Le sénateur John McCain a remporté mardi l'investiture du parti républicain pour la présidentielle de novembre, tandis que chez les démocrates Barack Obama et Hillary Clinton étaient dans des scrutins trop serrés au Texas et dans l'Ohio pour qu'un vainqueur soit désigné.
AFP
05 Mars 2008
À 17:36
La victoire de M. McCain au Texas (sud), à la suite de sa réussite dans le Vermont (nord-est) et dans l'Ohio (nord), lui a permis d'éliminer son dernier candidat encore en lice, Mike Huckabee. Il a obtenu plus des 1.191 délégués du parti républicain nécessaires pour s'assurer l'investiture. M. Huckabee lui a immédiatement adressé ses félicitations et s'est engagé "à faire tout ce qui est possible pour unifier notre parti mais par dessus tout pour unifier notre pays, afin d'être le meilleur pays possible, non seulement par nous mêmes mais aussi pour les générations futures". Un entretien entre M. McCain et le président républicain sortant George W. Bus était prévu mercredi à la mi-journée.
Quelque 200 partisans de M. McCain rassemblés dans un hôtel de Dallas (Texas) avaient poussé des cris de joie à l'annonce de la victoire de leur champion. Le président du parti démocrate Howard Dean a immédiatement attaqué John McCain, soulignant qu'il "promet 100 ans en Irak et plus de budgets à la Bush qui écrasent de dette nos enfants et nuisent à l'économie".
Dans le camp démocrate, M. Obama a remporté la primaire du Vermont (nord-est), et Hillary Clinton celle de Rhode Island (nord-est). En revanche, les scrutins étaient trop serrés au Texas et en Ohio, deux grands Etats bien plus lourds d'enjeu, pour que les médias se hasardent à désigner un vainqueur entre lui et Hillary Clinton. Mme Clinton s'était montré "très optimiste" toute la journée sur ses chances de rebondir grâce à ces Etats. "Nous allons avoir des résultats vraiment bons au Texas et en Ohio, je suis très optimiste", avait-elle assuré.
De nombreux commentateurs estimaient que de nouvelles défaites de Mme Clinton dans ces deux Etats pourraient mettre un coup d'arrêt à sa quête de l'investiture démocrate pour la présidentielle. L'équipe de campagne de Mme Clinton a dénoncé en soirée les agissements "véritablement scandaleux" et "antidémocratiques" de certains militants pro-Obama, accusés d'avoir dévoyé le processus des assemblées d'électeurs (caucus) qui devaient avoir lieu après la fermeture des bureaux de vote.
Un porte-parole de M. Obama a vu dans ces accusations une "tentative transparente et risible de détourner l'attention", tandis que selon l'antenne locale du parti démocrate, des incidents avaient été signalés par les deux camps dans la journée. En Ohio, les non diplômés préféraient Mme Clinton (56% contre 43), selon CNN, tout comme les foyers syndiqués selon la chaîne de télévision Fox (51% contre 48%).
Selon Fox, une majorité (52%) au Texas comme en Ohio voyait en M. Obama le meilleur candidat démocrate contre M. McCain, mais Mme Clinton était créditée d'un programme plus clair et détaillé (67% en Ohio, 66% au Texas). L'économie s'affichait une nouvelle fois le principal sujet de préoccupation des électeurs (61% en Ohio, 48% au Texas), selon la télévision MSNBC. Le site RealClearPolitics créditait M. Obama de 1.392 délégués mardi, contre 1.279 pour Mme Clinton, loin du seuil de 2.025 permettant de s'assurer de l'investiture. Après les primaires de mardi, servant à désigner à la proportionnelle 193 délégués au Texas, 141 en Ohio, 21 au Rhode Island et 15 au Vermont, il restera 611 délégués à désigner lors d'une douzaine d'élections, la principale étant prévue le 22 avril en Pennsylvanie (est, 158 délégués). -----------------------------------
Irrégularités
L'équipe de campagne de Hillary Clinton a accusé mardi soir des partisans de son rival pour l'investiture démocrate à la présidentielle américaine Barack Obama de se livrer à des manoeuvres "scandaleuses" et "non démocratiques" lors des primaires du Texas (sud).
"Ce qui se passe ce soir est tout simplement, véritablement un scandale", a déclaré le responsable de la campagne de Mme Clinton au Texas, Ace Smith, durant une téléconférence. Un porte-parole de M. Obama, Bill Burton, a rétorqué que ces accusations représentaient "une tentative transparente et risible de détourner l'attention des résultats (..)", dans un courriel à l'AFP.