Dans la galerie Marsam à Rabat, ce sont plutôt des gravures, des lithographies et sérigraphies d'art qui ont été offertes au grand public de la Nuit des Galeries.
LE MATIN
03 Octobre 2010
À 13:01
Et là, nous nous sommes trouvés devant huit peintres qui se sont réunis autour de l'art graphique, représentant un ensemble diversifié de sérigraphies d'art, lithographies et gravures d'artistes marocains très réputés dans l'univers plastique. Leurs travaux ont été tous réalisés dans les ateliers Marsam à Rabat et à Casablanca. Car, M.Chraibi ne s'est pas contenté de l'espace ouvert à Rabat tout au début des années 80. Mais, il a créé, en janvier 2010, un autre atelier plus grand (1000 m2) à Casablanca. Celui-ci étant équipé de nouvelles presses pour traiter les grands formats, en faisant appel à des maîtres confirmés dans l'art de la gravure.
Donc, les œuvres présentées sont le fruit d'une trentaine d'années de travail assidu, dans le souci de partager et de médiatiser le maximum d'œuvres d'art. Celles que nous avons eu le plaisir de contempler sur les cimaises de la galerie Marsam ont été réalisées en présence du maître lithographe Fréderic Poussot et du maître graveur Nicolas. Soccos, concernant des peintres comme Abdelbassit Bendahmane, Ahmed Benyessef, Mahi Binebine, Mohamed Chebâa, Hassan El Glaoui, Fatema Hassan, Houssein Miloudi et Abdellah Sadouk. Tous des artistes confirmés et très créatifs, dont les œuvres choisies pour cette prestation représentent une sélection bien harmonieuse, ayant permis une parfaite cohabitation des unes auprès des autres.
Celle de Abdelbassit Bendahmane occupe toute la surface de la toile avec des motifs minutieusement dessinés, révélant comme dans un palimpseste les traces des versions antérieures. Cette dialectique entre le visible et l'effacé dynamise les tableaux de Bendahmane et les dote d'une présence si criante qu'il est difficile de résister à leur appel revigorant. Ce n'est aucunement le cas de Ahmed Benyessef, connu pour sa peinture figurative très expressive du réel et du mouvement de la vie, avec une connotation particulière à lui, se justifiant par la présence permanente d'une colombe blanche véhiculant un message d'espoir et de paix.
C'est un peu le cas de Hassan El Glaoui, sauf que ce dernier s'est spécialisé dans le cheval et la fantasia qui l'ont toujours bercé depuis son enfance. Mahi Binebine, quant à lui, peintre de la deuxième génération, se penche, essentiellement, sur l'Homme qui le poursuit dans toutes ses créations plastiques, contrairement à Mohamed Chabaâ qui s'est plutôt intéressé à la couleur, retraçant l'itinéraire de ce que la peinture moderne a apporté à la vision et la sensibilité de l'homme.
Houssein Miloudi a axé ses recherches sur les signes des arts populaires, intégrant par la même des créations architecturales très originales. Les sujets de Fatema Hassan sont reflétés par des personnages mêlés aux animaux comme dans la vie de campagne où la végétation est luxuriante et les motifs rappellent ceux des tatouages, des tapis des broderies, des bijoux et autres. Et nous arrivons enfin aux compositions de Abdellah Sadouk. Celles-ci se distinguent par un approfondissement de la perspective, l'ampleur des proportions, l'irruption de la lumière et la transparence par le jeu des couleurs. Bref, un groupe d'artistes de différents styles et tendances, mais dotés tous d'une intense créativité plastique.
Les ateliers d'art graphique Marsam
Depuis le début des années quatre-vingt, un atelier d'art graphique a été installé dans la galerie Marsam à Rabat. Il a été consacré à l'édition de gravures, lithographies et sérigraphies d'art en séries limitées, signées et numérotées. Plus de 400 œuvres graphiques ont vu le jour à partir de ce lieu. Ce qui a encouragé M.Rachid Chraibi a ouvrir un deuxième, à Casablanca, avec un équipement très moderne et une résidence sur place pour accueillir les artistes. De grands maîtres de la gravure, lithographie et sérigraphie sont le plus souvent sollicités pour y travailler.