Tacite reconduction avec un protocole transitoire d'une année
L'accord de pêche entre le Maroc et l'UE vient d'être reconduit pour une durée de 4 ans jusqu'en 2015. Il s'agit de ce qu'on appelle une tacite reconduction dans la mesure où aucun des deux partenaires n'a émis d'objection sur les dispositions dudit accord. Par contre, le protocole de pêche, ayant trait à l'accord et signé vendredi dernier à Rabat, a été reconduit pour une période d'une année seulement.
Tacite reconduction avec un protocole transitoire d'une année
LE MATIN
28 Février 2011
À 18:39
Une période transitoire qui permettra aux deux parties d'accorder leurs violons sur un certain nombre d'éléments. On en cite, notamment, le nombre des navires européens opérant dans les eaux marocaines, la stratégie de partenariat et la contrepartie financière. Contacté, Aziz Akhannouch, ministre de l'Agriculture et de la pêche maritime, a indiqué que ce choix «permettra d'une part de ne pas bloquer l'activité économique pendant une période transitoire. D'autre part, ajoute-t-il, cette halte sera propice à la réflexion et la rediscussion d'un partenariat futur meilleur et plus adapté aux objectifs en termes de protection de la ressource, de gestion des pêcheries et de ciblage des axes bénéficiant de l'appui sectoriel. Pendant une année, le Maroc aura toute latitude de mettre en avant les orientations, mais aussi les nouvelles contraintes d'une pêcherie responsable et respectueuse de l'environnement comme c'est inscrit dans la stratégie Halieutis. Celle-ci veut augmenter la part du Maroc dans le marché mondial des produits de la mer de 3,3% à 5,4% en 2020.
La stratégie ambitionne, également, de tripler le PIB du secteur pour atteindre 22 milliards de DH dans 10 ans, augmenter le nombre des emplois directs à terre à 115.000 contre 61.650 actuellement et accroître la valeur des exportations des produits de la mer à plus de 3,1 milliards de dollars contre 1,2 milliard en 2007. Le Maroc dispose, justement, d'une vision qui s'appuie désormais sur des plans d'aménagement des différentes pêcheries ayant la force d'autant de lois. Ces plans connaissent, selon les chiffres du ministère, un taux de couverture de 60%. Ainsi, pour rester cohérent dans sa logique et pour que celle-ci puisse se faire respecter, tous les professionnels de la pêche, qu'ils soient nationaux ou internationaux, doivent s'y soumettre.
Or, il va falloir attendre un an pour que la flotte européenne puisse aussi intégrer les nouvelles lignes tracées par son partenaire marocain. Pour Akhannouch, «l'on se place aujourd'hui dans une logique plus intégrée, plus constructive et mieux ciblée avec le partenaire européen qui a montré son ouverture et sa disposition à poursuivre sa coopération avec le Maroc dans le respect mutuel des intérêts de chacune des deux parties». En effet, plusieurs questions doivent être prises à bras-le-corps, comme celle liée au débarquement des prises dans les ports nationaux, revendication syndicale récurrente, tout autant d'ailleurs que la qualité de la coopération scientifique et autres.
Aujourd'hui, l'accord est reconduit dans les mêmes termes que le précédent. Rappelons à ce sujet, que l'accord de pêche Maroc-UE, signé en juillet 2005 pour une durée de 4 ans, entré en vigueur depuis mars 2007, a prévu une compensation financière totale de 144,4 millions d'euros. Il a permis à 119 navires de l'Union européenne, dont 100 de l'Espagne, de reprendre leurs activités au Maroc, interrompues depuis l'expiration du précédent accord en novembre 1999. Il est clair que la reconduction de l'accord fait le bonheur de la flotte espagnole qui a toujours redouté un arrêt qui peut lui être hautement préjudiciable. Néanmoins, le Maroc est plus regardant sur un certain nombre d'aspects liés à la durabilité de ses ressources halieutiques.
Le ton a été donné à la mi-décembre 2010 avec la reconduction de l'accord de pêche avec la Russie. Contrairement au précédent accord, qui a duré trois ans, entre septembre 2006 et octobre 2009, la nouvelle convention ne s'étale que sur deux ans. Plus encore, le volume autorisé baisse de moitié, passant de 200.000 à 100.000 tonnes/an, avec une contrepartie financière qui, elle, augmente de 45%. Idem pour le nombre des bateaux qui diminue de manière drastique passant de 28 à une douzaine tout au plus.