Une semaine dédiée à la brique en terre cuite
Le Centre des techniques et matériaux de construction fait le tour des filières. Après le marbre, c'est au tour de l'industrie de la brique en terre cuite d'être à l'honneur. Le centre organise du 26 au 30 mai une semaine dédiée à ce secteur.
LE MATIN
27 Mai 2008
À 16:02
Cette manifestation entre dans le cadre de la mission d'appui technique du Cetemco aux entreprises du secteur industriel des matériaux de construction grâce au soutien financier de l'Union européenne.
Durant ces 5 jours, deux experts sont mobilisés, en l'occurrence Marcel Vouillemet, expert technologue et Hamadi Sayah, expert international en maîtrise de l'énergie dans les briqueteries. Figurent au programme, des visites d'unités de production pour des pré-diagnostics, ainsi que des entretiens personnalisés avec les industriels et les experts internationaux accompagnés des ingénieurs du centre.
Un séminaire sur la maîtrise de l'énergie dans le secteur briquetier est également prévu lors de cette semaine, le 30 mai 2008 à la Chambre de commerce et d'industrie de Meknès, suite à la campagne d'audit énergétique réalisée dans neuf briqueteries nationales.
«En organisant cette semaine, le Cetemco a pour objectif de consolider sa vocation d'accompagner les intervenants du secteur briquetier en particulier et le secteur des matériaux de construction en général dans leur plan de développement et de modernisation», précise le centre dans un communiqué.
A noter que le marché de la brique est appelé à se développer du fait du boom du secteur de l'immobilier dont le potentiel est très grand. Il y a lieu de citer la forte demande potentielle de construction pour combler le déficit estimé à 1,2 million de logements, centrée sur le logement social, toujours alimenté par l'exode rural, le programme ambitieux d'habitat social (150.000 logements par an prévus en 2009), la réalisation de nouvelles cités balnéaires (Plan Azur), les programmes hôteliers surtout à Marrakech, ainsi que la forte croissance effective du bâtiment (6,5 % par an).
C'est ce qui ressort d'une étude d'analyse du potentiel de la branche industrielle « briques et tuiles en terre cuite » au Maroc, financée par l'Union européenne dans le cadre du programme Meda et réalisée conjointement par le ministère de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies, l'Agence nationale pour la promotion de la petite et moyenne entreprise (ANPME), la Fédération de l'industrie des matériaux de construction (FMC) et l'Association professionnelle des briquetiers (APB).
Cependant, le secteur souffre d'un bon nombre d'insuffisances. D'une part, le taux de pénétration de la brique dans les murs et cloisons est estimé à environ 40%. Ce taux comparé à celui des produits en béton laisse penser qu'il est un peu faible et que la pénétration serait sans doute un peu plus élevée et proche de 50%, précise l'étude.
Et pour cause, certaines régions ne connaissent aucunement l'usage des briques en terre cuite, notamment le sud du Maroc, tandis que dans d'autres régions, comme le Nord, tous les murs sont en briques et les chantiers de construction sont colorés en rouge. A titre d'exemple, les régions comme Tanger et Tétouan connaissent une auto-suffisance en consommation/ production (faibles importations et exportations vers d'autres régions).
Signalons au passage que les plus grandes briqueteries sont situées dans les villes de Sidi Kacem, Berrechid, Salé, Oujda et Meknès. De grandes unités de production à Tanger (10 briqueteries), Tétouan (18) et Nador (20) existent également. La production est ainsi concentrée dans le Nord et le Centre du pays, les chantiers de construction sont ainsi rouges au Nord et plutôt gris dans le sud du Maroc. Le chiffre d'affaires total déclaré de la branche lors de l'enquête industrielle 2003 est de 712 millions de DH. Quant à la production totale, elle est estimée à 2.637.000 tonnes.
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Faible consommation
La nature même du produit handicape son exportation ou sa vente dans d'autres régions. «La brique est un produit pondéreux à faible valeur ajoutée, elle ne peut habituellement voyager que sur des distances réduites, généralement inférieures à 200 km», précise l'enquête.
La brique produite est donc utilisée dans la construction locale. Du coup, les marchés de briques sont régionaux et non nationaux. «Comme il n'y a pas d'exportation ni de possibilité significative de stockage, la production marocaine est donc égale à la consommation. La consommation spécifique moyenne marocaine de briques serait donc de 116kg/m2», est-il souligné.
Ce volume place le Maroc devant la France (avec 76 kg) et loin derrière les pays du Maghreb (Tunisie avec 430 kg et Algérie avec 400 kg) et même l'Espagne (360 kg) et l'Allemagne (290 kg). Il reste néanmoins en meilleure position pour ce qui est du taux de pénétration, il est placé avant la France, au niveau de l'Allemagne, mais loin derrière l'Espagne et la Tunisie.