La société «Atelier Teuli» a remporté l'appel d'offres pour la réalisation des panneaux d'adressage dans les rues de la métropole. Ladite société devra procéder bientôt au dépôt des signalisations et plaques portant les noms des ruelles casablancaises.
LE MATIN
04 Septembre 2008
À 14:46
«Effectivement, nous allons commencer dans quelques jours la mise en place des panneaux de rues au niveau de Casablanca», nous a confirmé un responsable d'''Atelier Teuli''. Au total, ce sont 33.000 panneaux et 400 signalisations qui seront placés pour combler le manque d'organisation et améliorer le référentiel régional des adresses. Les nouvelles plaques seront réalisées en 5 caractères qui sont le numéro du local, type de la voie, nom de la voie, le lieu-dit et le code communal. Ce dernier est l'interface et le référentiel commun entre tous les acteurs de la ville. Il permet d'accéder de manière précise à la zone de localisation de l'adresse et de son repérage sur une carte.
La ville se verra ainsi attribuer un nom à chaque rue qui sera affiché à l'angle et un numéro à chaque porte pour rendre beaucoup plus facile l'orientation. Il est à signaler que la ville de Casablanca souffre de l'existence d'un grand nombre de voies sans nom, de la multiplication des doublons et des ruelles avec un nom européen et un autre arabe.
A titre d'exemple, seulement 172 rues au niveau d'Aïn Chock portent un nom, alors que 654 autres sont sans dénomination. Même constat à Hay Hassani où 274 ruelles portent un nom, 773 autres sont numérotées et 562 sont sans aucune appellation. L'arrondissement d'Anfa est le seul à disposer d'un véritable référentiel d'adresses même s'il accuse l'absence de 7.000 plaques et compte 101 rues sans nom parmi 479.
Il faut dire que c'est généralement grâce à un jeu d'orientation que les Casablancais se repèrent dans leur ville. Les visiteurs de la métropole ont aussi du mal à s'orienter au sein des rues sans nom. Le manque d'organisation entraîne également une perte de 30% du courrier qui n'arrive pas à sa destination en raison, entre autres, de l'existence de 2.768 rues sans nom au niveau de Casablanca.
A cause de ces problèmes, la commune urbaine a réalisé une étude d'adressage et de jalonnement. Cette dernière préconise une série de mesures, notamment, la mise en place d'une procédure administrative de dénomination des voies, la révision des noms des quartiers, de lieux-dits et la création au niveau de la commune d'une cellule de supervision qui doit travailler avec les arrondissements et les divisions. Elle prône également l'équipement des arrondissements en moyens de collecte des données (GPS), l'acquisition des images satellites à haute précision, deux fois par an, afin de mettre à jour la carte et la compléter par des enquêtes de terrain par arrondissement, la création d'une carte avec une base de données des voies et des bâtiments remarquables ainsi que la délimitation des arrondissements.
Enfin, l'étude recommande la numérotation des arrondissements de 1 à 16 en attribuant le numéro 1 à l'arrondissement de Sidi-Belyout qui se situe au centre-ville. Ce système une fois appliqué pourrait permettre aux visiteurs de la ville et aux Casablancais de localiser facilement une rue, un boulevard ou une entreprise. -----------------------------------------
étude de "Geomatic''
L'étude d'adressage et de jalonnement de la commune urbaine de Casablanca, réalisée par la société ‘'Geomatic'', révèle que le jalonnement de la ville est hasardeux suite à l'absence totale d'un standard signalétique reconnu par les normes internationales.
En effet, les positions des indications ont une répartition non structurée et les affiches d'annonceurs publicitaires ou le ‘'jalonnement des particuliers'' compliquent celui officiel de la ville. Une telle situation conduit à des difficultés dans la distribution du courrier et des colis.
Ce désordre rend également difficile le géocodage des données localisées à l'adresse, c'est-à-dire leur présentation sur une carte, condition préalable à la réalisation des analyses spatiales. L'étude a aussi révélé qu'il n'existe aucun texte de loi définissant les règles applicables au système d'adressage.
Ce dernier a été construit empiriquement au fil des années, ce qui explique encore l'existence des appellations obsolètes malgré l'urbanisation de la ville. Concernant la formulation de l'adresse, l'étude souligne qu'il n'y a aucune norme nationale définissant le formalisme des adresses postales, ainsi qu'une confusion totale sur la toponymie des voies entre avenues et boulevards, entre allées, rues, impasses …