Spécial Elections 2007

Une demi-finale de choc

A gauche, le chétif Lionel Messi, intenable attaquant du FC Barcelone. A droite, le musculeux Cristiano Ronaldo, machine à buts de Manchester United : avec ces deux joueurs, la demi-finale aller de C1 entre les deux clubs promet de faire des étincelles, mercredi au Camp Nou.

22 Avril 2008 À 16:00

Le génial Brésilien Kakà, 26 ans mardi, a été l'incontestable Ballon d'Or 2007, meilleur buteur et vainqueur de la Ligue des champions avec l'AC Milan.
Mais l'international portugais Cristiano Ronaldo, de trois ans son cadet, et l'international argentin Lionel Messi, 20 printemps, respectivement 2e et 3e du classement du Ballon d'Or, sont de sérieux candidats pour 2008. Avantage toutefois à Cristiano Ronaldo, bien parti pour remporter le titre de champion en Angleterre avec MU et qui a l'opportunité de briller avec le Portugal à l'Euro en juin.
Messi et Cristiano Ronaldo sont de faux ailiers et repiquent volontiers dans l'axe de l'attaque. Ils marquent beaucoup, énormément même dans le cas de Cristiano Ronaldo: 28 buts en 35 journées de Championnat d'Angleterre et 7 réalisations en 8 rencontres de Ligue des Champions, soit une de plus que...Messi. L'Argentin était également le meilleur buteur de la Liga (pichichi) après les 10 premières journées (7 buts) avant de connaître quelques pépins physiques.

Il est le 2e meilleur buteur du club en Liga (9 buts) derrière le Camerounais Samuel Eto'o (14). Ronaldo et Messi ont probablement marqué deux des buts les plus sensationnels des années 2000: le premier sur coup franc, le second dans le plus pur style «maradonesque». Le 30 janvier 2008 au stade Old Trafford de Manchester, à la 12e minute de jeu, le N.7 des «Red Devils» envoie un missile dans la lucarne gauche de David James, le gardien de but de Portsmouth. Légèrement brossé de l'extérieur du pied droit, le ballon passe au-dessus du mur avec une trajectoire hallucinante. Le 18 avril 2007 au Camp Nou de Barcelone, à la 29e minute de jeu contre Getafe, en demi-finale aller de la Coupe d'Espagne, Messi part de son camp balle au pied, élimine six adversaires et va marquer: la copie presque conforme du but d'anthologie de Diego Maradona en quart de finale de la Coupe du monde 1986 contre l'Angleterre.

Une différence de taille : la condition physique Cristiano Ronaldo, belle gueule, bien bâti (1,84 m, 75 kg), a été relativement épargnée par les blessures cette saison (31 matches joués en Championnat et 8 en C1), ses rares absences étant dues à des choix de son entraîneur, Sir Alex Ferguson, comme lors du quart de finale retour face à l'AS Rome, où il avait pris place sur le banc pour souffler, après la victoire des «Red Devils» en Italie (2-0, dont un but de la tête de... Ronaldo).
Le petit Argentin, affectueusement baptisé la «puce» pour son petit gabarit (1,69 m), a lui été victime de deux déchirures à la cuisse droite cette saison.

Il a manqué au total trois mois de compétition et n'a rejoué que quelques minutes à Huelva (2-2) et la seconde période contre l'Espanyol samedi (0-0) depuis son dernier retour de blessure. Soulignons, par ailleurs, que l'attaquant français du Barça, Thierry Henry, absent des deux derniers matches du club catalan en Liga, ne s'est pas entraîné lundi. Il est incertain pour cette demi-finale aller de la Ligue des champions contre Manchester United.
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Ferguson se rappelle

Passé et présent. Sir Alex Ferguson a de la mémoire. En 1994-95 (en poules de C1), «le Barça avait fait l'éducation européenne» de Manchester : «Nous avions fait match nul à Old Trafford (2-2) avant de perdre 4 à 0 au Nou Camp». C'était une autre époque « où seuls trois étrangers pouvaient jouer», s'est rappelé, avec malice, le technicien écossais. Aujourd'hui, l'Europe du football parle anglais et il revient à Barcelone de défendre l'honneur du Vieux continent. Mais le Barça n'est plus favori. Pire, l'ambiance est toujours aussi confuse dans le club catalan. Le départ du serial fêtard Ronaldinho n'a pas calmé les rumeurs.

A peine arrivé, Henry, qui ne joue pas à son poste de prédilection (incertain pour mercredi), est déjà donné sur le départ par les gazettes, en dépit des démentis de ses dirigeants. Eto'o, lui, a haussé le ton dimanche : « Si l'année qui vient ressemble à celle-là... moi ce que je veux c'est gagner des titres, et si je ne peux pas le faire ici, ce sera dans un autre club». Explosion garantie si les Mancuniens font la loi au Nou Camp...
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