Les difficultés à trouver le sommeil sont un problème de plus en plus courant. Selon les dernières études de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 70% de la population mondiale se plaint d'insomnie, ou d'un sommeil de mauvaise qualité.
LE MATIN
17 Février 2009
À 15:49
Du petit ennui passager aux difficultés chroniques, quelles sont les raisons de ces troubles qui gâchent les nuits de millions de personnes. Quelles sont les différentes formes d'insomnie et quelles sont les conséquences de ces nuits blanches involontaires ? Toujours selon l'OMS, près de 60% des Marocains se plaignent d'insomnies ponctuelles. L'insomnie sévère, c'est-à-dire un mauvais sommeil toutes les nuits avec des conséquences diurnes très importantes en terme de somnolence, touche environ 5% de la population. L'insomnie modérée, un mauvais sommeil deux ou trois nuits par semaine, concerne quant à elle 10% de la population. L'insomnie a surtout des répercussions sur la vigilance, ce que l'on pourrait appeler le syndrome de l'insuffisance de sommeil, avec troubles de l'attention, de la mémoire, et somnolence. Cette somnolence diurne excessive peut être à l'origine d'accidents de voiture et d'absentéisme au travail. Les insomnies sévères sont épuisantes et la personne se sent très mal. Le risque principal est alors la dépression et les troubles anxio-dépressifs.
Il existe plusieurs types d'insomnies, comme l'explique le Docteur Aziz Elyacoubi, médecin généraliste exerçant à Témara. Il s'agit, entre autres, des troubles du sommeil, d'insomnie de milieu de nuit ainsi que le syndrome d'apnée du sommeil qui touche 2 à 4% de la population. Ce syndrome se traduit par des arrêts respiratoires à répétition au cours de la nuit, avec pour conséquence un sommeil fragmenté et une somnolence diurne. Les complications cardiovasculaires, hypertension artérielle, risque d'infarctus cardiaque et d'accident vasculaire cérébral, ne sont pas négligeables. La «narcolepsie» est plus rare. Elle se caractérise par des accès de sommeil irrésistible pendant la journée. Cette maladie peut être très invalidante mais aussi très dangereuse si le sommeil survient au volant. Autres conséquences notoires de l'insomnie sur la santé: fatigue, maux de tête, tension musculaire... le manque de sommeil a de nombreuses répercussions sur la santé. L'humeur pâtit également de l'absence de repos: irritabilité, agressivité, susceptibilité... Les conséquences sur l'attention, notamment au travail ne sont pas en reste: perte d'efficacité, manque de rigueur, difficultés de concentration...
Assiste-t-on à une recrudescence des cas d'insomnie dans la population? Allal Elyacoubi indique que parmi les patients qu'il reçoit, il y a des cas d'insomniaques au moins une fois par jour! Mais il faut faire la distinction formelle entre insomnie réelle et insomnie résultante d'une pathologie première (dépression, pathologie organique…). En règle générale, il faut toujours rechercher une cause psychologique, une dépression, des troubles anxio-dépressifs qu'il faudra traiter. L'insomnie est un symptôme, ce n'est pas une maladie. Des causes organiques peuvent aussi entraîner une insomnie, comme un syndrome d'apnée du sommeil, un endormissement difficile en raison de mouvements périodiques des membres inférieurs (petites secousses musculaires toutes les 30 à 40 secondes), un reflux gastro-oesophagien, des douleurs nocturnes articulaires, un ulcère etc.… --------------------------------------------------------------
Pas d'automédication
Si on a longtemps reproché aux somnifères de nombreux effets secondaires (somnolence durant la journée, dépendance...) les derniers-nés ont réduit ces désagréments. Comme le rappelle Elyacoubi. Dans tous les cas, ils doivent être pris sous contrôle médical. Il faut éviter absolument l'automédication. Mais les somnifères ne sont pas toujours indispensables. Tout dépend du trouble du sommeil et de sa gravité. Un retour à une bonne hygiène de vie est primordial: éviter le tabac, l'alcool ou les repas trop copieux. Pratiquer une activité physique. Une thérapie comportementale est parfois efficace, pour vaincre l'anxiété par exemple. Les hypnotiques (médicaments contre les insomnies) ne sont pas anodins et ont des effets secondaires plus ou moins importants. Les plus anciens peuvent entraîner une dépendance avec un phénomène de sevrage à l'arrêt du traitement. Aujourd'hui, des hypnotiques de nouvelle génération sont disponibles. Ces derniers n'amènent pas de dépendance et ne modifient pas l'architecture du sommeil. Mais dans tous les cas, l'utilisation des somnifères nécessite impérativement un contrôle médical strict. Ils doivent être utilisés durant une période courte et l'arrêt du traitement doit se faire de manière progressive. Alors n'hésitez pas à consulter votre médecin en cas de troubles du sommeil et surtout pas d'automédication.