La Bourse de Casablanca a clôturé le premier semestre de l'année 2011 en territoire rouge. Ainsi, depuis le début de l'année, les deux indices de référence, Masi et Madex, ont perdu respectivement -9,04% à 11.510,93 points et -8,99% à 9.406,18 points. La capitalisation boursière, elle, s'est chiffrée à 525,57 MMDH.
La prudence plane sur le marché boursier qui a perdu en efficience.
LE MATIN
04 Juillet 2011
À 15:44
Le volume global sur le marché des actions s'est établi à 16,16 MMDH sur le marché central et à 7,17 MMDH sur le marché de blocs. À noter aussi que la fin du mois de juin a été marquée par l'introduction en bourse, par augmentation de capital d'un montant de 103 MDH, de la première société. Seulement, après deux premiers jours de cotation, cette valeur, introduite à un prix de 357 DH, n'a pas beaucoup pris, pourtant elle a été souscrite neuf fois par les investisseurs. Pour dire que la prudence plane sur le marché qui a perdu en efficience. Preuve en est la valeur Addoha qui n'a pas fait l'objet de spéculation importante lors de la conclusion d'une convention avec CDG Développement et la Smit (Société marocaine d'ingénierie touristique) dans le cadre du repositionnement de la station Saïdia, et ce bien que le CDVM n'ait pas procédé à temps à la suspension du titre de la cotation. D'ailleurs, comme à l'accoutumée, le titre Addoha a été l'un des titres les plus actifs sur le marché en concentrant 13,13% du volume semestriel, contre 17,27% du volume transactionnel drainé par Itissalat Al-Maghrib, suivie d'Attijariwafa bank (14,23%).
Au niveau sectoriel, sur six mois, les mines ont fait état de la meilleure performance avec +31,33%. Un gain tiré par la valeur SMI qui a accumulé depuis le début de l'année une performance de 50,53% à 2.860 DH, contre 32,01% affichée par Managem à 899 DH et 7,8% à 1.725 DH enregistrée par Minière Touissit. Pour rappel, en 2010, le secteur minier, qui profite d'une conjoncture économique favorable (tendance haussière lourde des prix des métaux), a affiché la meilleure performance boursière. En témoigne son indice boursier qui a fait état d'un gain annuel de 128,22%.
Quant au secteur bancaire, qui tirait souvent la performance du marché à la hausse, il a été mal loti au terme du premier semestre 2011. Sa perte s'est établie à -13,40%, avec BMCE bank à la tête des banques qui ont affiché la contre-performance la plus importante avec -23,37%, suivi par le CIH (–16,67%), Atiijariwafa bank (-12,04%), BMCI (-11,65%), CDM (-6,30%) et la BCP (-4,76%). Idem pour le secteur de l'immobilier dont la contre-performance s'est située à -11,33%, en raison de la perte affichée par la valeur CGI qui s'est établie à -26,01%, tandis que Alliances et Addoha ont terminé le premier semestre sur des replis respectifs de -12,02% et -5,77%. Bref, 2011, est une année difficile pour les acteurs du marché. Tous les moyens sont bons pour lui redonner du souffle. Le projet Casablanca Finance City devrait apporter une nouvelle dynamique à travers notamment la présence de nouveaux investisseurs institutionnels étrangers fidèles.
Générosité
À compter du 1er juillet 2011 et jusqu'au 31 décembre 2012, la Bourse de Casablanca met en place une nouvelle offre dédiée aux PME afin de les encourager à s'introduire en bourse. En effet, consciente du rôle des PME dans le tissu économique marocain et du coût d'une introduction en bourse qui varie en moyenne entre 2,2% et 5% du montant de l'opération et qui peut constituer un frein pour s'introduire en bourse, la Bourse de Casablanca a décidé d'octroyer, sous certaines conditions, un montant forfaitaire de 500 000 dirhams aux PME au moment de leur introduction en bourse. Pour être éligibles à cette offre, les entreprises doivent avoir des capitaux propres inférieurs à 50 millions de dirhams, s'introduire sur le compartiment Croissance ou Développement, émettre au minimum 20% de leur capital et et s'introduire par augmentation du capital (avec ou sans cession). Seulement, afin que l'introduction en Bourse d'une société soit optimale, il est nécessaire que cette dernière réponde à un certain nombre de pré-requis en amont (structure de capital stable, axes de développement identifiés et créateurs de valeurs, organisation opérationnelle claire…) et d'exigences en aval (transparence, communication, bonne gouvernance et respect des engagements).