Salon international de l'agriculture de Meknès

Hausse des créances en souffrance

L'augmentation des créances douteuses ne remet pas en cause la tendance de fond de l'amélioration de la qualité du portefeuille.

Le crédit d'équipement domestique s'est élevé à 1 milliard de dirhams, en recul de 22,3%.

12 Avril 2010 À 16:38

L'encours brut des crédits à la consommation s'est établi à 39,4 milliards de dirhams au titre de 2009, soit une progression de 3,2 milliards ou 9%. La part du lion revient, comme toujours d'ailleurs, aux prêts personnels avec un encours brut de 24,3 milliards de dirhams. Ce genre de crédit, appelé généralement prêt non affecté, a enregistré aussi la plus forte progression en évoluant de 12,1%, soit 2,6 milliards de plus. Bien évidemment, la facilité d'avoir des crédits personnels et le fait que l'emprunteur peut l'utiliser comme il le souhaite, sont pour quelque chose.
En deuxième position se trouve le crédit automobile avec 13,4 milliards de dirhams, en hausse de 1 milliard ou 8,2%. Le crédit d'équipement domestique et "autres crédits” se sont élevés à 1 milliard de dirhams, en recul de 291 millions ou 22,3%. Le crédit revolving s'est inscrit également en baisse en atteignant 672 millions de dirhams, soit 16 millions de moins ou -2,3%.

Par nombre de dossiers, c'est le crédit automobile qui a connu la forte progression. 179 715 demandes de financement d'acquisition de véhicules ont été enregistrées à fin 2009, contre 170 487 une année auparavant, soit une hausse de 5,4%. En passant de 925155 à 967018 dossiers déposés, les demandes de prêts personnels ont augmenté de 4,5%. Les deux autres genres de crédits ont connu une décroissance des demandes de l'ordre de -8,0% pour l'équipement domestique et autres crédits, et de -9,8% pour le revolving. Pour rappel, en 2008, l'encours brut global, de plus de 36 milliards, avait progressé de 5,4 milliards ou 17,7% par rapport à fin 2007.
Cela étant, en 2009, les créances en souffrance ont connu une croissance de 13,7% ou 567 millions, portant le stock de ces créances à 4,7 milliards de dirhams. Toutefois, aux yeux de l'association professionnelle des sociétés de financement (APSF), cette hausse est peu significative et ne remet pas en cause la tendance de fond de l'amélioration de la qualité du portefeuille des sociétés de crédit à la consommation.
Il faut dire qu'à partir de 2003, la part de l'encours des créances en souffrance dans l'encours global des crédits à la consommation a entamé une tendance baissière. Elle est passée ainsi d'un pic de 19,5% en 2003, à 15,7% en 2006, 12,8% en 2007 et 11,4% en 2008. Cette évolution s'est produite grâce à l'adoption de méthodes de «Scoring», le recours depuis 2002 au Système d'Aide à l'Appréciation du Risque (SAAR) mis en place par l'APSF, mais aussi l'extension au secteur des sociétés de financement des règles de classification et de provisionnement de ces créances.

Actuellement, le taux des créances en souffrance est de l'ordre de 11,9%. Auprès des professionnels, plus d'un facteur explicatif est mis en exergue. Le principal est le contexte concurrentiel accru dans lequel opèrent les sociétés de crédit à la consommation. Ce qui pousse, en principe, les opérateurs à prendre plus de risques en surestimant parfois la capacité d'endettement des
emprunteurs. En outre, les sociétés de financement n'ont pas le droit de passer par pertes les créances compromises qui ont plus de 8 ans d'âge, contrairement aux banques. Si la Direction générale des impôts (DGI) avait autorisé ce réaménagement comptable, le taux des créances douteuses aurait perdu certainement quelques points.

Lutte contre le surendettement

Pour lutter contre le surendettement des fonctionnaires qui recourent au crédit à la consommation, le niveau de leur salaire préservé a été revu à la hausse par l'APSF à partir du 1er janvier 2009. En accord avec la Trésorerie Générale du Royaume, partenaire historique des sociétés de crédit à la consommation pour ce qui est du crédit aux fonctionnaires, le salaire préservé, hors allocations familiales et hors indemnités de représentation, a été porté, en effet, de 1.000 dirhams à 1.500 dirhams. «Ce relèvement procède d'un arbitrage difficile entre préserver un salaire suffisamment élevé et ne pas exclure, ce faisant, toute une frange de la population des fonctionnaires du circuit du crédit moderne et la jeter dans les bras des usuriers», explique-t-on auprès de l'association professionnelle.
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