Une pluviométrie exceptionnelle avec de multiples impacts sur la ville : dégâts, inondations dans certains quartiers, coupure des lignes électriques, effondrements de ponts et passages inondés.
LE MATIN
02 Décembre 2010
À 17:17
Les inondations de novembre 2002 n'ont pas été oubliées, elles se sont ravivées lors des fortes précipitations qu'a connu notre pays depuis lundi dernier. La ville de Mohammedia a en effet enregistré une pluviométrie exceptionnelle « 160m3 » ce qui a engendré de nombreux dégâts et perturbé la circulation dans plusieurs points de la ville.
Certains quartiers ont été débordés et envahi par l'eau, la situation était plus sérieuse au niveau des bidonvilles « Zouagat, Massira, Sidi Abbad, Cristal, Bradaâ etc…. » Les fortes précipitations ont inondé de nombreuses voieries ce qui n'a pas permis l'évacuation d'importants débites, plusieurs déclenchements selon la lydec ont été enregistrés causant la coupure de 120 postes DP et clients suite à l'inondation de postes en sous-sols à Mohammedia, Aïn Harrouda, Zenata, Grande mosquée Hassan II, quartier Gautier, Oukacha etc… Le centre de relation clientèle de la lydec a enregistré 1800 appels en assainissement, électricité et éclairage public entre 12h00. Au niveau de Casa et Mohammedia un important dispositif « moyens humains et matériels » a été mis en œuvre. A l'exception de ses renseignements fournis par la lydec, nous avons rencontré beaucoup de difficultés pour mieux informer nos lecteurs.
Quoi qu'il en soit certains ponts et passages ont été inondé bloquant les habitants et voitures. Face à cette situation les services concernés » Autorités locales, protection civile, sûreté préfectorale, la lydec se sont mobilisés pour aider la population afin d'atténuer les effets des inondations dans certains points de la ville notamment les zones les plus vulnérables. Il est à noter que la ville de Mohammedia est prise de part et d'autre dans son emplacement littoral par deux rivières « l'Oued El Maleh au Sud Ouest et l'Oued N'Fifikh au Nord-Est. Ces cours d'eau drainent les affluents en amont vers les points topographiquement bas situés au niveau de la ville basse. Pour éviter les drames et pertes en vies humaines et en infrastructures causées par les inondations de 2002, SM le Roi Mohammed VI a donné ses hautes directives pour que de tels événements ne se reproduisent plus à l'avenir.
La ville de Mohammedia est aujourd'hui mieux protégée qu'avant 2002. La réalisation du barrage Boukarkour élément principal du dispositif de protection est opérationnel. Il a une capacité de stockage de 57 mm3 et un volume de régularisation de 16mm3. Le barrage Hassar avec une superficie bassin de 30.8 km2 et un volume de stockage de 2.13 mm3 est aussi opérationnel. La construction de plusieurs digues, du canal de délestage permettant de transiter un débit de 90m3/s vers la mer, l'aménagement de deux dayas ainsi d'un canal d'évacuation des eaux vers l'Oued N'Fifikh ont renforcé la protection de Mohammedia contre de fortes crues. La pluviométrie exceptionnelle de lundi n'a pas provoqué les dégâts de novembre 2002
Bidonvillois en danger
Une fois de plus les fortes précipitations ont dévoilé les faiblesses des infrastructures, ce qui s'est répercuté sur les citoyens préoccupés par ce phénomène. Les habitants des bidonvilles, notamment les personnes âgées et les enfants, ont vécu des moments difficiles. Une situation qui perdure et qui s'aggrave lors des pluies dans ces lieux marginalisés sans infrastructures, ce qui expose les "bidonvillois" aux risques naturels de plus en plus évidents, compte tenu du réchauffement climatique. Ces derniers ne cachent pas leur colère. «Nous n'attendons pas le retour du beau temps. Ce que nous voulons et ce dont nous avons besoin, c'est une solution de recasement dans la dignité et le droit à un logement décent », précisent-ils