Spécial Marche verte

L'option internationale du baccalauréat au Maroc fête ses 20 ans

L'ambiance était conviviale, mercredi dernier, dans la salle d'expositions de la Bibliothèque nationale de Rabat.

02 Juin 2009 À 15:21

Des élèves de différents établissements scolaires marocains, accompagnés par leurs parents et leurs enseignants, sont venus nombreux assister à la cérémonie commémorant le 20e anniversaire de l'Option internationale du baccalauréat en langue arabe (OIB) au Maroc. Organisée sous l'égide du Centre d'études arabes relevant de l'ambassade de France au Maroc, cette cérémonie s'est déroulée en présence de plusieurs responsables marocains et français, notamment Ahmed Akhchichen, ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur, de la Formation des Cadres et de la Recherche scientifique et Jean-François Thibault, ambassadeur de France au Maroc. La salle était pleine dès l'ouverture de la cérémonie. Les élèves, tous de jeune âge, dans les passages et l'entrée, certains debout, d'autres assis en foule à même le sol mais très contents de participer à cet événement. Ils écoutaient très attentivement les allocutions données à cette occasion, les interrompant de temps à l'autre par des applaudissements enthousiastes qui retentissent dans l'espace feutré de la salle.

Ces élèves sont fiers de leur formation en français et en arabe qui enrichit leur culture générale et leur procure les instruments à même de faciliter leur intégration dans leur milieu socio-économique, et ce grâce à des programmes conciliant littérature, histoire et géographie du Maroc et de la France. Dans sa présentation de l'OIB, Anne Giami, directrice adjointe de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger, a souligné que l'objectif de la formation au niveau de l'OIB est de permettre aux élèves d'acquérir des compétences qui leur seront utiles, dont notamment les compétences linguistiques (connaissances en grammaire, construction du vocabulaire, amélioration de l'expression orale et écrite) et les compétences culturelles (connaissances en histoire et géographie), ainsi que le développement de leur esprit de créativité. «Notre ambition est de faire de ces élèves de futurs acteurs dans le monde socio-économique», a-t-elle affirmé. Elle s'est félicitée également du bilan de l'OIB, considérant qu'«après 20 ans de sa fondation, l'OIB a su mobiliser tous les acteurs du domaine éducatif, y compris les ministères marocain et français de l'Education nationale, les enseignants et les parents des élèves, et ce en vue de dispenser à ces derniers une éducation ouverte, exigeante et de grande qualité».

Pour sa part, Tristan Lecoq, directeur du Centre international des études pédagogiques, a qualifié d'«exemplaire» le programme de formation qui permet aux élèves d'avoir des regards croisés sur la langue et la culture arabes et françaises. «La connaissance de ces deux cultures fera d'eux des acteurs privilégiés dans la coopération maroco-française», a-t-il précisé, tout en insistant sur le fait que «la langue est un levier et une garantie de réussite».
Juste après, sous une salve d'applaudissements, la parole a été donnée à Mehdi, un ancien élève de l'OIB et lauréat de l'ESCAE de Paris, qui a souligné le rôle primordial qu'a joué la formation au niveau de la filière internationale dans son succès estudiantin et professionnel. «A mon sens, la force de l'OIB n'est pas la langue elle-même, mais cette grande ouverture d'esprit qui allie différentes cultures», a-t-il estimé.

A l'issue de la cérémonie d'ouverture, on a procédé à la projection d'un film documentaire faisant intervenir d'anciens élèves de la 2e année du lycée Lyautey, inscrits à l'OIB. Et sur fond d'une musique andalouse nostalgique inspirée du film «Le Destin» de Youssef Chahine, ces élèves ont relaté leurs parcours de formation dans une langue arabe soutenue. En abordant les raisons qui les ont motivés à s'inscrire à l'OIB, ils étaient catégoriques: c'est la passion pour leur langue maternelle qui les anime, ainsi qu'une soif insatiable de connaître la culture et la civilisation arabes. «Nous étudions la littérature arabe ainsi que des sujets qui nous interpellent plus spécifiquement en tant que Marocains, comme l'indépendance du Maroc… », précise une jeune fille, très enthousiaste.
En effet, la langue et la culture arabes tiennent une place de choix dans le cursus de formation de l'OIB. «Parmi les matières enseignées, le coefficient de la langue arabe reste le plus élevé. Cela traduit l'importance extrême que nous accordons à cette langue», explique Mme Sbihi, fondatrice de l'OIB au Maroc.

A la clôture de cette manifestation, le public a pu apprécier quelques productions artistiques conçues par les élèves pour l'occasion. «Lmedina lekdima» (l'ancienne médina), une chanson nostalgique de Noâman Lahlou, a été reprise magnifiquement par une chorale d'élèves de l'école Chénier et a été chaleureusement applaudie par le public. Ceux du collège Saint-Exupéry ont interprété, de leur part, «Ightyal Holm» (l'assassinat d'un rêve), une pièce de théâtre inspirée de l'œuvre de ce célèbre romancier. De même, une exposition des travaux des élèves inscrits à l'OIB a été tenue en marge de cet événement, mettant en exergue leurs romans et essais poétiques rédigés en arabe et en français.
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Combler les lacunes

Depuis sa mise en vigueur au Maroc en 1988 suite à un accord entre les gouvernements marocain et français, l'Option internationale du baccalauréat (OIB) en langue arabe a formé 3.645 élèves marocains.
Aujourd'hui, elle est préparée au Collège Royal et dans 11 établissements français au Maroc, à partir du second cycle. Cette filière a été instaurée pour combler les lacunes en langue arabe chez les élèves inscrits dans les écoles françaises. Pour ce faire, un enseignement renforcé de langue et littérature arabes dispensé aux élèves, ainsi que des cours d'histoire et de géographie axés sur le Maroc et le monde arabe. «L'enseignement est assuré en binôme par deux professeurs, l'un arabophone et l'autre francophone», précise Mme Sbihi, fondatrice de l'OIB au Maroc. Et d'ajouter: «Les programmes d'études sont élaborés et discutés dans le cadre d'une concertation entre les deux professeurs». Elle se félicite également des résultats très satisfaisants des élèves: «D'habitude, le taux d'échec est nul. En 2008, 90% des lauréats ont eu une mention, dont 66% celle «Très Bien»», fait-elle remarquer.
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