C'est fini les vacances, place aux choses sérieuses. Le département de Taoufiq Hejira a du pain sur la planche.
LE MATIN
01 Septembre 2009
À 17:48
Il devra essayer de trouver une solution pour éviter une asphyxie du marché. En tirant la sonnette d'alarme, juillet dernier, le ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de l'Aménagement de l'espace veut éviter une crise interne au secteur en 2010. Dès la rentrée, les discussions avec le département des Impôts vont bientôt commencer sur d'éventuelles incitations fiscales concernant le segment du logement social à 200.000 DH qui agonise actuellement après l'amendement du fameux article 19. L'équipe de Nourredine Bensouda sera, ainsi, sollicitée afin de répondre aux doléances des promoteurs immobiliers pour secourir un segment qui représente à lui seul 70% de la production nationale de l'habitat. Un défi de taille. Pour l'heure, rien n'est gagné d'avance, il faut attendre les tractations pour en juger. Les professionnels, quant à eux, restent optimistes. La Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) a déjà rendu publiques ses revendications réclamant un plan de soutien. Ses membres tablent sur des mesures incitatives, dans le cadre de la préparation de la loi de Finances 2010.
Ils ont résumé ses doléances dans six mesures, notamment l'abrogation de l'article 65 du Code général des impôts, relatif à la détermination du profit foncier imposable, l'intégration d'un référentiel des prix, par ville et par quartier, l'augmentation de la Valeur immobilière totale (VIT) de 200.000 DH à 300.000 DH pour les logements sociaux, la réduction de la TVA à 14% contre 20% actuellement, la suppression de la règle de décalage et la diminution du délai de remboursement de la TVA à 2 mois (contre 3 mois) sans contrepartie, assorti d'un intérêt moratoire en cas de non-respect de ce délai et enfin l'élaboration d'un nouveau coefficient de réévaluation du prix du foncier par ville, par quartier et par standing. Une chose est sûre, le match n'est pas gagné d'avance, surtout dans un contexte économique national difficile (baisse des transferts des MRE, chute du commerce extérieur…).
En attendant un dénouement, le marché de l'immobilier continue de sombrer dans une grande léthargie. Le segment du haut standing accuse une baisse de la demande surtout à Marrakech et Tanger. Résultat : les promoteurs baissent leurs prix de près de 50% et ne trouvent même pas acquéreur. Une vraie tragédie. En revanche, les segments économiques et moyen standing maintiennent leur niveau de vente. En atteste le bon niveau des résultats annoncés par le groupe Addoha pour le premier semestre 2009. Ce dernier a réussi à doubler son chiffre d'affaires qui atteint 2,7 milliards de DH. Pour sa part, Espaces Saada, filiale de Palmeraie Développement, spécialisée dans le moyen et l'économique, affirme que les ventes sont encore au rendez-vous. «Certes, ce n'est pas l'euphorie constatée il y a six mois, mais nous continuons à vendre nos produits», nous a confié Houda Missoury Bennani, directrice Marketing et communication du groupe.
Le seul hic cet été est le désintérêt des Marocains résidents à l'étranger pour l'acquisition d'un bien au Maroc. Contrairement aux pronostics après le succès de la précédente édition du SMAP, ils n'étaient pas nombreux à acheter, au grand malheur des promoteurs qui espéraient conclure de bonnes affaires. In fine, les promoteurs immobiliers escomptent, à travers l'adoption de ces mesures de soutien, conforter leurs marges afin de compenser la baisse des prix de vente dans le luxe, tout en contribuant à la relance du segment du logement social qui agonise actuellement. --------------------------------------------------------------
Hausse de 1% du ciment
Le tassement du marché de l'immobilier continue d'affecter le marché des matériaux de construction. Au terme des huit premiers mois de l'année, les ventes du ciment étaient légèrement meilleures que celles réalisées à fin août 2008 (+1%). La même tendance enregistrée lors des sept premiers mois de 2009 où les écoulements ont atteint à 8,84 millions de tonnes, en hausse à peine de 0,94% par rapport à fin juillet 2008. Sur le seul mois de juillet, les ventes du secteur ont enregistré 1,32 million de tonnes, en augmentation de 1% par rapport à juillet 2008. Durant ce mois, les écoulements en vrac ont progressé de 2 points à 23% au détriment des ventes en sacs dont la part passe de 77% à 75%. Par région, les plus fortes baisses ont affecté le Sud, l'Ouest et le Sud Centre tandis que les plus importantes hausses ont été enregistrées à l'Oriental et au Centre. A rappeler que les ventes du ciment sont tributaires du marché de l'immobilier qui connaît un essoufflement et un recul des ventes, surtout pour le luxe.