La promotion de l'horticulture ornementale et l'aménagement des espaces verts passe nécessairement par le transfert du savoir-faire. Dans ce cadre, la Fondation marocaine des néerlandophones et flamands, « Fomanef », établie à Mohammedia et l'Institut Prince Sidi Mohamed des techniciens spécialistes en gestion et commerce agricole de Mohammedia se sont engagés dans la finalisation d'un partenariat incluant toutes les composantes de la filière «Formation, recherche et production» en concertation avec des partenaires hollandais.
LE MATIN
31 Décembre 2010
À 17:12
Lors de la visite d'une importante délégation au Maroc, un mémorandum d'entente relatif à la formation et la recherche dans le domaine de l'horticulture ornementale et de l'aménagement des espaces verts a été signé entre des partenaires hollandais et marocain. Cet accord cadre stipule, entre autres, la refonte du programme de formation de l'option horticulture ornementale et aménagement des espaces verts de l'institut Prince Sidi Mohamed. La mise en place d'une plate-forme pédagogique et de recherche à l'Institut Prince Sidi Mohamed est prévue pour enrichir le polygone pédagogique a des fins de formation et de recherche au profit des chercheurs professionnels et des étudiants marocains et hollandais, ainsi que la promotion de la diversité des espèces ornementales dans les deux pays à travers des échanges de semences et de plants selon la réglementation en vigueur, la multiplication des semences et des plants hollandais, le partage et l'approbation réciproque des résultats de recherche pour les tests d'adaptation selon les lois en vigueur, la promotion réciproque des produits adaptés aux conditions environnementales des deux pays, l'échange d'expertise dans le domaine de l'horticulture ornementale et de l'entretien des jardins et espaces verts.
La formation chaque année d'un groupe de jeunes hollandais d'origine marocaine en vue de leur insertion dans leur pays d'accueil est également prévue. Pour Frank Faycal Wyllinck, directeur de la Fondation marocaine des néerlandophones et flamands, l'objectif de la Fondation établie à Mohammedia est d'œuvrer pour l'établissement de liens de coopération entre les institutions de formation et de recherche dans leurs domaines respectifs. La Fondation a réalisé à l'occasion des 400 ans de relations bilatérales entre le Maroc et la Hollande, un parc « Pays-bas » à Mohammedia derrière le siège de la préfecture. Elle a aussi organisé un corso floral à la commune de Mansouria avec la participation de 3.000 enfants. « Nous espérons une coopération accrue avec la commune urbaine de Mohammedia pour l'amélioration des espaces verts », a –t-il indiqué.
«Stimulé par le Plan vert, notre Institut a réalisé des avancées dans de nombreux domaines, notamment en matière de mise à niveau des infrastructures des programmes de formation et dans le volet de la coopération», a affirmé Mohamed Dafiri, directeur de l'Institut Prince Sidi Mohamed des techniciens spécialisés en gestion et commerce agricole. Dans ce cadre, une charte tripartite a été signée entre la Fondation Xavier Bernard et l'Institut pour renforcer les échanges pédagogiques et améliorer les moyens de communication. Cette charte vise la création d'un centre de gestion des exploitations agricoles de la région afin d'accompagner les agriculteurs et les aider à mieux planifier leurs méthodes de gestion.
Questions à: Dafiri Mohamed•directeur de l'institut Prince Sidi Mohammed des techniciens spécialisés en gestion et commerce agricole.
«La loi de l'urbanisme rend désormais obligatoire la réservation d'une zone verte importante»
Comment voyez-vous l'avenir de la filière d'horticulture ornementale et d'aménagement des espaces verts au Maroc ?
Cette filière connaît un nouvel essor au Maroc. Elle est en plein développement dans les différentes régions du Royaume, elle s'étend de l'aménagement des villes, des espaces publics et de loisirs, aux infrastructures touristiques, golfs, etc. La loi de l'urbanisme rend désormais obligatoire la réservation d'une zone verte importante. En outre, la signature dernièrement de la charte de l'environnement et du développement durable vient étayer cette tendance. En plus de son importance économique et sociale, ce secteur joue un rôle écologique, environnemental, culturel et artistique indéniable, ce qui ne peut qu'augurer d'un avenir prometteur pour cette filière dans notre pays.
Quelle est l'importance de la formation pour le développement de cette filière ?
Le développement de n'importe quelle filière nécessite des ressources humaines spécialisées dans le domaine. Cette filière est génératrice d'emploi, demandeuse d'un grand nombre de ressources humaines présentant différents profils : architectes paysagistes, ingénieurs horticoles, techniciens spécialisées en horticulture ornementale, jardiniers qualifiés, etc. Parmi les objectifs de l'Institut Prince Sidi Mohammed des techniciens spécialisés en gestion et commerce agricole figure la formation des compétences dans ce domaine afin de répondre aux besoins croissants des professionnels. Cette demande est appelée à se développer pour les raisons sus-indiquées en réponse à votre première question.
De quelle façon la coopération dans ce domaine va contribuer à l'amélioration de cette filière ?
Le choix de la coopération avec des institutions hollandaises dans ce domaine n'est pas fortuit. En effet, la Hollande est leader mondial dans ce domaine, elle est le premier exportateur de plantes ornementales à l'échelle mondiale avec 65% de la production exportée dont 90% en Europe, 10% aux Etats-Unis et le Canada, 4000 pépinières et une valeur de production de 600 millions. C'est un pays qui dispose, donc, d'une expérience indéniable dans ce domaine, tant sur le plan professionnel qu'au niveau de la formation et de la recherche. Notre objectif, en tant qu'établissement de formation, est de profiter de l'expertise, en matière de ré-ingénierie du programme de formation dans ce domaine, de l'institut hollandais Prinsentuin College Brada qui a un niveau de formation similaire au nôtre, et d'ouvrir des horizons pour nos lauréats afin qu'ils puissent poursuivre leurs études supérieures au niveau de l'université de HAS BEN BOSCH. Avec ces deux établissements, nous avons déjà signé un mémorandum d'entente et débattu durant deux jours le plan d'action pour 2011.