilement repoussés, ou mal cadrés, les tirs butaient sur des défenseurs, certes aux abois, mais qui résistaient.

Bref, il y a eu toute une panoplie de maladresses et de lenteurs dans les actions que d'aucuns se sont dit que le Raja se suffirait de ce seul avantage. Mais dans le temps mort de la première période, Nejdi bénéficie d'un penalty que transforme Metouali. A 2-0, le retour des vestiaires s'annonçait favorable pour les Aigles Verts. Mais les Syriens ont bien essayé de faire bouger les choses en montant un peu plus vers le camp adverse avec leurs attaquants Ahmed Oumair, Ziad Bichr et El Abdi, mais Zerouali, Oulhaj et Azouar, entourant le valeureux Jrindou, veillaient au grain. L'absence de motivation était criarde chez les hommes de Anouar Abdelkader qui ont pratiquement baissé les bras et qui n'ont essayé que de limiter les dégâts, mais le pire allait venir. Le festival offensif des Bidaouis allait continuer.

A la 63e minute, Omar Nejjari qui a épaté la galerie par ses gestes techniques, a offert, d'une passe lumineuse, un ballon en or à Tayaa qui ajouta un 3e but.
La cause était entendue et plus rien ne pouvait arrêter l'appétit des attaquants rajaouis qui ont retrouvé leur punch et leur audace. Moins de 10 minutes après la 3e réalisation, le Raja a bénéficié d'un autre penalty transformé par Nejdi. Attaliaa était abattu. Le gardien Ahmadi était dépité et ne pouvait que constater les dégâts. Le Raja a retrouvé toutes ses sensations et s'est amusé en fin de partie à narguer les Syriens, les obligeant à courir derrière le ballon. C'est par ce spectacle qu'a pris fin cette rencontre.
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Palmarès

La Ligue des champions arabes, connue aussi sous le nom de ACL, est une compétition annuelle de football organisée par l'Union arabe de football (UAFA) et opposant les meilleurs clubs des championnats arabes.
De 1982 à 2001, elle portait le nom de Coupe arabe des clubs champions, puis le nom de Tournoi du Prince Faysal bin Fahad en 2003, enfin et depuis 2004 elle porte le nom de Ligue des champions arabes. Au niveau du palmarès, ce sont les clubs saoudiens qui ont remporté le plus de titres, avec 8 victoires, suivis de la Tunisie et de l'Irak avec 4 victoires.

Au Maroc, seuls le Raja et le Wydad figurent au palmarès de cette Ligue avec 1 victoire chacun, respectivement en 2006 et en 1989.
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