Le parti Authenticité et Modernité (PAM) qui a été créé en août dernier vient de tenir son congrès tant attendu. C'est du 20 au 22 février à Bouznika qu'ont eu lieu les travaux de ce premier congrès sous le thème «Le Maroc demain, en toute confiance». Ce congrès était très attendu pour plusieurs raisons. D'abord, parce qu'il s'agit du congrès du dernier parti qui a fait son apparition sur l'échiquier politique. Ensuite, parce que c'est ce congrès qui permettra de mettre en évidence la véritable force de ce parti, mais aussi de comprendre la distance qui sépare le PAM du Mouvement de tous les Démocrates dont sont issus les principaux fondateurs de ce parti.
Selon le porte-parole du congrès, Lahbib Belkouch, ce sont environ 5 000 congressistes qui ont fait le déplacement à Bouznika pour participer à cette première messe du PAM. « Le principal objectif de ce premier congrès est de s'arrêter avec force sur la question de la fusion qui a conduit à la création de ce parti. Mais tout en s'ouvrant sur d'autres potentialités venues de l'extérieur de ces partis », nous a-t-il déclaré.
A ce niveau, toutes les figures du PAM tiennent à préciser qu'il s'agit là du premier congrès et non pas d'un congrès constitutif. Car, il y a une nette différence entre les deux concepts, insistent-ils. Pour cela, ils renvoient vers la loi sur les partis politiques et notamment le chapitre relatif à la fusion des partis. « Sur le plan juridique, le PAM n'est pas une nouvelle organisation politique, mais le résultat de la fusion de cinq partis qui existaient déjà et auxquels se sont ajoutés d'autres acteurs politiques », affirment-ils. Les partis constituant le PAM sont le parti Al-Aahd, le Parti national démocrate (PND), l'Alliance des Libertés, l'Initiative Citoyenne pour le Développement (ICD) et le parti de l'Environnement et du Développement (PED).
Les dirigeants du PAM soutiennent que, malgré la volte-face des secrétaires généraux des trois partis (PND, Al Aahd et PED) qui ont renoncé à la fusion dans le PAM, les bases de ces partis assistent au congrès. Hassan Benaadi, ancien secrétaire général du PAM a même avancé que des militants de l'ancien parti dirigé par Bouaâza Ikken, l'Union démocratique, participent à ce congrès. En raison de cette fusion, le choix des congressistes et même la formation des instances du parti dans le cadre de ce congrès se sont faits sur la base du consensus, nous affirme Habib Belkouch. Car, c'est une phase transitoire de fusion. Mais, lors du prochain congrès, c'est le principe démocratique de l'élection qui tranchera », nous a-t-il dit.
Au-delà de ces détails, les 5 000 congressistes ont choisi leurs structures. Il s'agit notamment du conseil national et du bureau national. En parallèle, cette assemblée générale a permis aux membres de cette formation, de tracer la feuille de route qui prévaudra dans les orientations de cette nouvelle organisation. Ce qui est une importante étape dans la vie du parti. Etant donné que les leaders de ce parti refusent de placer le PAM selon «l'approche traditionnelle» : droite, centre ou gauche. « Ce qui importe, c'est notre volonté politique et nos visions qui se réfèrent à deux principaux documents : le rapport final de l'Instance Equité et Réconciliation et le rapport de cinquante ans de développement humain au Maroc et les perspectives pour 2025, nous a déclaré Lahbib Belkouch.
L'autre élément sur lequel ont beaucoup travaillé les participants à ce premier congrès est la question de la régionalisation. Cette question prend une grande portée, notamment dans la manière d'organisation du parti. En effet, même le choix des congressistes a été fait selon un quota consacré pour chaque région (11 % pour Casablanca, 9 % pour Marrakech-Tensift, 7 % pour Rabat, 9 % pour Souss-Massa…). De même, le PAM envisage de se restructurer en adoptant le principe de la démocratie régionale. Il va se doter de structures régionales, sous forme de conseils régionaux, de secrétaires généraux régionaux…
C'est d'ailleurs au niveau de chaque région que les réflexions seront abordées pour affronter les prochaines élections. Et c'est lors de ces échéances que sera quantifiée la véritable force du parti. ------------------------------------
Les alliés du PAM
Avant la tenue du premier congrès du parti Authenticité et Modernité (PAM), plusieurs informations au sujet de négociations avec d'autres partis politiques avaient circulés. Des dirigeants du PAM le reconnaissent. Ils nous ont affirmé que des contacts avaient effectivement eu lieu avec des partis qui se trouvent dans l'opposition. Il s'agit du Mouvement Populaire (MP) et de l'Union Constitutionnelle (UC). Ces négociations se poursuivent, nous ont-ils dit.
Ce sont les secrétaires généraux de ces deux partis politiques, en plus du secrétaire général du principal allié du PAM au parlement, le RNI (presque tous les membres du bureau politique du RNI), qui ont assisté à la séance d'ouverture du congrès. Par ailleurs, le PAM se dit ouvert à toutes les composantes qui croient aux principes affichés par le parti.