L'humain au centre de l'action future

«L'Honneur de la guerre» défendue par Latifa Ahrare

Latifa Ahrare est décidément une femme bien active ! Actuellement en tournage dans une émission amazighe, elle vient de rentrer de Fès après avoir participé à une résidence d'artiste qu'a accueillie l'Institut français de la ville spirituelle du 6 au 16 janvier.

25 Janvier 2009 À 11:46

Le fruit de cette résidence qui a réuni, en plus de l'actrice marocaine, des artistes venant de France et du Maroc, est une pièce théâtrale intitulée «L'honneur de la guerre». Cette dernière, une coopération artistique entre deux compagnies : La Cie du jour et le Théâtre des amis, est chapotée par le metteur en scène Karim Troussi. Aux côtés de Latifa Ahrare, on trouve au casting Henri Thomas et Hicham Ibrahimi qui endossent les rôles principaux de cette histoire de conflit et de défi. Après une première représentation à Fès, une tournée nationale dans les Instituts français est prévue pour l'année 2009. Tout commence lorsque la tribu, toute enthousiaste à l'idée des festivités qui se préparent, oublie d'être plus prudente.

Les réjouissances de la fantasia empêchent les membres la tribu de Shama de voir venir le danger guettant. Seule à entendre les tambours de la guerre, cette dernière va tenter en vain de prévenir le chef des cavaliers mais celui-ci, trop confiant et aveuglé par son arrogance, ne veut rien savoir. Shama, persuadée de l'imminence du danger, essaiera par tous les moyens et les stratagèmes possibles de se faire entendre. Mais toujours en vain… elle décide alors de passer à la vitesse supérieure et va jusqu'à défier le chef lui-même. Et tandis qu'ils se battent pour des questions d'honneur, l'ennemi approche, implacablement.

Commandée à l'auteur marocain Abdellatif Firdaous, «L'honneur de la guerre» est jouée en français. Sa mise en scène est assurée par Karim Troussi. Pédagogue, acteur et metteur en scène, Troussi est un homme à plusieurs casquettes. Réputé par son approche ludique et réflexive pour favoriser l'apprentissage créatif, il évolue en France. Bien doué pour décortiquer les relations humaines, Troussi fait de ses créations un terrain de rencontre entre les différentes sensibilités. Ainsi, travailler avec des artistes venant de cultures du monde entier obéit à la logique qui anime toutes ses créations : favoriser la rencontre des êtres pour donner libre cours à leur créativité. Curieux et à la recherche d'autres horizons, Karim Troussi a quitté le Maroc à l'âge de 21 ans. Il va compléter sa formation au conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris. Durant son cursus, il s'intéresse aux aspects corporels de l'expérience théâtrale. Friand de nouveautés, il enrichit sa quête avec celles d'autres chercheurs dans des domaines voisins tels l'oreille, le corps et la voix.

En plus de partager son expérience avec les artistes, Troussi enseigne sa «philosophie» et son application à ses élèves de l'école du Centre dramatique de la Comédie de Saint Etienne depuis 4 ans maintenant. Il s'associe au développement de l'association «Regards et mouvements» à Pontempeyrat durant 8 ans. Depuis 10 ans, il est responsable artistique et pédagogique au sein de la structure de création de l'association «La Marmite» à Grenoble.
Prolifique et toujours à l'affût de nouvelles expériences, Troussi compte à son actif plusieurs créations. «L'honneur de la guerre» serait une nouvelle aventure qu'il partage avec la troupe «le Théâtre des amis» et «La compagnie du jour» représentée par son metteur en scène et acteur Henri Thomas.
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Théâtre des amis

La jeune histoire du «Théâtre des amis» est intimement liée à Latifa Ahrrare. Lauréate de l'Institut d'art dramatique et d'animation culturelle (ISADAC), la jeune actrice a vite fait de se forger un nom sur la scène nationale. Elle tourne au cinéma dans une dizaine de films marocains et étrangers. On cite «Femmes et femmes» et «Jawhara bent lhabss» de Saâd Chraïbi, «Cheval de vent» de Oulad-Sayad, «Mona Saber» de Laraki ou encore «Exils» de Tony Gatliff. Ambitieuse, elle s'intéressera aussitôt à la télévision. La chance va lui sourire aussitôt et son rôle remarquable dans le feuilleton «La fille gâtée» va lui valoir la reconnaissance du public et de la critique. Mais le cœur de la jeune actrice n'oubliera pas ses premières amours : le théâtre.

Elle joue dans une vingtaine de pièces, dont «Iphigénie» dans une mise en scène de Philippe Girard, «Arlequin valet de deux maîtres» de Goldoni, mis en scène par Carlo Damasco, «Molière ou pour l'amour de l'humanité», «Eléphant et pantalons», de Taieb Saddiki ; «L'oiseau de lune» mise en scène par Antoine Bourseiller et «Jrada Malha» de Salima Ben Moumen. Bien tentée, l'actrice va finir par se mettre dans la place du metteur en scène pour prouver encore une fois son talent. «Last night» serait l'une des plus remarquables créations du fraîchement créé «Théâtre des amis». Cette pièce tourne régulièrement dans le monde entier, et a notamment participé aux festivals internationaux de Mulheim et Kiel en Allemagne où elle a représenté le Maroc.
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