L'humain au centre de l'action future

«La vraie richesse du Maroc est sa culture»

Hervé Meillon est correspondant rédacteur pour la presse écrite pour certains R>quotidiens belges. Depuis 2 ans, il travaille régulièrement pour un grand journal
>populaire francophone belge «La Dernière heure».

02 Mars 2009 À 16:02

LE MATIN : Quel a été le point de déclenchement de cette idée d'écrire un livre sur les Belges installés au Maroc ?

HERVÉ MEILLON :
Je suis éducateur pour enfants de formation, puis il y a 25 ans que je me suis tourné vers le monde des médias. J'ai, donc, présenté et produit de nombreuses émissions de télévision et de radio en Belgique sur RTL. Je suis correspondant rédacteur pour la presse écrite pour certains quotidiens belges et depuis 2 ans je travaille régulièrement pour un grand journal populaire francophone belge « La Dernière heure ». J'ai proposé au rédacteur en chef l'idée d'écrire des portraits insolites des Belges installés au Maroc. Celui-ci a accepté avec un grand enthousiasme. J'ai donc raconté les histoires d'amour avec un Marocain ou une Marocaine de ces couples mixtes vivant au quotidien leur «multicultarisme».A l'arrêt de la rubrique dans le journal sur les 80 portraits réalisés, j'en ai conservé et réactualisé 40 qui font l'objet de ce livre. J'ai rajouté aussi quelques légendes et histoires vraies s'étant déroulées au Maroc.

Vous dites du Maroc qu'il est constitué d'une culture métisse où les traditions surmontent aussi bien les apports positifs que les méfaits de la modernité ? Comment expliquez-vous cela ?

Je pense que je ne vais qu'enfoncer quelques portes ouvertes en disant que le grand essor touristique a ses inconvénients et ses avantages. Sincèrement, l'afflux touristique, même s'il apporte de nombreux emplois, crée aussi une dépendance qui peut être malsaine. Je passe beaucoup de temps à expliquer à mes amis marocains qui rêvent d'Europe que la vie n'est pas facile chez nous, non plus ! Je leur dis que leur vraie richesse, c'est leur culture pour faire prospérer le Pays.

Comment avez-vous vécu ce mélange de cultures durant votre séjour au Maroc ?

Pour moi tout d'abord, c'est la rencontre en 2004 avec une femme intense qui me fait découvrir « LE MAROC ». Une chanteuse très talentueuse que je rencontre en France dans le cadre de mes activités professionnelles.Sans détour, elle me présente les facettes de son pays, tant géographique, humaine qu'historique et familiale. Je suis submergé par l'émotion que me procure la générosité naturelle de ce peuple et de cette femme. Je plonge dans la vie marocaine avec force et lucidité, mais sans a priori ! Par la force de la relation avec cette femme, je m'implique et je vis la rudesse, le bonheur et les rencontres avec la population aisée et pauvre. Sans le savoir, cette compagne bouleverse ma vie, mais ça se sera le thème d'un prochain livre…

Vous parlez des grands changements que vit actuellement le Maroc. Qu'en pensez-vous ?

Je n'ai aucune légitimité à porter un jugement sur les changements opérés par S.M. le Roi. A quoi bon l'œil d'un Européen dans un pays qui n'est pas le sien. Moi, personnellement, je me sens à merveille au Maroc. Je participe à la vie économique à ma façon. C'est ma contribution à la générosité du peuple marocain. Sa Majesté est très aimé chez nous et j'avoue que sa façon de diriger le pays me fascine. Comment comparer ! Chaque époque est différente, il faut vivre avec le temps présent sans pratiquer l'amnésie du passé. Chaque peuple a ses racines, profondes, longues qu'il ne doit surtout jamais couper. Même si on le veut, on ne peut pas. Le respect des anciens doit rester inflexible cependant sans extase surréaliste.

Que représente pour vous ce mélange d'êtres humains que vous avez palpés de très près ?

Tous les compatriotes dont je dresse le portrait se sentent bien. Ils vivent tous dans l'unité fraternelle du pays. Ils se savent aimer en tant qu'être humain.
L'Amour est le meilleur vecteur du mélange des hommes. Mais, il n'est pas gênant d'avoir des opinions différentes si le but n'est pas de contraindre l'autre à les épouser de force. Mon combat permanent sera toujours de mettre en garde les gens contre ce que j'appelle l' «Islamalgame ».

Quelle conclusion tirez-vous de toutes ces histoires, un peu différentes les unes des autres, que vous avez transmises dans votre ouvrage?

Vous savez, je ne me considère pas comme un écrivain mais comme un «écrivant». J'aime écouter, observer, aimer et j'accepte de souffrir, puis je retrace mes émotions dans les modestes lignes que j'écrites avec mon style et ma sensibilité. Je peux vous dire avec force qu'en Belgique, les Marocains font partie intégrante de notre vie sociale. Les Belges et les Marocains qui sont dans ce livre feront partie à jamais de ma vie.

Etes-vous satisfait de l'écho laissé par votre livre au SIEL ? Comment était-il reçu par les Marocains ?

Ce livre, je l'espère sera apprécié, car je l'ai voulu le plus humain possible et c'est ce qui a séduit la délégation Wallonie-Bruxelles. Maggy Wauters, la représentante en Belgique, et Daniel Menschaert, ici au Maroc, ont mis toute leur énergie pour me faire venir à Casablanca. Qu'ils en soient remerciés ainsi que Monsieur le Consul Général Luc Jacobs. Ils sont tous, à leur façon, des amoureux du Maroc. J'ai profité de ma présence pour écrire mes observations dans le journal pour lequel je collabore. J'expliquais le bonheur immense que j'avais à voir déambuler le nombre incroyable d'enfants dans les allées du SIEL. Je signalais aussi que «Le petit Prince » de Saint Exupéry traduit en arabe et en berbère a eu un succès énorme. Alors «S'il te plait, apprivoise-moi!»et «Tadbiir LLah âdim» à tous.
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Une marque d'affection

Ancien animateur-présentateur de la chaîne de télévision belge RTL, Hervé Meillon vient de publier un livre sur «Les Belges au Maroc» qu'il a signé, le 20 février, au Salon international de l'édition et du livre (SIEL) de Casablanca. Un ouvrage qui fut très apprécié, vu qu'il est écrit avec beaucoup d'amour et de sensibilité, retraçant, ainsi, les portraits d'une quarantaine de ses compatriotes installés au Maroc, en plus de quelques légendes et histoires vraies s'étant déroulées dans ce pays accueillant. Hervé Meillon souligne en introduction de son ouvrage de 160 pages (éditions "Mabelart") avoir fait connaissance au Maroc avec un peuple «profondément hospitalier, ouvert et bienveillant». Pour l'auteur, ce récit de portraits croisés, qui sera disponible au Maroc et en Belgique dès le 15 mars, est une contribution de sa part à «faire partager la fusion des cultures, le mélange des êtres humains et à prouver que le racisme n'existe que dans le cerveau et pas dans le cœur».
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