L'annonce par Israël de son intention d'inscrire certains sites sacrés sur la liste de son «patrimoine» est une nouvelle preuve de sa détermination à consolider et à étendre son contrôle sur les terres palestiniennes, a estimé, jeudi, le Comité onusien pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien. >
AFP
26 Février 2010
À 16:37
«Cette annonce, faite le 21 février dernier, est une preuve de plus de la détermination du gouvernement israélien d'élargir son contrôle sur le Territoire palestinien occupé», souligne un communiqué du comité, diffusé à New York. Le Bureau du Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien est «gravement préoccupé par la déclaration d'intention du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, d'inscrire le Tombeau des Patriarches (Al-Haram Al-Ibrahim) à Hébron (Al-Khalil) et le Tombeau de Rachel (Masjid Bilal ou Qubbat Rakhil) à Bethléem, en Cisjordanie sur la liste du ‘Patrimoine national'» d'Israël, ajoute la même source.
Pour le Comité, «la revendication officielle de sites religieux et historiques ainsi que les tentatives du gouvernement d'Israël de se proclamer seul gardien de ces sites est une autre mesure qui vise à consolider l'occupation illégale d'Israël des terres palestiniennes». La «'route de l'héritage' que se propose de tracer Israël tout au long du Territoire palestinien occupé et la poursuite des excavations près du site d'Al-Haram Al-Sharif à Al-Qods-Est sont des exemples flagrants de cette politique dangereuse de provocation», poursuit-il.
Le bureau du Comité, qui estime que «les sites en question sont d'une grande valeur spirituelle non seulement pour le peuple juif mais aussi pour les musulmans et les chrétiens», relève, en outre, que «les mesures que compte prendre le gouvernement israélien pourraient accroître les tensions sur le terrain, nourrir l'extrémisme et provoquer des violences religieuses». «En renforçant délibérément la dimension religieuse du conflit, la décision du gouvernement israélien ne peut que compliquer davantage les efforts visant un règlement juste, permanent et pacifique du conflit», note le bureau du Comité des droits des Palestiniens.
Il appelle, à cet égard, le gouvernement israélien à «annuler cette annonce et à s'abstenir pleinement de tout autre acte qui pourrait compromettre les chances de relancer les négociations israélo-palestiniennes sur le statut permanent visant à mettre fin à l'occupation et à réaliser la vision de deux Etats». Pour sa part, l'Organisation de la Conférence islamique (OCI) a appelé, jeudi, la communauté internationale à contraindre Israël à revenir sur sa décision.
L'OCI appelle toutes «les institutions internationales compétentes ainsi que les pays dépositaires de la Convention de Genève à prendre les mesures urgentes et nécessaires pour contraindre Israël à revenir sur cette décision» d'inclure des sites sacrés à son patrimoine, a déclaré à la presse au nom de l'OCI l'ambassadeur syrien Bachar Jaafari, ajoutant que la décision israélienne est «nulle et non avenue».M. Jaafari a, en outre, appelé le Conseil de sécurité, l'Assemblée générale et le secrétaire général des Nations unies, à «assumer leurs responsabilités face à cette très sérieuse situation», dénonçant le non-respect par Israël des nombreuses résolutions onusiennes et mises en garde de la Communauté internationale.
L'OCI, rappelle-t-on, a condamné, dès son annonce, la décision prise par le gouvernement israélien d'annexer la Mosquée du Prophète Ibrahim dans la ville d'Hébron et la Mosquée Bilal Bin Rabaa dans la ville de Bethléem en les ajoutant à la liste du patrimoine israélien.L'Organisation avait notamment saisi l'UNESCO afin que celle-ci s'oppose à cette piraterie israélienne du patrimoine islamique en territoire palestinien.
Mise en garde américaine
Les Etats-Unis ont réagi jeudi à la volonté de l'Etat hébreu d'inscrire à son patrimoine deux lieux sacrés de Cisjordanie occupée en mettant en garde contre des «actions provocatrices» qui risquent de mettre en péril le processus de paix israélo-palestinien. «Nous avons demandé aux deux parties d'éviter des actions provocatrices et unilatérales qui sapent les efforts pour reprendre les négociations pour mettre un terme au conflit», a dit le porte-parole du département d'Etat Philip Crowley. «Nous avons soulevé la question directement auprès des autorités israéliennes», a-t-il ajouté dans un courriel adressé à l'AFP.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclenché une vague de protestations dans le monde arabe en annonçant dimanche son projet d'inscrire au patrimoine d'Israël deux sites à Bethléem (la Tombe de Rachel) et à Hébron (le Caveau des Patriarches), déjà sources de tensions politico-religieuses.