Les cadres de la direction des opérations financières au CDVM ne «chôment» pas pendant l'été.
LE MATIN
09 Août 2009
À 11:08
Ils viennent d'autoriser la Compagnie minière de Touissit (CMT) à émettre sur le marché des obligations convertibles en actions. Il s'agit donc d'un emprunt obligataire subordonné dont le montant pourrait atteindre 250 millions de DH. Les souscriptions seront ouvertes du 31 août au 2 septembre 2009. Chaque obligation nouvelle, d'une valeur nominale de mille dirhams, est assortie d'une prime d'émission à hauteur de 125 points de base. La maturité de l'emprunt, elle, a été arrêtée à cinq ans. L'opération a retenu un taux d'intérêt fixe à 4,40%. Quant au taux d'intérêt nominal, il sera déterminé par référence à la courbe secondaire des taux des Bons du Trésor, de maturité équivalente, publiée par la Banque centrale. A titre indicatif, au 29 juillet dernier, ce taux ressortait à 3,72%. Il sera augmenté d'une prime de risque de 125 points de base et diminué de l'évaluation de l'option de conversion.
Les obligataires auront la faculté d'obtenir la conversion de leurs obligations en actions soit dans les 60 jours précédant le 4e anniversaire de jouissance des obligations, soit dans les 60 jours précédant l'échéance de l'emprunt obligataire. La valeur de conversion desdites obligations est fixée, sous réserve d'éventuels ajustements, à 1.250 DH par obligation, donnant droit aux obligataires qui opteraient pour la conversion à 4 actions de la société pour 5 obligations. Le montant de l'emprunt devrait permettre à la Compagnie minière de Touissit de «financer la croissance organique de ses activités et, éventuellement, toute opération de croissance externe», lit-on dans la note d'information visée vendredi dernier par le gendarme du marché boursier. En effet, outre les ressources propres de l'entreprise, une partie du produit net de l'émission sera orientée au financement du programme d'investissement de la société. Le montant global des investissements projetés entre 2009 et 2013 avoisine 240 millions de DH et concerne trois principaux créneaux.
D'abord, la recherche et développement pour un montant d'environ 75 millions de DH. Ensuite, les équipements miniers et le matériel de traitement pour environ 104 millions de DH. Enfin, les infrastructures pour un budget de 60 millions de DH. C'est dire que cette émission obligataire s'inscrit pleinement dans la stratégie du groupe qui s'est fixé comme objectifs le développement et l'optimisation de l'exploitation des sites existants, la préparation en parallèle de nouveaux projets à travers une politique de diversification des ressources visant à exploiter de nouveaux métaux, puis la recherche d'opportunités de croissance externe.
Pour rappel, la Compagnie minière de Touissit a été créée en 1974 dans le but de reprendre les actifs miniers de la Compagnie Royale asturienne des mines (CRAM) à Touissit dans l'est du Maroc. En 1996, la CMT a élargi son domaine d'activité en faisant l'acquisition de la mine de Tighza, située dans la région de Meknès, auprès de la Société minière de Djebel Aouam. Après une exploitation de plus de 75 ans, la mine de Touissit sera fermée en 2002 suite une extinction de ses réserves. En 2005, la CRAM a fait l'objet d'une double scission partielle par laquelle la société CRAM a scindé ses activités et a transféré ses participations dans la CMT à la société belge MENOF. A partir de cette date, Nord Est détenait la CMT via la société MENOF à hauteur de 98,5% et de META Financière (société marocaine détenue par MENOF) à hauteur de 1,5%. Ce n'est qu'en août 2007 que le groupe Nord Est a décidé de céder la totalité des titres de la CMT au profit de la société OSEAD Maroc Mining (OMM).
La CMT affiche aujourd'hui une bonne santé globale. Son chiffre d'affaires a progressé de 17,8% en 2008 grâce à l'augmentation des quantités vendues de concentré de plomb (+14,3%) qui a compensé le fléchissement des ventes de zinc en valeur et la forte baisse des cours. L'exercice 2008 a été marqué par une augmentation des ventes d'argiles industrielles à Maroc Phosphore. Le chiffre d'affaires correspondant à cette activité s'élève à 3,9 millions de DH. A fin décembre 2008, le résultat net de la CMT s'établit à 93,5 millions de DH. --------------------------------------------
Un secteur à grand potentiel
Le secteur des mines occupe une place importante dans l'économie marocaine, grâce à l'existence d'un contexte géologique propice qui a favorisé le développement d'une activité minière dans différentes régions du pays. L'importance du secteur minier est perceptible à travers sa contribution au Produit intérieur brut (environ 6% du PIB en 2008 y compris l'industrie de transformation), son poids dans les exportations marocaines, ses effets d'entraînement sur d'autres secteurs (notamment le transport et l'activité portuaire) ainsi que ses retombées positives sur le développement régional. Outre le phosphate, le sous-sol marocain renferme une variété de substances minérales comprenant des métaux de base (cuivre, plomb, zinc, etc.), des métaux précieux (or, argent), des substances utiles (fluorine, barytine) et d'autres produits (manganèse, fer, cobalt, etc.).
Toutefois, le secteur minier marocain est confronté à plusieurs défis particulièrement la nécessité de découvrir de nouveaux gisements et l'optimisation de la valeur ajoutée des substances minérales exploitées ainsi que le développement durable. A ces défis, s'ajoute la nécessité de faire face à la compétitivité internationale et à l'instabilité du marché mondial des matières premières. Dans le cadre de sa propre stratégie de développement, la CMT adopte une politique dynamique de recherche et d'acquisition de nouveaux permis miniers relatifs à la fois aux minerais déjà exploités (plomb et zinc) et à de nouveaux métaux (cuivre, manganèse et or). Par ailleurs, la Compagnie minière de Touissit poursuit le développement de deux permis miniers de cuivre à Midelt et à Tabaroucht (région de Béni Mellal).