Spécial Marche verte

Le bateau historique Belem en visite à la marina de Rabat

Le bateau emblématique le «Belem» fera une visite historique au port de Rabat du 13 au 17 mai prochain.

24 Avril 2009 À 15:47

Cette escale inaugurale a été annoncée lors d'une conférence de presse organisée récemment à la marina du Bouregreg à l'occasion de la signature de la convention permettant de couvrir sur le plan institutionnel l'arrivée du bateau.
Selon le directeur général de l'agence du Bouregreg, Sakel Lemghari, l'arrivée de ce navire permettra à tous les observateurs qui ne croyaient pas à la navigabilité du fleuve, de garder en mémoire le jour ou le Belem franchira les deux digues du Bouregreg. En effet, l'escale des plus anciens voiliers au monde à Rabat traduit la volonté de la Fondation Belem de partager avec l'Agence Bouregreg les valeurs du temps ancien. «Cette escale consacre aussi le renouveau des quais de Rabat et permet d'associer son image au patrimoine maritime de plaisance», affirme Eric Gavoty, secrétaire général de la Fondation, chargée de la gestion du Bateau, et d'ajouter «ce navire a été de passage plusieurs fois au Maroc mais il n'a jamais fait escale dans ce pays. Ce n'est que le mois prochain qu'il réalisera son premier voyage à Rabat au pied de la Kasbah des Oudayas, autrefois repaire célèbre de marins fameux».

En effet, construit et lancé à Nantes en 1896, le Trois-mâts Belem a traversé trois siècles d'histoire maritime : d'abord comme navire de commerce, puis comme yacht de plaisance britannique, avant de devenir navire-école d'abord italien puis français depuis près de 30 ans. Selon Gavoty, le Belem continue de naviguer aujourd'hui grâce à l'engagement de la Fondation Belem et au mécénat du Groupe Caisse d'Epargne qui ont racheté l'un des plus anciens grands voiliers naviguant au monde. Construit par les chantiers Dubigeon à Chantenay sur Loire, ce navire a été mis à l'eau le 10 juin 1896. Le trois-mâts baptisé Belem était à l'origine un navire marchand. Il réalisa, d'ailleurs, à ce titre 33 périples pour le commerce de 1896 à 1913.

Il était recouvert à l'époque d'un seul pont principal doté de claires-voies donnant accès à une cale de 1500 m3 dans laquelle pouvaient être entreposées jusqu'à 650 tonnes de denrées et marchandises diverses, essentiellement du cacao d'Amazonie puis du rhum et du sucre des Antilles. La cuisine était la seule structure apparente sur le pont. Racheté en 1914 par le Duc de Westminster, il fut alors transformé en yacht de plaisance et doté de moteurs. «Il avait pris à cette époque l'apparence qui est pour l'essentiel celle qu'il a conservée jusqu'à nos jours, notamment avec les balustrades très caractéristiques qui ornent la dunette à l'arrière du navire.

A l'origine, la coque du navire était noire avec un liseré doré. Lorsque les armements Demange Frères le rachètent en 1906, ils créent une fausse batterie. L'apparence actuelle du navire date de Westminster», explique Gavoty.En effet, navire marchand, yacht de plaisance, puis navire école, le Belem a tout au long de son histoire et de ses changements de destination conservé une apparence proche de celle de ses origines. Aujourd'hui, et conformément à l'option retenue par la Fondation lors de la restauration du navire au début des années 1980, il a conservé dans sa présentation les apports de toutes les époques de son exceptionnelle carrière.
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Le Belem navire école

La Fondation Belem avait décidé de faire du trois-mâts un navire école lors de son retour à la mer en 1985. Le navire comprend un équipage de 16 hommes, issus de la marine marchande, choisis en fonction de leur aptitude à assurer la conduite du navire dans les meilleures conditions de sécurité mais aussi de leur goût pour le contact et la pédagogie, car le Belem est aujourd'hui avant tout un lieu de transmission de savoirs. En effet, le plus ancien des voiliers peut accueillir 48 stagiaires. Le Belem est habilité par les autorités maritimes à naviguer en Atlantique Est, Manche, Mer du Nord et Méditerranée et peut sur dérogation, ce qui fut le cas pour l'Odyssée Atlantique de 2002, effectuer des voyages plus lointains, transatlantiques par exemple. Il participe enfin régulièrement aux rassemblements de grands voiliers où il y figure en tant qu'exceptionnel témoin de l'histoire maritime de la France, son pavillon d'origine, tout en restant le témoin de tous les pavillons qu'il a arborés au long de sa carrière et notamment du pavillon britannique qui fut le sien pendant 38 ans et du pavillon italien, pendant 27 ans.
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