Le Masi semble se ressaisir en affichant un gain de 2,68% le mois d'août. Le regain d'intérêt des investisseurs est manifeste pour quatre secteurs.
Aujourd'hui, l'acte d'investir en Bourse révèle une dimension de plus en plus psychologique.
LE MATIN
08 Septembre 2011
À 18:34
Le département Recherche et Analyse d'Attijari Intermediation s'apprête à lancer le premier indice de confiance des investisseurs en Bourse au Maroc. L'intérêt de cet indice, dont la première édition est prévue avant mi-septembre, est de mesurer le niveau de confiance des investisseurs les plus actifs, à travers l'évaluation de leurs perceptions futures du marché boursier qui semblerait reprendre des couleurs durant le mois d'août 2011. En effet, après s'être délesté de 29,59% durant les six derniers mois à cause du climat d'incertitude qui s'est installé progressivement à la Bourse de Casablanca, et ce, depuis le début de l'année, le Masi semble se ressaisir en affichant un gain de 2,68% le mois d'août. En témoigne, le net redressement des volumes des transactions le mois dernier, avec des échanges sur le marché central d'une moyenne quotidienne de 121,6MDH contre 30,7MDH un mois auparavant.
Pour les analystes d'Attijari Intermediation, le regain d'intérêt des investisseurs est manifeste pour quatre principaux secteurs. Il s'agit d'abord des valeurs minières qui promettent des « superprofits » pour le premier semestre 2011. Vient ensuite, le secteur de l'énergie sur lequel les investisseurs anticipent un redressement des résultats opérationnels en 2011, particulièrement pour Samir. Le secteur des Banques/Assurances est également concerné suite à la publication de bons résultats de la part d'Attijariwafa Bank et Wafa Assurance au titre des six premiers mois de 2011 et, enfin, les Télécoms en raison de l'annulation officielle de la cession des 7,0% du capital de Maroc Telecom par l'État marocain. Cette annonce a permis, d'après les analystes, la dissipation des pressions vendeuses que subissait le titre depuis plusieurs mois déjà.
Il n'en demeure pas moins que l'acte d'investir en Bourse révèle aujourd'hui une dimension de plus en plus psychologique. L'évolution de cet aspect qualitatif demeure par conséquent un facteur déterminant de la performance boursière future. C'est ce que les analystes d'Attijari Intermediation ont conclu après analyse des trois facteurs qui influent sur la dynamique du marché Action marocain, à savoir les indicateurs micro-économiques, notamment les résultats des sociétés cotées, le contexte macro-économique global et le climat général de confiance englobant la perception future des investisseurs envers plusieurs aspects, dont essentiellement l'évolution du contexte économique, politique, social, géopolitique et international. « Nous relevons aujourd'hui une déconnexion très visible entre, d'une part, les chiffres macro et micro-économiques publiés et, d'autre part, la perception future des investisseurs », avancent-ils. Ainsi, bien que les chiffres macroéconomiques et ceux de la croissance bénéficiaire des sociétés cotées soient corrects, la Bourse de Casablanca n'a pas bronché et a poursuivi un trend baissier de fond, entamé depuis le début de l'année. Pour dire que l'aversion au risque des investisseurs est plus sensible aux éléments qualitatifs qui impactent fortement leur perception de l'avenir plutôt qu'aux chiffres économiques publiés. « Le contexte politique national et international est aujourd'hui tellement riche en biais cognitifs et émotionnels imprévisibles qu'il implique une fluctuation permanente de la perception future des investisseurs, et par conséquent, de leur niveau de confiance envers la Bourse », avancent-ils.
SMI et Managem sur une vague de croissance
Les valeurs minières, particulièrement SMI et Managem, profiteraient d'un triple effet d'après les analystes d'Attijari Intermediation. Il s'agit d'abord d'un effet prix dans la mesure où les métaux précieux (Or, Argent), sur lesquels SMI et Managem sont positionnées, sont rentrés dans une phase haussière lourde. Ensuite, d'un effet couverture lié à la baisse progressive des niveaux de couverture sur l'Or et l'Argent qui s'annuleront complètement en 2013 et qui devraient soutenir significativement la croissance bénéficiaire de Managem et SMI sur la période 2011-2013. Enfin, l'effet volume en relation avec l'entrée en production progressive des sites aurifères de Bakoudou (4e trimestre 2011), du Soudan (4e trimestre 2013) et d'Etéké (quatrième trimestre 2014) adossée à l'augmentation de près de 40% de la capacité de production de SMI à partir du deuxième semestre 2013 qui soutiendraient la hausse des revenus sur cette période de manière considérable.