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Les Zaouias : Rôle apolitique mais fondamental dans la préservation des valeurs de l'Islam tolérant

06 Mars 2009 À 20:26

Les zaouias ont de tout temps occupé, au Royaume du Maroc, une place de choix aux côtés d'autres institutions religieuses qui veillent à diffuser les enseignements de la religion sous toutes leurs composantes et propager les valeurs de la tolérance, du juste milieu et de la modération, outre leur rôle fondamental dans la préservation de l'identité religieuse des Marocains.

Compte tenu de ce rôle important et central, les zaouias ont bénéficié d'une sollicitude particulière et permanente de la part des Souverains du Maroc qui les entouraient de leur soutien et de leur bienveillance.
La remise par S.M. le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, de leurs dahirs de nomination aux Cheikhs des tarikas Tijania et Kétania, vendredi dernier après la prière du vendredi à la mosquée Al Qaraouiyne à Fès, constitue une marque évidente de la sollicitude dont S.M. le Roi ne cesse d'entourer l'ensemble des zaouias dont la présence est enracinée dans le Royaume chérifien, en ce qu'elles représentent des institutions d'encadrement spirituel.
Cette marque de bienveillance traduit aussi le souci de S.M. le Roi de prémunir ces institutions contre toute dérive et s'inscrit dans le cadre des traditions observées par le Royaume du Maroc depuis des lustres. Il est en effet de coutume que le Souverain nomme les Chiouckhs des zaouias et des ribats comme en attestent les milliers de dahirs dont des exemplaires ou des copies sont conservés dans les bibliothèques et chez les familles apparentées à ces zaouias.

Un grand nombre de ces dahirs remonte en effet à la dynastie saâdienne. Cette bienveillance illustre le souci de protection des valeurs qui inspirent les zaouias, une mission qui a toujours été et demeure du ressort d'Amir Al Mouminine, et ce afin de les prémunir contre les rivalités des leaderships qui peuvent attenter à ces valeurs, à la consolidation desquelles ces institutions ont toujours œuvré en droite ligne de leur important rôle dans le domaine de l'encadrement spirituel du Royaume chérifien malgré les mutations sociales accélérées.

Tout au long des époques, les tarikas soufies du Royaume ont continué à assumer le rôle qui a présidé à leur naissance en tant qu'institutions religieuses vouées à la réalisation de la sécurité spirituelle et à l'encadrement moral de la société dans le souci de préserver l'unité de la Oumma au niveau du rite et de la doctrine.Compte tenu de l'importance de ce rôle, ces institutions n'obéissent pas à la loi sur les partis ni à celle régissant les associations, comme elles ne sont pas assujetties à la succession héréditaire. En effet, seuls les critères de mérite et de probité sont requis pour la dévolution de ces institutions, ce en quoi les considérations familiales, d'âge, d'éligibilité ne peuvent entrer en ligne de compte.
La machiakha de la tarika revient donc au plus méritant, à savoir celui qui détient le niveau requis de savoir, de foi et de morale élevés.

En considération du rôle de ces institutions qui veillent à la consécration des principes du juste milieu, de la modération et de la tolérance, le législateur marocain a tenu à les inscrire parmi les lieux de culte régis par la loi relative aux lieux de culte promulguée le 2 octobre 1984.

La haute sollicitude de S.M. le Roi, Amir Al Mouminine, envers les zaouias apparaît clairement à travers le message royal adressé à la première édition des rencontres nationales Sidi Chiker des adpetes du soufisme, dans lequel le Souverain avait souligné : « La sollicitude que nous réservons aux zaouias, comme le faisaient jadis nos illustres aïeux, traduit toute l'estime que porte Notre Majesté aux apports des différentes Tariqas (écoles) du soufisme marocain, en matière d'orientation et de guidance spirituelle, et en faveur de la dissémination des connaissances et des ingrédients du développement.

Elle traduit aussi notre appréciation du rôle dévolu à ces institutions dans la défense de l'unité et de l'intégrité territoriale de la nation, ainsi que dans la préservation de la cohésion sociale et la consolidation de l'identité religieuse des Marocains.Nous avons tenu à marquer l'attachement de Notre Majesté à la préservation des hautes valeurs et des nobles idéaux que nos pieux aïeux ont de tout temps érigés en credo personnel dans ce pays paisible qu'est le nôtre. De même que nous réaffirmons, par-là, notre souci d'assumer les charges inhérentes à la Commanderie des croyants telles que Dieu Nous les a confiées, en veillant à la bonne gestion des affaires religieuses de la nation».

* Le Pr Hicham Saïdi, chercheur en soufisme et l'un des chorfas amghariyines, disciple de la Tarika Tijania, directeur du festival du patrimoine spirituel de la province d'El Haouz.
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