Naissance de SAR Lalla Khadija

1 MDH pour la rénovation des abattoirs

Plus de 1 million de DH est le montant réservé par le Conseil municipal de Mohammedia pour la rénovation de l'abattoir.

11 Janvier 2008 À 18:09

Ce projet, qui a commencé au début du mois de décembre dernier, concerne les trois chambres frigorifiques, le carrelage, le système d'abattage ainsi que le renforcement des moyens matériels et techniques du site. «La réhabilitation de l'abattoir est devenue une nécessité afin de répondre aux normes d'hygiène et de santé requises ainsi qu'aux attentes des employés», indique un agent communal. En effet, ces travaux visent à réduire certaines lacunes et assurer une meilleure hygiène ainsi que des bonnes conditions de travail.

Dans ce cadre, le chantier comprend le réaménagement des salles d'abattage "bovins-ovins”, celles de la triperie, de la stabulation, de l'habillage et de l'évisiration ainsi que les halles de l'abattoir.

Par ailleurs, cinq points d'eau ont été mis en place pour assurer le nettoyage du sol. «Les points d'eau nous permettraient de nettoyer le sol avec des détergents pour enlever toute trace de crasse», indiquent certains bouchers de la place.
Outre ces rénovations, le problème du transport de la viande sera également résolu. «La viande sera désormais transportée via de nouveaux camions isothermes dotés de crochets de suspension», explique un responsable des abattoirs. Cependant, l'acheminement de la viande reste difficile dans certains points, notamment au niveau de la «Joutia» où les conditions d'hygiène ne respectent pas les normes.

Des efforts de mise à niveau sont ainsi nécessaires au niveau des souks de Benyakhlef et Sidi Moussa Ben Ali qui souffrent de problèmes sanitaires et d'hygiène favorisant l'abattage clandestin. Autre souci: les poulets vendus dans les souks de Mohammedia sont généralement abattus dans les locaux des marchands de volailles sans le moindre respect des normes d'hygiène. Sur place, les plumes et les viscères pleins de sang sont éparpillés partout.
Les outils utilisés pour l'abattage ne sont pas lavés ni désinfectés. Le danger pour la santé du consommateur est donc partout.

Aucun contrôle sanitaire n'est respecté alors que la consommation des poulets abattus clandestinement peut causer des intoxications alimentaires d'origine bactérienne telles que les contaminations des carcasses par les salmonelles, les staphylocoques, les «esherichia coli entèropathogènes» et le «campylobacter».
Sur un autre registre, il est à signaler que les responsables de cette cure de jouvence ont omis la réhabilitation de l'incinérateur qui ne fonctionne plus depuis plusieurs mois.

En effet, plus de 3 tonnes d'abats impropres à la consommation, saisies en 2006, ont été brûlées à l'essence puis acheminées vers la décharge publique de Mesbahiat. Même constat pour les abats de l'année 2007. Il faut dire que le problème de l'incinérateur engendre plusieurs problèmes environnementaux et de santé au niveau de la ville des fleurs, d'autant plus que les abattoirs sont situés sur le Bd Hassan II, l'une des plus belles artères de la cité balnéaire et à proximité d'une zone résidentielle.
Selon certains professionnels, l'unique alternative résiderait dans le transfert de l'abattoir vers un autre emplacement plus adapté et loin des habitants.
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Cadre juridique

La charte sanitaire représente un cadre juridique qui devrait aboutir à l'interdiction de l'abattage clandestin. L'une des plus grandes mesures introduites par cette charte est la distanciation des fermes d'élevage les unes des autres d'au moins un kilomètre pour éviter la propagation de certaines maladies comme les salmonelles pouvant se transmettre de l'animal à l'Homme. Elle interdit également le transport des volailles dans des caisses en bois qui ne peuvent pas être lavées ni désinfectées. Dorénavant, les volailles doivent être transportées dans des caisses en plastique lavables.

La charte exige également un certain nombre de normes dans les "bâtiments de l'élevage". Cette loi est destinée à mieux professionnaliser le secteur. Aux Etats-Unis, au Canada ou en Europe, les professionnels avicoles ont une carte d'éleveurs parce qu'ils sont de véritables professionnels. Au Maroc, des gens peuvent s'improviser spéculateurs en fonction de la situation du marché.
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